Les Hauts de Hurlevent. Emily BRONTË. Adaptation en BD

Publié le 2 Juillet 2014

Les Hauts de Hurlevent. Emily BRONTË. Adaptation en BD

Les Hauts de Hurlevent.

Emily BRONTË.

Adaptation en Bande dessinée aux Editions Delcourt, collection « Ex-Libris » (2010) par Yann et Edith.

Elle est reproduite en deux parties dans les magazines Je Bouquine, de Bayard Presse, n° 326 d’avril 2011 et N° 327 de mai 2011.

Je vous ai déjà présenté ce magazine, parmi quelques autres de chez Bayard Presse, ici.

Pour la version poche: Les Hauts de Hurle-Vent. Le Livre de Poche, collection "Classiques de Poche", novembre 2007. Je ne m'en suis servie que pour la photographie, bien que l'histoire soit la même!

Dans cette version poche, traduite par Frédéric Delebecque, se trouvent une préface de Michel Mohrt et des commentaires en toute fin de Raymond Las Vergas sur le travail de l’auteure, agrémenté de citations, et une petite biographie.

Le magazine présente brièvement la courte vie de l’auteure, avec quelques dates-clés. Née en 1818, Charlotte est la cinquième enfant, sur six, d’un père pasteur à Haworth, dont la mère et les deux sœurs aînées mourront jeunes. Seule avec ses deux sœurs, Charlotte et Anne, et leur frère, Branwell, ils mènent une vie de reclus, mais qu’ils agrémentent de beaucoup d’histoires grâce à une imagination fertile. Tous les quatre aiment écrire, poésies, romans et récits divers… La tuberculose faisait des ravages en ces temps-là et l’emportera en 1848, tout comme Anne et Branwell la même année.

Quoiqu’Emily fasse, elle retourne toujours au « pays », dans ces landes où le vent souffle en longues rafales, se faisant coucher bruyères, fougères et ajoncs. Ce vent hurleur qui donnera son nom à son roman, The Wutherings heighs, publié en 1846. Très mal reçu par la critique, il ne rencontrera pas de succès immédiat, à l’inverse de celui de sa sœur Charlotte, Jane Eyre, paru un an plus tard.

Aujourd’hui, ce chef-d’œuvre de la littérature anglaise est devenu un classique, lu partout de par le monde. Son auteure et la vie qu’elle mena, fascinent toujours autant. Il sonde avec justesse les tréfonds de l’âme et des sentiments de l’Homme, dans ce qu’il y a de plus beau comme de plus laid : l’amour, la justice, la famille, mais aussi la folie et la vengeance.

Il est certes placé dans une époque et dans un lieu bien définis, mais les comportements humains pourraient être aisément transposés à une autre époque, tant l’auteure les a bien cernés !

Couverture de la BD et première partie - Rappel des personnages et de l'histoire pour la deuxième partie.
Couverture de la BD et première partie - Rappel des personnages et de l'histoire pour la deuxième partie.

Couverture de la BD et première partie - Rappel des personnages et de l'histoire pour la deuxième partie.

Les Hauts de Hurlevent. Emily BRONTË. Adaptation en BD

1771, au lieu-dit de Wutherings heights, un homme rentre chez lui après un long voyage. Sa femme et ses deux enfants, Catherine et Hindley, l’attendent. Mais qu’elle n’est pas leur surprise en découvrant dans ses bras, non pas les cadeaux promis, mais un enfant de six ans. Un petit vagabond sale et chétif, errant et recueilli par Mr Earnshaw, qu’il baptise Heatcliff. Turbulent, chapardeur, insolent, son arrivée dans leur vie va modifier à tous leur destinée, favorisant des amitiés, des amours et des rancœurs, au cœur de cette lande.

Les Hauts de Hurlevent. Emily BRONTË. Adaptation en BD

Tous les personnages vont aimer, souffrir, espérer, se déchirer. Un seul être reste constant : Heatcliff. Froid mais bouillant de haine et de colère, lorsque sa bien-aimée Catherine meurt en mettant au monde, une fille, il va s’employer à briser, sur 40 ans, le destin de deux familles et de leurs descendants, en s’appropriant terres et fortunes et en les réduisant à l’esclavage.

Et lorsque sa vengeance est accomplie, que lui reste-t-il ? Rien !

Quelle cruelle illusion d’avoir cru qu’assouvir ma vengeance pourrait apaiser mes tourments.

Page 118.

Les Hauts de Hurlevent. Emily BRONTË. Adaptation en BD

Lorsqu’Heathcliff meurt enfin, tourmenté par la vision du fantôme de Catherine, une période de paix peut commencer en voyant s’unir les descendants de ces deux infortunées familles. Un garçon aurait vu deux fantômes se promener sur la lande, et le roman se ferme, tout comme la BD, sur l’image des trois tombes d’Heatcliff, Catherine et Edgar (son époux)…

Malika FERDJOUKH s'est certainement inspirée de ce dénouement pour le sien dans son roman jeunesse La fiancée du fantôme.

Le rendu de la BD est assez fidèle à l’atmosphère, sombre, du roman. Les Hauts de Hurlevent est un roman fort, triste, poignant. Ce sentiment est d’autant plus percutant que son auteure, Emily Brontë, n’a jamais pu connaître pareilles passions au fond de sa lande. Attirée par l’ambivalence et l’attraction du fort contre le faible, et vice-versa, elle n’avait que son imagination pour les recréer.

Cette adaptation est une très bonne première approche de ce roman. Les images remplacent aisément les longues descriptions, ce qui peut rendre la lecture moins rébarbative, ou plus attractive, pour certains. Cependant, le début de l’adaptation n’est pas la même que celle du roman. Yann ayant opté pour un déroulement chronologique de l’histoire, alors que la version originale, il y a des allers-retours dans le temps.

Les dessins sont faits au crayon et les couleurs sont à dominantes froides. Les émotions des personnages sont assez bien rendues mais je trouve qu’ils se ressemblent tous de trop. Il est vrai que les descendants sont au final tous des cousins, mais c’est parfois déconcertant.

Je Bouquine nous propose plusieurs lectures ou films pour faire suite à ce roman:

  • Jane Eyre de Charlotte BRONTË.
  • Orgueils et préjugés de Jane AUSTEN.
  • Sarn de Mary WEBB.
  • Film: Les Hauts de Hurlevent de Peter KOSMINSKY (1992)
  • Film: Les sœurs Brontë d'André TECHINE (1979).

Ce roman a donné naissance à de nombreuses adaptations : une dizaine de films dès 1920, ballets d’opéra, musiques avec notamment l’interprétation éponyme de Kate Bush, reprise par Hayden Westenra. Le groupe Genesis a donné un nom similaire à son album de 1977, Wind and Wuthering.

En plus de cette bande dessinée, une autre est parue aux Éditions Casterman en 2006, adaptée par Yves Leclercq et illustrée par Jérôme Deleers.

Cette lecture s’est faite dans le cadre du mois anglais, comme présenté dans mon article du RDV du mois de juin du Challenge « Je Lis Aussi des Albums » de Sophie Hérisson.

Et vous, avez-vous lu, vu, aimé ce roman ?

Un grand classique pour moi, que j’aime à relire, et que je ne cesse de redécouvrir !

Blandine.

Rédigé par Blandine

Publié dans #BD, #Magazines, #jeunesse dès 10 ans, #Romans étrangers, #Fiche auteur

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