La revanche des Princesses. Collectif d’autrices. Illustrations de Kim CONSIGNY – 2019 (Dès 8 ans)

Publié le 15 Mars 2019

La revanche des Princesses

 

Sandrine BEAU

Clémentine BEAUVAIS

Charlotte BOUSQUET

Alice BRIERE-HAQUET

Anne-Fleur MULTON

Carole TREBOR

 

Illustrations de Kim CONSIGNY

 

Editions poulpe Fictions, 14 mars 2019

208 pages

Dès 8 ans

 

Thèmes : Princesses, Antisexisme, Courage, Détournements de contes, Humour

 

Qu’est-ce qu’une Princesse aujourd'hui?

Qu’est-ce qui fait une Princesse aujourd'hui ?

Sa naissance, son éducation, sa fortune, sa beauté, sa discrétion ?

Quelle définition donneriez-vous ? (Vous avez quatre heures ! ;-) )

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Les 6 autrices (phares de la littérature jeunesse) de ce recueil ont répondu, chacune à leur manière, à cette question.

Laissons s’exprimer leurs mots :

-Que cette mascarade cesse, et qu’on m’explique une bonne fois pour toutes pourquoi aucun conte ne relate mes [nos] exploits ! Et je veux une bonne raison, cette fois, car je suis à deux doigts d’en avoir VRAIMENT marre, nom d’un carrosse en retard !

(La Princesse est en colère – Anne-Fleur Multon)

 

Vaillamment, elle tenta une nouvelle fois de leur transmettre la profondeur de ces textes anciens. Elle leur expliqua l’allégorie de la délicatesse comme signe de sensibilité, l’âme à fleur de peau… Et puis, le symbole du sang bleu, bien sûr, qui était censé être celui de l’aristocratie, un signe distinctif de rang, en somme…

(#charming – Alice Brière-Haquet)

 

Leur légitimité reposait sur leur adéquation aux critères officiels de beauté, critères qui étaient gravés dans le marbre depuis des temps immémoriaux.

            La Princesse devait donc être la plus belle des enfants de la cour, et la plus parfaitement conforme de toutes.

(La Princesse aux mille et un reflets – Carole Trébor)

 

Il fallait que ce fût une petite princesse,

Précisément parfaite.

            parfaite, cela voulait dire :

            peau aussi douce qu’une plume de cygne,

            odeur aussi sucrée que celle du pois de senteur,

allure aussi gracieuse qu’un roseau dans la brise,

            et ainsi de suite.

(La Belle et la Bête – Clémentine Beauvais)

 

Ma mère passe ses journées au château, à faire de la tapisserie en fredonnant à voix basse. (Je vous rappelle que les filles – et donc les femmes – ne doivent pas faire de bruit, selon les consignes parentales !)

(Tapisserie, jarrets dodus et dragon rugissant – Sandrine Beau)

 

Ils ont même mis en place Les Grandes Lois du royaume.

Ce sont de petites phrases qui sont désormais affichées dans tous les coins et qu’on doit lire à haute voix à chaque fois qu’on les croise. « Les gentes dames adorent le rose, les gentilshommes sont friands du bleu » a été la première affichée.

(Tapisserie, jarrets dodus et dragon rugissant – Sandrine Beau)

 

En français, le mot « chevalière » désigne une bague pour montrer ses armoiries, pas une jeune femme qui brave tous les défis… Faîtes-vous une raison, les princesses sont là pour embrasser les princes comme les chiens détestent les chats.

(La Princesse est en colère – Anne-Fleur Multon)

Voilà !

Une Princesse se doit donc d’être belle, jeune, gentille, serviable, mariable, discrète, valeur ajoutée si elle a été éloignée, abandonnée, ou confinée dans une tour…

En un mot : parfaite !

 

Mais…

Aujourd’hui, il ne serait pas question de souliers de verre ou du nombre d’or (ni de souliers d’or et du nombre de verres, d’ailleurs), parce qu’aujourd’hui, vous l’aurez compris, la princesse EN AVAIT MARRE, MAIS MARRE !

(La Princesse est en colère – Anne-Fleur Multon)

 

-Moi, je voudrais parcourir le monde…

(#charming – Alice Brière-Haquet)

Et la (belle) chanson Disney de La Petite Sirène qui reste dans la tête, ne me remerciez pas, c’est cadeau !

 

-Je mettrai un terme à tout ça, poursuivit-elle, les cheveux bleus.

(La Princesse aux mille et un reflets – Carole Trébor)

 

Princesse avait l’intuition que la nature

L’appelait à d’autres aventures.

(La Belle et la Bête – Clémentine Beauvais)

 

« Il te suffit d’être toi-même pour réussir. »

(La flamme de cristal – Charlotte Bousquet)

 

En ton cœur brûle une étincelle si pure qu’elle te protège de tous les maléfices (de Shay).

(La flamme de cristal – Charlotte Bousquet)

 

Me marier ! Moi, qui hier encore, étais une enfant ! (C’est vrai, il y a deux jours, on a fait une partie de cache-cache dans les écuries avec Balthazar. Si c’est pas une preuve irréfutable, ça, je ne sais pas ce qu’il vous faut !)

Me marier ! Moi qui aime faire ce qui me plaît !

Nanméo, ça va pas la tête ?

(Tapisserie, jarrets dodus et dragon rugissant – Sandrine Beau)

 

Comment y remédier ?

Mes chers Comtes, vous n’avez rien compris : l’écriture, c’est une histoire d’invention et d’intention, voyons ! Il suffisait de le vouloir pour m’écrire une grande histoire. Toutes mes excuses, mais vous êtes bêtes comme vos grands pieds.

Alors comme ça, les princesses sont faites pour embrasser ?

(La Princesse est en colère – Anne-Fleur Multon)

Mais vous, vous avez compris !

 

Ces six histoires nous dressent des portraits de Princesses (d'aujourd'hui) audacieuses, courageuses, rebelles, différentes, anticonformistes, en danger (mais pas celui que vous pourriez imaginez!) et qui (se) découvrent et qui agissent.

Des figures de Princesses, d'héroïnes, très diverses, et dessinées ainsi par Kim Consiny.

 

Autour d’elles et/ou à leur côté, pour ou contre elles, des chevaliers pas si pressés de se marier, un chat des sables envoyé par un djinn, une licorne mâle qui pétarade à la betterave, de belles matières (parce que ce sont des princesses quand même), des couleurs reflets d’émotions, des miroirs trop présents, le CPP (Centre des Protection des Princesses), une couturière extraordinaire…

 

Ce que n’avaient pas compris Mme Lheim et tous les nostalgiques du « il était une fois », c’est que l’héroïsme du XXIe siècle était d’une nature tout à fait nouvelle : il était collectif.

(#charming – Alice Brière-Haquet)

 

Les autrices détournent, entremêlent et retricotent tous les attributs des Princesses et des contes de « notre enfance ». Elles utilisent leur structure narrative ou le récit de sagesse ou le journal intime, ou même une rébellion jusque dans la mise en page.

Avec un brin de modernité, un soupçon de technologie et d’actualité, une pincée de féminisme, une once d’humour (j'ai pouffé plus d'une fois) et une louche de clins d’œil !

 

 

Le résultat est un régal.

 6 photos - une pour chaque histoire
 6 photos - une pour chaque histoire
 6 photos - une pour chaque histoire
 6 photos - une pour chaque histoire
 6 photos - une pour chaque histoire
 6 photos - une pour chaque histoire

6 photos - une pour chaque histoire

Merci à Sandrine Beau et aux Editions Poulpe Fictions

 

Retrouvez tous les livres de Sandrine Beau présentés sur le blog, ICI.

 

De Clémentine Beauvais,j’ai présenté le roman ado Les Petites Reines et l’album illustré par Antoine Déprez, La Louve.

 

De Charlotte Bousquet, j’ai présenté trois BD d’une même série : Rouge Tagada ; Mots rumeur mots cutter ; Invisible.

 

D’Alice Brière-Haquet, les albums : Une histoire de galette et de Roi, illustré par Vincent Mahy ; Nina, illustré par Bruno Liance ; Le Bonhomme et l’oiseau, illustré par Clotilde Perrin ; Kaguya, Princesse au Clair de Lune, illustré par Shiitaké ; Rouge, illustré par Elisa Carpentier

 

 

Ce recueil entre parfaitement en résonance avec celui de Praline Gay-Para, Vives et vaillantes – Sept héroïnes de contes, chez Didier Jeunesse.

Contrairement à ce qui est souvent avancé par le grand public, qui connaît généralement quelques héroïnes de contes merveilleux classiques, les jeunes filles dans les contes n’attendent pas qu’un prince vienne les sauver en les épousant, elles prennent leur destin en main pour devenir femmes.

(…)

Il est sans doute bon de voir les contes merveilleux « comme ça » pour arrêter de faire dire à ces récits qui nous sont parvenus d’un temps si lointain le contraire de ce qu’ils transmettent : un parcours des héroïnes de l’enfance vers l’âge adulte où elles deviennent reines d leur propre vie.

 

Retrouvez les réponses des autrices et de l'illustratrice en vidéo sur la page Facebook des Éditions Poulpe Fictions.

 

Ce recueil participe au « Petit Bac 2019 » d'Ennapour ma 3e ligne, catégorie Métier / Fonction; ainsi qu'au Challenge "Contes et Légendes 2019" de Bidib.

 

 

 

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine

 

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F
Je note avec intérêt !
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B
Hé hé!! Ce recueil te plaira forcément (le contraire est impossible ;-) )
B
ça me fait penser au recueil conte d'un autre genre que j'ai présenté il y a peu. Si c'est vrai que grâce notamment à Disney et ses princesses qui chantent... on a une vision des la princesse qui attends d'être sauvé, mais si je repense au contes de mon enfance (on avait pas de télé, chez nous c'était encore tradition orale et veillée autour du feu...) la plupart des histoire avaient des héroïnes forte qui soit devaient se débrouiller toutes seule, soit venait en aide au prince qui seul ne pouvait pas s'en sortir.
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B
Et encore, on peut considérer que ces Princesses (même un peu édulcorées par Disney) ne font pas qu'attendre, qu'elles agissent et forcent le destin (ce que Praline Gay-Para explique et démontre très bien). Je dirais que c'est plus la société, le marketing qui les ont rendues passives.
Nous non plus n'avions pas de télé, pas d'histoires orales non plus, mais des livres ;-)
N
Il va me plaire celui-là, c'est sûr !! ;)
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B
Oui c'est certain!!!