Le Petit Prince de Harlem. Mikaël THÉVENOT – 2018 (Dès 12 ans)

Publié le 26 Février 2019

Le Petit Prince de Harlem

 

Mikaël THEVENOT

Editions Didier Jeunesse, août 2018

160 pages

 

Dès 12 ans

 

Thèmes : Etats-Unis, Ségrégation, New-York, Musique, Prohibition

 

Pour accompagner la lecture de mon article, je vous propose d’écouter la playlist Deezer concoctée par Mikaël Thévenot.

 

Entre 1927 et 2018

Entre Harlem et La Nouvelle-Orléans

Une histoire se dévoile, se raconte, se transmet

La musique opère une passation.

 

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La Nouvelle-Orléans, mai 2018, sur la place Congo, un vieil homme griffonne sur un vieux carnet.

Un jeune policier s'approche de lui et entre les deux, une conversation s'engage, s'arrête, reprend au gré de leurs rencontres et du son du saxophone que maîtrise parfaitement le vieux SDF.

 

Sur son vieux carnet, une histoire s’écrit. C’est celle que nous allons lire.

 

Octobre 1927, en plein cœur d’Harlem, Sonny vit seul dans un petit deux-pièces avec sa mère, Eunice, et dans le même immeuble que son oncle Joseph et sa tante, Félicia.

Il va avoir 14 ans.

Il ne le sait pas encore, mais cette année va bouleverser sa vie.

 

Sonny aime les romans de Jules Verne, va de temps en temps à l’école, accompagne volontiers son oncle Joseph sur les chantiers, tandis que sa mère travaille et s'épuise dans une usine de confection de gâteaux pour les quartiers chics. Jusqu’à ce que trop malade, elle perde son emploi.

 

Alors Sonny décide de faire ce que Joseph et lui ont fait quelques temps avant de se faire pincer par les hommes de Dutch Schultz, un mafieux.

Il va prendre des paris de bolito pour Queenie, la petite reine de Harlem.

Il y réussit plutôt bien, prend de l’assurance et franchit les lignes invisibles qui délimitent le quartier et Central Park.

Des silhouettes avec une tache claire au niveau du visage. Je me rappelle avoir fait une pause. Je ne savais pas où je mettais les pieds et je n’étais pas très rassuré. Je n’avais toujours été, en quatorze ans, qu’un Noir parmi d’autres Noirs.

Un soir, une musique lui va droit au cœur et réveille en lui des souvenirs indistincts, une impression vague de déjà-vu, un besoin de réponse immédiat.

Il lui faut connaître la vérité sur son père et sur leur départ de la Nouvelle-Orléans.

C’est son oncle qui la lui révèle, accompagnée d’un souvenir, décisif et même salvateur.

 

Cette musique, c’est celle d'un saxophone.

Elle est jouée depuis le toit de l’immeuble par Charlie Green, un vieil homme avec qui Sonny se lie d'amitié.

Pressentant le talent, le don, du jeune homme, il lui apprend peu à peu à jouer de l'instrument, les techniques mais surtout à laisser aller son instinct et à laisser son âme chanter dans le saxophone.

 

Le saxophone, un instrument qui va déterminer sa vie.

Lui faire rencontrer les plus grands, lui faire aller sur toutes sortes de chemins, jusqu’à revenir à ses racines.

Il y a des évènements dans une vie qui sont plus importants que d’autres. Parfois, sans qu’on s’en rende forcément compte, une rencontre, une conversation changent le cours de notre existence, nous ramènent à ce que l’on est.
C’est un de ces moments-là qui ouvre cette histoire. Un moment qui change le cours d’une vie.
Mais ça, je ne l’ai compris que bien plus tard.

J'ai beaucoup aimé les différentes atmosphères de ce roman, à la fois doux, douloureux et généreux. Et il est servi par une magnifique couverture!

Les moments où Sonny apprend et joue du saxophone offrent des respirations dans ce récit qui suggère ou décrit des choses difficiles.

 

Il est découpé en trois parties comme autant de vues possibles d'Harlem (vue du ciel / vue d’en bas / vue de l’intérieur) du quartier, de ses habitants et de la façon d'y être et d’y vivre, de ses joies et dangers.

Il nous raconte la précarité, la frontière invisible mais réelle avec les Blancs, il nous raconte le bolito, la mafia et la prohibition. On y croise des personnes ou des noms ayant réellement existé (Duke Ellington, John Coltrane, etc.). C’est passionnant !

Et, surtout, il nous raconte la musique, le saxophone, et la liberté qu'il procure.

 

Que d’émotions ressenties à la lecture de ce roman, à l’écoute de sa playlist, et je ne peux que vous encourager à les découvrir à votre tour !

 

 

Ce roman participe à l’ « African American History Month Challenge » d’Enna, ainsi qu’à son « Petit Bac 2019 » pour ma 2e ligne, catégorie Métier/Fonction.

 

 

 

 

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine

 

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S
Vraiment tentant, bien que je ne sois pas très musique en général dans les romans, il me manque toujours quelque chose :)
Répondre
B
Oh oui je te le conseille vivement!
Il te manque le son peut-être? Avec la playlist concoctée par l'auteur, le roman prend une toute autre dimension!
N
John Coltran a tellement raison <3
Ce roman m'intrigue beaucoup et vous en avez beaucoup parlé... Il semble vraiment touchant !
Belle journée ensoleillée, Blandine !
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B
Oh que oui!
J'ai beaucoup aimé ce roman, mais trouve que ma chronique n'est pas à sa hauteur.. Ce n'est pas toujours facile de trouver les mots!
Belle journée à vous aussi Nancy!
E
Très tentant! Merci!
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B
N'est-ce pas?!
N
Il me tente beaucoup celui-ci ! !
Répondre
B
Il peut ;-)