Tokoyo. Le Tombeau du serpent de mer – Catherine KHOO et Teressa ONG – 2017 (Dès 4 ans)

Publié le 1 Juillet 2017

Tokoyo

Le Tombeau du serpent de mer

 

Texte de Catherine KHOO

Illustrations de Teressa ONG

Editions Des Ronds dans l’O Jeunesse, 28 juin 2017

Dès 4 ans

 

Notions abordées : Japon, légende, courage, antisexisme, confiance en soi.

 

 

Les légendes attirent, emmènent dans des temps et ailleurs où tout est possible, où le surnaturel côtoie le réel, le transforme pour faire rêver et, aussi, faire réfléchir.

Je crois que je préfère les légendes lorsqu’elles sont sous formes d‘albums, les illustrations leur apportant beaucoup, qu’elles soient parallèles, qu’elles les complètent ou les prolongent.

 

Cet album ne pouvait que me/nous plaire, parce qu’il nous emmène au Japon (un pays fascinant) et qu’il nous permet de découvrir une vielle légende qui met à l’honneur une jeune fille/femme (selon les versions).

 

Source image + légende à lire (en anglais) CLIC

Jadis, les hommes croyaient qu’autour des îles d’Oki, de sombres dragons et monstres marins hantaient ses eaux environnantes et faisaient sombrer quiconque osait s’en approcher.

C’est sur ces îles maudites qu’un samouraï fut exilé, accusé d’avoir inoculé à son seigneur de guerre, un mal aussi soudain que mystérieux.

 

Sa fille, Tokoyo, volontaire et téméraire, décida d’aller le retrouver, mais sans se douter combien son voyage serait éprouvant.

Le voyage serait aussi coûteux que dangereux.
Tokoyo vendit tous ses biens, et entama sa longue marche vers l’extrémité de la province de Shima.

Arrivée en vue des îles, elle entendit des pleurs depuis la falaise qui la surplombait.

Pour protéger les pêcheurs d’un village de Yofune Nushi, le serpent de mer souverain des Profondeurs et le seigneur des Tempêtes, une jeune fille était sacrifiée chaque année.

Nageuse experte, Tokoyo prit sa place, plongea un couteau à la main, et défia la créature qu’elle vainquit.

Sa victoire fut multiple.

Elle apportait la paix en ce lieu, mettait fin aux sacrifices, délivrait son père qu’elle allait désormais accompagner et lui assurait renommée.

Comme en opposition au caractère intemporel de la légende, il y a le dessin de cet album, très contemporain.

Les illustrations sont vives et colorées, aux traits manganisés, pleins de vivacité et d’humour, comme pour contrebalancer et dédramatiser la portée des mots (notamment ceux sur le sacrifice humain).

Elles offrent une autre narration à l’enfant non-lecteur sans atténuer la portée de son propos.

 

A la question posée en quatrième de couverture, la réponse est oui.

Oui, une jeune fille peut faire la différence, qu’elle soit confrontée à une créature terrible ou à toute adversité… pourvu qu’elle croie en elle et qu’elle soit déterminée.

Cette légende, quasi inconnue (en Occident en tout cas – je ne sais pas pour le Japon) traite d’antisexisme comme de confiance en soi. Mais en regard,  les hommes (sauf son père) semblent d’autant plus couards.

Cette histoire encourage à aller au-delà de ses peurs, ou de celle des autres, des croyances populaires, qui nous freinent pour réaliser ce que l’on veut/doit faire.

 

Merci aux Editions Des Ronds l’O Jeunesse.

 

Cet album participe au Challenge de Sophie Hérisson « Je lis aussi des albums 2017 » (51/100), ainsi qu’au « Petit Bac 2017 » d’Enna pour ma troisième ligne, catégorie Mort.

 

 

Découvrez cette légende avec une version un peu plus fournie CLIC

 

 

Retrouvez ici ma bibliographie sur le Japon. CLIC

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

Retrouvez-moi sur FacebookTwitterPinterestInstagramtumblr et Google+.

Repost 0
Commenter cet article