C'est lundi, que lisez-vous? #322

Publié le 16 Novembre 2020

Ce rendez-vous hebdomadaire consiste à vous présenter chaque lundi mes lectures passées, en cours et à venir en répondant à trois questions :-)

1/ Qu'ai-je lu la semaine passée ?

ALBUM

Mon Petit Chaperon Rouge. Texte de Parisa BARO et illustrations de Nathalie WYSS. Editions Rouge Safran,collection "Chemins d'épices", septembre 2010

Dans ce conte revisité du Petit Chaperon Rouge de Charles Perrault, nous partons en Perse, à la rencontre d'une fillette que sa mère envoie chez sa grand-mère pour lui porter un livre de poèmes. L'enfant part, mais oublieuse des conseils maternels, elle s'attarde dans les bois en observant les oiseaux voler. Elle ne voit pas la nuit tomber et derrière elle, une voix terrible lui demande ce qu'elle fait là, si tard, et voilée n'importe comment. L'homme gigantesque aux sourcils si épais que l'on dirait des cornes et au crâne quasi plat, la jette dans son sac et l'emporte chez lui. Il la somme de porter un voile noir, de nettoyer la maison et de préparer à manger, sans possibilité de la laisser seule.

Profitant d'une sortie en forêt ensemble, elle réussit à s'enfuir et à rentrer chez elle, où l'attendent sa mère et sa grand-mère.

Cette histoire reprend les codes du conte traditionnel (la mère qui laisse sa fille partir seule alors qu'elle sait que le danger rôde; présence d'un loup ou d'un ogre, soit une figure masculine dominante); en y insufflant un contexte si actuel: l'obligation du port du voile, la soumission féminine, le non accès à l'éducation quelque soit leur âge; l'entrave à la liberté... Mais aussi en décrivant une fillette volontaire, qui fait des choix et qui agit en conséquence.

 Le dessin est très beau et "texturé", le rouge y est omniprésent qu'il soit dans le décor ou qu'il rende compte de l'atmosphère. On y distingue plusieurs éléments traditionnels persans: écritures, motifs, ustensiles de cuisine ou de mobilier.

BD

Les Mythics - Tome 8 - Saint-PétersbougPatrick SOBRAL, Patricia LYFOUNG, Philippe OGAKIEditions Delcourt, septembre 2019

Dans les temps anciens, le Mal voulut s'emparer du monde par le biais de six dieux différents. Vaincus par six héros, le Mal fut vaincu et caché dans le désert rouge de la planète Mars.

De nos jours, une mission spatiale japonaise a été jusque Mars. Si la mission est un succès, elle a libéré le Mal qui se répand à nouveau sur Terre sous l'apparence de ces six dieux. Les descendants des héros, ignorant tout de leur condition, découvrent tour à tour leur destin.

Les six premiers tomes nous présentaient chacun ces six descendants, nous permettant de connaître des divinités du Bien et du Mal de six pays/régions du monde.

Le septième se passait à Hong Kong et voyait se rencontrer le jeune et frêle Amir avec la fougueuse et énergique Parvati.

Dans ce tome-ci, nous sommes à Saint-Pétersbourg où vont se rencontrer Néo, jeune homme grec de 16 ans, sûr de lui et plus encore de se muscles, descendant d'Héraklès mais vraie tête brûlée qui n'en a rien à faire de cette hérédité comme du devoir qui lui incombe désormais. Il est fort et c'est tout ce qui compte. Emmené grâce à Serguei Ozerov, un homme sombre mais qui semble être soucieux de son bien, il part en Russie pour faire la connaissance d'une prêtresse immortelle, Eugénia. Aveugle, elle peut lire l'avenir du monde mais pas le sien et elle est l'un des trois sceaux qui protègent Gaïa, la desse de la Terre et la gardienne du Chaos.

De son côté, Abigail, la jeune berlinoise, est arrivée avec ses parents pour passer une audition de chant. C'est de sa voix que découle son pouvoir, hérité de Freya. Elle fait la connaissance de Neo et d'Ozerov qui est un mage et qui se propose de renforcer leur force mentale pour accroître leur pouvoir.

Depuis le tome 7, l'intrigue qui jusqu'alors suivait toujours le même schéma (ou presque) de présentation s'est densifiée et complexifiée avec des mythes qu'elle entremêle. Il me reste encore deux tomes à lire avant de clore cette histoire et ce premier cycle des Mythics.

Le Château des Etoiles. 1869, la Conquête de l'Espace. Tome 2. Alex ALICE. Rue de Sèvres, 2015

Deuxième moitié du XIXe siècle, l'heure est aux découvertes scientifiques, aux progrès techniques, mais les belligérances nationales sont nombreuses. En France, une femme, Claire Dulac, s'intéresse particulièrement aux théories sur l'éther, ce gaz que l'on ne peut trouver que dans la haute atmosphère et qui permettrait, entre autres, de se déplacer extrêmement rapidement. Mais elle meurt lors de l'une de ses explorations et son carnet est retrouvé en Bavière. Le Roi Louis II de Bavière est un philanthrope, un mécène, un idéaliste, et il s'intéresse aux recherches sur l'éther, qu'il finance.

Dans le tome 1, il a fait venir le marie de Claire Dulac et son fils Séraphin en son château, non sans quelques dangers et péripéties. Le garçon s'est lié d'amitié avec Hans et Sophie, deux demi-frère et sœur et ensemble ils ont mis à jour le complot fomenté par le chambellan du roi à la solde de Bismarck. Un éthernef a été construit et c'est avec précipitation qu'il est baptisé. Ainsi montent vers les cieux le Roi, Séraphin et son père Sophie et Hans. Ainsi s'achève le premier tome.

Au fur et à mesure de leur ascension, ils font des découvertes aussi incroyables que dangereuses: des instruments cassent ou ont été dérobés, les obligeant à improviser, le ballon crève, ils se retrouvent séparés et le Roi est seul de son côté, ils dérivent vers la Lune, notamment vers sa face cachée où ils alunissent. Ainsi découvrent-ils qu'il y est possible de respirer, mais uniquement lorsqu'il fait jours, pendant 354 heures, soit 14 jours. Un temps qu'il leur faut mettre à profit pour réparer l'éthernef. Mais le Roi s'en va seul sur cette surface inconnue, se dirige vers des montagnes, Hans a peur des terribles créatures qui pourraient s'y cacher, fruit de son imagination issue de la lecture du Baron de Münchausen. 

Contexte historique et politique très bien rendu, tout comme les différentes personnalités rencontrées, univers steampunk, époque en mouvement, aventure, quête identitaire et réflexion autour des possibles et détournements des découvertes scientifiques. J'aime!

Cet album comme le précédent, et la suite à n'en pas douter, est riche et nécessite plusieurs lectures pour en saisir tous les aspects et observer tous les magnifiques dessins et leurs nombreux détails.

2/ Que suis-je en train de lire en ce moment?

Les pantins de la Terreur. Catherine BOLLE. Editions Alice Jeunesse, août 2020

Période troublée et sanglante de la Terreur à Paris. Les alliances politiques et sociales se font et se défont sans cesse, l'insécurité est omniprésente, les arrestations sont constantes et la guillotine de l'Exécuteur des hautes œuvres de Paris s'abaisse sans relâche. C'est dans ce contexte houleux que nous faisons connaissance avec Henri, le fils du bourreau, qui voit son père donner des têtes coupées à un homme sinistre et boiteux. Qui est-il? Pourquoi ne prend-il que certaines têtes, celles de personnes connues (telle celle d'Olympe de Gouges) ou de personnes du peuple résignées, sommairement jugées et n'ayant certainement commis aucun méfait, si ce n'est celui de survivre peut-être? Ses questions se doublent d'inquiétude lorsque son père meurt brutalement et qu'il devient à son tour le Bourreau de Paris.

Dans le même temps, nous faisons connaissance avec Charlotte, la fille de Louis XVI, mystérieusement évadée de sa cellule grâce à l'ide d'une jeune femme qui prend sa place. Après moult péripéties, elle découvre que c'est Robespierre lui-même qui a fomenté cet échange afin de l'avoir sous sa main dans son alliance souhaitée avec les Royalistes. Passant un jour sur la place de la Révolution en tant que lavandière, elle a vu le Bourreau exécuter la jeune femme et le Boiteux emporter sa tête. Désireuse de réponses, elle se rend chez Henri... et y découvre Léonce. Un soldat fédéré mulâtre et blessé au flanc. Elle lui vient en aide avec une assurance qu'elle ne se connaît pas.

Et nous rencontrons Olympe de Gouges elle-même, ou plutôt son esprit dans un corps qui n'est pas le sien, grâce ou à cause d’expériences scientifiques et technologiques d'un certain Lavoisier... Elle n'est pas la seule à être revenue d'entre les morts, Danton et Desmoulins l'accompagnent, et ensemble, ils rédigent une constitution pour la République qu'ils souhaitent voir émerger. Une Constitution qui met la femme à l'égale de l'homme, qui reconnaît les enfants nés hors mariage, mais qui verrait Lavoisier à sa tête... Olympe en est certaine, cet homme cache quelque chose, mais à trop fouiner, elle est en danger.

J'adore! Je me régale avec ce roman choral aux chapitres courts qui voit s'alterner ces trois voix, qui nous transporte en cette période historique compliquée que je ne connais pas vraiment (car si complexe!), en ces temps de reconstruction, d'alliances et de perfidies. J'aime quand la narration historique, avec références et mentions de personnalités, est entremêlée d'insertions fantastiques les mettant en scène: ici Lavoisier. Nous le racontant d'une manière détournée, Catherine Bolle nous en restitue aussi des éléments véridiques et nous rend palpable cette époque.

Les Croix de bois. Raymond DORGELES. Le Livre de Poche, 2010

A la veille du confinement, je me suis rendue en librairie et j'y ai vu l'adaptation de ce roman parue chez Albin Michel. Quelle surprise! J'adore les adaptations BD alors je l'ai prise, forcément! Mais je voulais aussi lire ce roman d'abord. Je l'ai donc entamé... et il me semble l'avoir déjà lu... ou en tout cas entamé.

Quelque part sur le Front fin 1914-tout début 1915 (je suppose puisqu'il n'y a pas vraiment de repères temporels. Il est question de ceux qui ont fait la Marne, qui ne semble pas remonter à si loin; et il est aussi question du nouvel uniforme bleu horizon, apparu dans les rangs dès fin septembre 1914 mais surtout en 1915) , de jeunes recrues arrivent au régiment. Ils sont beaux, jeunes, propres, répètent ce qu'ils ont appris pendant leurs classes, semblent impatients d'en découdre avec l'ennemi, veulent être au plus près d'eux, le bruit du canon les attire, l'un d'entre eux, Demachy, aime particulièrement l'odeur de la poudre... L'un des anciens, Jacques Larcher est notre narrateur, il écrit et décrit. Ce qu'il pense nous ne le savons pas mais il s'attache à nous retranscrire les sentiments de ses comparses, leurs habitudes, leurs travers, leurs manières de s'exprimer... Ainsi les suivons-nous dans leurs déplacements, lorsqu'ils viennent au front, découvrons-nous les différents sons émis par les balles, les différents obus...Le récit est assez décousu, c'est un assemblage, un instantané de moments, au cœur de cette compagnie dans laquelle nous côtoyons surtout six hommes. Des instants de camaraderie au cœur de la boucherie.

La Grande Guerre. Histoires inspirées par des objets emblématiques de 1914-1948. Collectif d'auteurs. Illustrations par Jim KAY. Editions Hachette Romans, octobre 2015

Ce recueil met en avant des objets emblématiques du conflit autour desquels se racontent des histoires. Ces récits se déroulent durant le conflit, quelques années plus tard ou bien une ou deux générations après au moment des trouvailles, du souvenir ou de leur transmission de ces objets.

Ainsi trouve-t-on un casque, des affiches, des lettres, une prothèse faciale, un morceau de métal...

Petites histoires à hauteur d'hommes qui disent tant sur cette guerre et racontent les blessures individuelles, familiales, sociales, qui se taisent et/ou se transmettent. 

C'est dans ce recueil qu'ont été publiés pour la première fois les récits Notre Jack de Michael Morpurgo et Capitaine Rosalie de Timothée de Fombelle. Jim Kay est l'illustrateur choisi par JK Rowling pour la retranscription graphique de sa saga Harry Potter en grand format chez Gallimard Jeunesse en France.

3/ Que vais-je lire ensuite?

Le jour où je suis mort, et les suivants. Sandrine BEAU. Editiosn Alice Jeunesse, collection "Tertio", octobre 2020

Lenny, Saphir et Biscotte viennent de faire leur rentrée dans le même lycée. Ils ne se connaissent pas et partagent pourtant, sans le savoir, un secret inavoué et des douleurs invisibles. Un jour, leur vie d'enfant insouciant a basculé...

Et sinon?

Le blog fête ses 7 ans et à cette occasion, je vous prépare plusieurs concours. Retrouvez-en la liste ICI.

Un est en cours sur Instagram pour remporter le tome 2 des aventures de Gaspard de Paris - L'attaque des automates de Paul Thiès et Benjamin Strickler chez Flammarion Jeunesse. Fin le 19 novembre!

Pour finir, je vous mets le lien des articles parus la semaine passée et je vous souhaite de belles lectures et découvertes pour celle à venir!

Et surtout, prenez soin de vous!!

Blandine

 

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Rédigé par Blandine

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B
tout d'abord, bon bloganniversaire. Puis bonne semaine livresque.
de tes lectures de la semaine passée je note surtout le petit chaperon rouge, cette version à l'air très intéressante. J'avais bien aimé le premier tome des mythics, mais je n'ai toujours pas pris le temps de lire la suite.
sinon j'avais commencé les croix de bois mais je n'ai pas dépassé les 50 pages. trop dense pour moi.
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B
Merci Bidib <3

Il est vrai que ce roman est costaud. Une présentation peu aérée, un phrasé d'époque (forcément), on étouffe un peu avec eux. J'e ai tourné quelques pages tout à l'heure, je suis contente.

J'ai pensé à ton challenge en achetant cet album, me reste à le présenter vraiment maintenant ;-)

Belle semaine à toi aussi!
N
Les pantins de la Terreur semble extra !
Belle semaine livresque à vous, Blandine, malgré ce climat morose qui je l'espère sera égayé par l'ambiance de Noël en approche :-)
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B
J'ai beaucoup aimé ce roman que j'ai terminé ce matin!
Merci beaucoup Nancy, belle semaine à vous aussi, de belles choses se profilent ;-)