14-18 La vie au quotidien

Publié le 18 Novembre 2013

14-18 La vie au quotidien

14-18 LA VIE AU QUOTIDIEN

Les coulisses de la guerre en images

Chantal ANTIER.

Iconographie Gérard PETITJEAN

Editions du Cherche Midi, octobre 2008.

Bien sûr, la date de parution de cet ouvrage n’est pas anodine et correspond au 90e anniversaire de la signature de l’armistice. Ceci est d’ailleurs rappelé sur le quatrième de couverture.

Ce beau-livre se centre uniquement sur la France d’alors.

Enfin la guerre cessait ! Mais dans quel état se retrouvait alors le pays ? Tant au niveau humain que matériel ?

Comment les populations ont-elles pu tenir moralement, et physiquement, sans les hommes aux champs ou dans les usines ?

C’est à ce genre de questions que l’ouvrage s’efforce de répondre, plus par les images, affiches, photographies d’époque, que par le texte.

Autour de trois chapitres et avec une introduction qui pourrait en être un, ce livre nous ramène un peu avant 1914, avec l’héritage laissé par la guerre de 1870-71 et la perte des provinces perdues.

Quelle était la vie et la société d’alors ? Réponses en images !

14-18 La vie au quotidien

La guerre commence le 3 août 1914 en France, et met fin à la période, appelée rétrospectivement, « Belle-Epoque ». Après les massacres de la guerre, cette période de nouveautés, industrielles, technologiques, de libéralisation des mœurs et des loisirs est apparue douce et merveilleusement insouciante. Restons relatifs ! Tous n’en bénéficiaient certes pas, et la flamme patriotique ainsi que le désir de revanche, étaient savamment inculqués dans l’esprit des enfants ! Nul ne doutait qu’un jour, la guerre reprendrait ! Mais nul n’aurait pu imaginer dans de telles conditions et proportions !

Le livre nous entraîne au cœur des tranchées où Alliés et « indigènes » survivent et se battent corps et âmes, comme ils le peuvent, et pas toujours contre l’ennemi désigné !

Dans les usines d’armement où les femmes, main d’œuvre abondante et bon marché, travaillent à des cadences folles et où elles sont littéralement exploitées. Le maréchal Joffre aurait dit que, si chaque jour, les femmes s’étaient accordé 20mn de pause, la guerre aurait été perdue !

Pour pouvoir tenir, le Front (ou plutôt les fronts) ont besoin de l’Arrière, des civils, souvent considérés comme des planqués. En effet, les traces de la guerre ne sont pas toujours visibles de prime abord, notamment à Paris, où les loisirs sont foisonnants.

La censure bat son plein. Tant pour contrer la puissante propagande allemande et qui menace le moral du pays dans son entier, que pour faire croire à l’Arrière, ou au Front, selon, que tout va bien. Les journaux circulent tout de même, soit sous contrôle strict, soit dans les tranchées. Les Poilus lisaient et s’informaient !

14-18 La vie au quotidien

Les enfants, les chiens (ou autres animaux domestiques), et l’or sont mis à contribution pour la Patrie. Tout est bon à prendre dans la guerre et outre les horreurs, elle révèle aussi certaines faces cachées. Tous ne dépérissent pas, et certains prospèrent même, pendant et après le conflit !

14-18 La vie au quotidien

Mais à la signature de l’armistice, que reste-t-il ? Comment appréhender la réalité de ce qui s’est passé ? Comment accueillir tous ces milliers de blessés, comment les soigner et les réintégrer ? Le souhaitent-ils ou le peuvent-ils ? Alors qu’il y a tant à reconstruire, matériellement et humainement…

Ce conflit constitue un moment charnier ( !) pour le monde et est la première que l’on puisse qualifier de totale. Elle a englobé toutes les populations, toutes les couches sociales et tous les aspects de la vie. Ce fut une guerre humaine, militaire, politique, industrielle et commerciale.

14-18 La vie au quotidien

Aujourd’hui, la « Der des Ders » résonne encore en nous ! Ses stigmates géographiques sont toujours une réalité : cratères d’obus, nappes de gaz, ou munitions toujours susceptibles d’exploser…

Il y a deux ans, le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux ouvrait ses portes ! Sa genèse nous est relatée en fin d’ouvrage, alors qu’il n’était pas encore inauguré, mais ses collections déjà présentes, pour la plupart.

Ce livre est vraiment magnifique et nous plonge instantanément au cœur de cette époque, où tout entre en collision !

L’auteure, Chantal ANTIER, est une docteure et chercheuse en histoire, spécialisée dans l’étude de la vie des civils et des militaires de la Première Guerre mondiale. Elle a écrit, ou co-écrit, de nombreux ouvrages sur ce sujet afin d’appréhender au mieux les différents aspects humains de ce conflit.

Gérard Petitjean est journaliste et spécialiste des questions de société. C’est lui qui a cherché, et assemblé toute l’iconographie de ce livre.

A découvrir !

Blandine.

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