Stella. Cyril BONIN - 2020 (BD)
Publié le 14 Janvier 2026
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Stella
La fin d'un roman... le début d'une histoire?
Cyril BONIN
Editions Glénat / Vents d'Ouest, mars 2020
104 pages
Thèmes : Livre qui parle de livres, Pouvoir de la lecture, Identité
Taylor Davis est un écrivain qui a connu le succès avec son premier roman. Ses livres suivants se sont moins bien vendus et son éditeur, invoquant le marché, est plus frileux pour faire une grande campagne promotionnelle.
Le manuscrit sur lequel travaille Taylor est presque achevé et raconte la vie de Stella, femme des années 50, trompée par Mike, ce qui l'amène à se poser des questions existentielles et émancipatrices.
Alors qu'il en presqu'à la fin, assis devant son ordinateur dans son appartement de Manhattan, un dialogue écrit, et irréel, s'instaure entre son personnage et lui, jusqu'au mot "FIN".
Taylor est abasourdi mais n'est pas au bout de ses surprises car une présence apparaît dans une étincelle. Stella est à ses côtés, réelle.
C'est vrai, la réalité qui nous entoure est plus consistante que celle du roman sont je suis sortie... Mais il me semble qu'elle manque encore de consistance.
Bien vite, sa présence réelle est rendue publique, les interviews s’enchaînent, les ventes du roman s'envolent, les services de l'immigration s'en mêlent car Stella n'existe pas, ne devrait pas exister, elle n'a pas d'identité et c'est potentiellement dangereux selon eux. C'est là qu'un homme, représentant de la Noos-Community, une entreprise qui croit que la Terre est entourée par la noosphère, une enveloppe contenant l'ensemble passé et présent des pensées, des idées et des consciences de tous les Terriens... Et le personnage de Stella l'intéresse au plus haut point pour leurs recherches.
En fait, écrivain n'est pas un métier. C'est une obsession.
Lorsque Noukette a présenté cet album, j'ai immédiatement voulu le lire. J'adore les livres qui parlent de livres, de la vie des livres, de la création et celui-ci derrière son intrigue fantastique nous décrit et nous interroge sur le métier d'écrivain, sur la création et le besoin de créer, la littérature et le besoin qu'on en a, la faculté de penser par soi-même et le contrôle du collectif/des masses. Et à l'heure de l'IA et de ses (possibles) dérives, cet album est plus que pertinent.
Il nous interroge aussi sur nos identités, ce qui nous définit, sur les liens qui nous unissent, sur leur(s) nature(s), et l'existence de vérités, voire mondes, parallèles. Il nous enjoint à ne pas céder à l'uniformisation, à rester sensible à l'émerveillement, au spontané, à la découverte.
Pour tout dire, il me semble que lire et écrire sont deux démarches différentes, voire opposées...
L'écriture doit se nourrir de ce que l'on a vécu... C'est la seule manière d'écrire quelque chose de véritablement personnel et original...
Même si, bien sûr, tout a déjà été dit...
Mais si l'on se nourrit de littérature, on va recracher ce que d'autres ont écrit.
Quant au graphisme, j'aime beaucoup. Cyril Bonin a un trait fin et une palette chromatique qui confère à son album un indéniable charme rétro.
Son choix de découpage au tout début de l'album, lorsque le dialogue virtuel, mais néanmoins réel, se crée entre Stella et Taylor est tout simplement happant. Et ainsi sommes-nous embarqués... dans la fin d'un roman, certes, peut-être, mais surtout, dans le début d'une histoire !
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