Ma participation au Grand Prix des Lectrices Elle 2020 - Catégorie Documents + Lauréat

Publié le 9 Juin 2020

Encouragée depuis quelques années par mon amie Nathalie pour participer au Grand Prix des Lectrices Elle, j'ai enfin osé sauter le pas l'année dernière.

Auparavant, le rythme de lecture annoncé me faisait un peu peur et, surtout, je ne me sentais pas à la hauteur, craignant que mes chroniques de livres ne soient pas assez bonnes, pas assez approfondies. Et puis, je me suis dit, pourquoi pas ? Pourquoi pas moi ?

J'ai donc rempli le questionnaire et joins les deux critiques de livres demandées : un classique et un au choix.

J'ai opté pour Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë, l'un de mes romans classiques préférés, que j'avais justement choisi de relire, mais que je n'avais encore jamais présenté.

Et Surface d'Olivier Norek, mon premier policier de cet auteur qui avait été récompensé par ce même Prix en 2017 pour Surtensions.

Bref, je partais sous les meilleurs auspices.

Réponse positive reçue début juillet et réceptions des premiers livres fin août, l'aventure du 51e Grand Prix des Lectrices Elle commençait !

8 mois – 28 livres lus, 3 chaque mois, 1 pour chaque catégorie Romans / Documents /Policiers, et 7 en décembre, le mois de mon jury – et autant d'articles rédigés (souvent à la dernière minute, paradoxalement, j'y arrive mieux!) et de notes données. Ce sont ces notations (sur 20) qui déterminent les gagnants de chaque catégorie et sélection, et finalement les Lauréats du Prix.

J'ai publié sur le blog une chronique pour chacun des livres lus, que je l'ai aimé ou non, vous pourrez retrouver chacune en cliquant sur le titre.

Aujourd'hui, je souhaite faire un bilan, vous dire ce qu'il me reste de ces livres (bien sûr l'ordre de lecture peut en favoriser ou défavoriser certains, mais c'est le jeu!) et vous livrer mon palmarès personnel (ouille que c'est dur!) avant la révélation des trois lauréats le 19 juin prochain. Ce qui devrait donner lieu à un live sur Instagram, en lieu et place de la cérémonie habituelle, « merci » le Covid !

Le Grand Prix des Lectrices Elle est une aventure livresque riche et intense, et je suis vraiment très heureuse d'avoir pu y participer. Un grand MERCI! 

J'ai découvert des auteurs, un peu plus apprécié le genre des documents, beaucoup appris, découvert des univers, des pans historiques, psychologiques, géographiques...  J'ai rencontré, de manière virtuelle, des lectrices, des boostagrammeuses pour la plupart, échangé des coups de cœur, déceptions, interrogations...

Il y a une organisation à avoir et un rythme à tenir. Pour moi, la difficulté a surtout résidé dans la retranscription de mes sentiments de lecture. Comme toujours.

Je sais que je suis assez longue pour décrire et écrire, mais je crois m'en être plutôt bien sortie. Le confinement n'a pas aidé la dernière sélection. Impossibilité de lire pour moi, par manque de temps d'abord, mais aussi faute d'envie. Alors pour faire mes fiches de lecture, cela a été assez compliqué. Mais j'ai été jusqu'au bout, j'en suis contente, d'autant que deux livres sur trois m'ont ravie !

Et finalement, c'est passé si vite!

Vivement dans trois ans que je puisse postuler à nouveau!

Allez, c'est parti pour le récapitulatif !

Je précise qu'avant d'arriver entre nos mains, chaque livre a d'abord passé le cap de sélections opérées par des journalistes et critiques littéraires, et que pour chacun des mois (sauf celui de notre jury – décembre pour moi), les trois reçus sont ceux qui ont reçu les meilleures notes. Donc, ces livres ne sont pas « nuls » ou ratés, c'est juste que pour moi, les thèmes, l'écriture ou le moment de lecture, n'ont pas fait mouche, n'ont pas été les bons.

 

C'est la catégorie que je redoutais le plus. Je n'ai pas l'habitude de lire des documents, des essais. Je me lasse vite même si le propos m'intéresse ou est intéressant ; c'est le style qui n'arrive pas à m’accrocher. Avec souvent trop d'informations qui me donnent le sentiment d'être ignorante. Je préfère apprendre par le biais du roman, de la BD, cela s'imprègne mieux en moi.

J'ai donc entamé l'aventure avec une légère appréhension, assez vite dissipée car les choix ont vraiment été bons, très diversifiés, tant dans les propos que la manière d'écrire des auteurs.
 

  • Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités. Ivan Jablonka. Éditions du Seuil. Dans son livre, l'auteur revient sur ce qui a créé, fait, fortifié et fait perdurer le patriarcat. Ses analyses et réflexions sont historiques, religieuses, sociologiques, sociétales, etc. Il dresse un constat et souhaite offrir des solutions pour devenir et que tous deviennent des « mecs biens », mais je les ai trouvées trop conditionnelles, pas assez directives.

 

Il me reste le sentiment d'une lecture très riche et intéressante, mais un brin laborieuse. C'est un livre qui se lit mieux par parties, plutôt que tout à la suite.


 

  • 19 femmes. Les Syriennes racontent. Samar Yazbek. Editions Stock, Avec ce livre, Samar Yazbek donne la voix à dix-neuf femmes syriennes qui ont combattu chacune à leur manière le régime oppressif de Bashar Al-Assad, depuis la Révolution de 2011 jusqu'à aujourd'hui. Elles se sont engagées dans la lutte par choix, par curiosité, par nécessité. Elles ont toutes une vie, des situations familiales, maritales et sociales différentes. Elles sont 19, uniques, mais sont en réalité bien davantage car leurs voix portent celles de toutes les autres, interviewées ou non par Samar Yazbek.

 

Ce document prend au cœur, forcément. Parce qu'il retranscrit une réalité que l'on ne connaît que trop peu, que l'on occulte, banalisée par les informations, voire oubliée. J'ai lu ce livre témoignage par témoignage, en l'entrecoupant d'autres lectures plus légères. Il me reste un grand sentiment de fatalité. Nous ne savions pas grand-chose de la situation là-bas avant le covid, la crise sanitaire l'a encore davantage éloignée de nous.


 

  • Le roman des Goscinny. Naissance d'un Gaulois. Catel. Éditions Grasset. (Le livre n'apparaît pas sur les photos car je l'ai prêté à mon papa). La couverture ne le montre peut-être pas, mais ce document est une bande dessinée. J'ai donc de suite été à l'aise avec la forme, d'autant que le dessin de Catel comme le sujet me plaisent. Catel nous raconte donc la vie de René Goscinny, mais comme elle ne fait que des biographies de femmes, elle a usé d'un stratagème un peu (trop?) alambiqué pour ce faire, en laissant la fille de René, Anne Goscinny, raconter son père et des brins de sa vie à elle, au présent. Catel se met aussi en scène dans le processus de recherche et d'écriture de son roman graphique.

 

J'ai beaucoup aimé découvrir la vie et le parcours du créateur d'Astérix, comme la naissance du neuvième art, en France, en Belgique surtout, et l'échec cuisant aux États-Unis. J'ai préféré les passages qui nous le racontaient lui. J'adore ce genre d'ouvrages qui nous permet d'apprendre sur qui était l'homme derrière le nom, derrière le personnage.


 

  • Un insaisissable paradis. Sandy Allen. Editions Belfond. C'est avec l'histoire de son oncle que l'autrice a commencé des recherches sur la psychiatrie, et plus particulièrement la schizophrénie. Ainsi, elle a découvert comment elles étaient appréhendées par les médecins et la société et comment elle était ,et est, soignée. En entrecoupant les chapitres, l'un reprenant le manuscrit autobiographique que son oncle lui a envoyé, l'autre ses recherches, Sandy Allen nous livre un récit très intéressant et riche d'humanité. (Document non lu par les autres jurys)

 

J'ai aimé lire ce livre mais il ne me reste plus grand chose des donnée que Sandy Allen nous a transmise. Par contre, l'histoire de son oncle, parfois joyeuse, souvent très dure, me reste bien en mémoire. J'ai aimé le double style narratif qui allège la forme et rend plus accessible les informations à caractère scientifique.


 

  • L'avenir de la planète commence dans notre assiette. Jonathan Safran Foer. Éditions de l'Olivier. Je connaissais cet auteur sans jamais l'avoir lu, pour ses livres prônant le végétarisme. C'était donc là l'occasion de le lire enfin, d'autant que je rejoins, d'autant que je rejoins pleinement le postulat énoncé dans son titre. Je n'avais donc pas besoin d'être convaincue, mais ce qui m'a fait aimer (oui, aimer!) cet essai c'est l'angle opté par l'auteur pour nous dire les ravages de l'élevage et de la consommation animale sur la planète. Ainsi nous raconte-t-il ce qu'est une bonne histoire, la manière de la créer, de transformer l'Histoire, pour que les gens y croient et y adhèrent, pour qu'enfin ils agissent. Il prend comme parallèles la Shoah, la deuxième guerre mondiale, sa famille. Il donne des chiffres et nous offre un débat, quelque peu ésotérique (et qui m'a un peu perdue) pour nous raconter nos sentiments ambivalents face à certaines décisions.

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Je ne peux que recommander cette lecture sociologique et personnelle dans lequel l'auteur se confie beaucoup et aussi pour son propos, bien sûr ! Ainsi, il livre un récit universel et intime, mettant aux prises l'Homme avec ses convictions et ses contradictions. Depuis, elle s'est beaucoup rappelée à moi, notamment en ce qui concerne le fait de faire/créer/répandre une histoire pour qu'elle marque/percute/fasse agir les gens.

C'est ce document qui a été le mieux noté par mon jury et qui a donc été lu par les autres.
 

  • Jouir. En quête de l'orgasme féminin. Sarah Barmak. Editiosn Zones. Dans cet essai relativement court et qui se lit très bien, l'autrice nous raconte ses recherches sociologiques, historiques, religieuses, autour du plaisir féminin, en nous rappelant qu'il n'y a pas de définition simple et unique de ce plaisir comme de ses manifestations. Elle nous dévoile ses propres investigations, le monde qui s'est développé autour de l'orgasme à base d'applications, de réunions, de festivals, de massages, etc . Avant de conclure que derrière cette apparence de légèreté voire superficialité, se cache un réel débat sur la position de la femme dans la société, dans le couple, dans la famille.

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S'il y a bien un livre que je n'aurais jamais acheté, ni même imaginé acheter, c'est bien celui-ci ! Eh bien je suis très heureuse que le Grand Prix des Lectrices m'ait permis de le lire et d'en parler. Et plutôt bien semble-t-il au vu des retours sur Instagram et de celui de Lili (du blog Book'n'cook)J'en garde un très bon souvenir et ai envie de découvrir les autres titres engagés de cet éditeur.


 

  • Honoré et moi. Parce qu'il a réussi sa vie en passant son temps à la rater, Balzac est mon frère. Titiou Lecoq. Editions de l'Iconoclaste. La couverture claque et accroche le regard, le titre et le sous-titre intriguent. Certes ils peuvent tout autant rebuter ou laisser sceptique. Mais vraiment, il serait dommage de passer à côté d'une telle biographie qui dépoussière le genre et donne envie d'en lire d'autres de cet acabit. Finies les biographies trop sérieuses et ennuyeuses, celle de Titiou Lecoq est pleine de pep's, rédigée dans un phrasé contemporain avec une mise en parallèle avec notre époque, pour mieux nous immerger dans la vie de Balzac et la société d'alors.

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Vous l'aurez compris, j'ai a-do-ré cet essai. Là encore, merci au Grand Prix des Lectrices Elle de me l'avoir mis entre les mains, car je sais que sans, jamais je ne l'aurais lu ! J'espère que Titiou Lecoq en écrira une autre ou fera des émules !

 

  • Le Consentement. Vanessa Springora. Editions Grasset. Dans son livre témoignage, Vanessa Springora revient sur la relation qu'elle a entretenue ado avec un homme d'âge mûr, G., écrivain célèbre en son temps, aux mœurs controversées et connues dans une époque de revendication de libertés. Elle revient les conséquences de cette relation comme sur la définition et la notion de consentement alors même que notre actualité en est troublée. C'est un livre de courage, de pardon à soi, de résilience mais aussi d'encouragement à la parole.

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Beaucoup avait été dit sur ce livre avant même que je le reçoive, ce qui ne m'incitait paradoxalement pas à le lire, cela crée des attentes et compromet souvent la lecture. Pourtant, je suis très vite entrée dedans, ressentant un maelsröm d'émotions contraires. Aujourd'hui, me reste l’écœurement envers cet homme et la société,et l'admiration pour l'autrice.


 

  • Le courage des autres. Hugo Boris. Editions Grasset. Dans son livre, l'auteur a souhaité nous restituer nos comportements dans les transports en commun, et plus particulièrement le sien. Incivilités ou héroïsmes quotidiens, donc banalisés, peurs ou jemenfoutisme, tout y passe et il n'est pas tendre avec lui-même. La lecture est rapide et ne laisse que d'éphémères traces, qui s'effacent déjà.

Voici mon TOP 3 :

  1. Honoré et moi. Parce qu'il a réussi sa vie en passant son temps à la rater, Balzac est mon frère. Titiou Lecoq. Éditions de l'Iconoclaste

  2. L'avenir de la planète commence dans notre assiette. Jonathan Safran Foer

  3. Jouir. En quête de l'orgasme féminin. Sarah Barmak. Editions Zones

     

Le choix a été difficile. Je suis vraiment très heureuse d'être sortie de ma zone de confort et d'avoir pu vraiment découvrir ce genre. Cela me donne envie de continuer à lire des documents. Cela tome bien, plusieurs m'attendent!

Et vous, aimez-vous ce genre littéraire? Quels livres avez-vous lus, aimés, moins aimés ou aimeriez lire?

Belles lectures,

Blandine

 

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Nathalie 13/06/2020 13:26

Je ne suis pas une grande lectrice de documents non plus, mais je lirai volontiers ton trio gagnant !

Blandine 14/06/2020 11:39

;-)

ça me donne envie d'en lire davantage, à voir dans la réalisation^^