Film : Les Figures de l’ombre - 2017

Publié le 25 Février 2019

Les figures de l’ombre

 

Titre original : Hidden Figures

 

Réalisé par : Theodore MELFI

Scénario : Allison SCHROEDER et Theodore MELFI

Produit par : Pharell WILLIAMS et Donna GIGLIOTTI

Musique : Pharell WILLIAMS

 

Avec Taraji P. HENSON; Octavia SPENCER; Janelle MONAE; Kevin COSTNER; Kirsten DUNST; Mahershala ALI; …

Genre :Drame, Biopic

Nationalité : Américain

 

Sortie américaine : 25 décembre 2016

Sortie française : 8 mars 2017

Durée : 2h 07mn.

 

Thèmes : Etats-Unis, Ségrégation, Racisme, NASA et Conquête spatiale ; Féminisme ; début de l’informatique, Guerre Froide

 

« D’après une histoire vraie »

Une fois n’est pas coutume, c’est ma fille qui m’a fait découvrir ce film.

Elle a été le voir l’an passé avec le collège et l’avait beaucoup aimé, me racontant les différents passages qui l’avaient marquée.

Dans ce film, joue Octavia Spencer que nous avions vue juste avant dans La Couleur des Sentiments, il n’y a pas de hasard !

 

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Les figures de l’ombre est l’adaptation cinématographique du livre Hidden Figures de Margot Lee Shetterly.

Dedans, elle raconte la vie de Katherine Johnson, physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale qui a contribué, notamment, au programme Mercury et à la mission Apollo 11 en 1969.

 

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1962, Centre de recherches de Langley à Hampton en Virginie.

La Russie a pris de l’avance dans la conquête spatiale avec la mission Spoutnik 1 (1957) et l’envoi d’un homme dans l’espace (Youri Gagarine en 1961). En pleine Guerre Froide, les Etats-Unis, en la personne de Al Harrison (Kevin Costner), craignent que les Russes ne s’en servent pour mettre en orbite la Bombe H et la fassent exploser sur le sol américain.

 

C’est dans ce contexte tendu que trois femmes vont voir leur situation personnelle et professionnelle évoluer.

Toutes les trois sont Africaines-Américaines et travaillent dans un groupe de "calculatrices humaines" Noires, où elles sont amies.

 

 

Il y a Katherine Goble (Taraji P. Henson), veuve et maman de trois filles, experte en calcul mental.

Il y a Mary Jackson (Janelle Monae), aspirante-ingénieure.

Et il y a Dorothy Vaughan (Octavia Spencer), leur superviseure d’équipe, qui fait le travail de cheffe d’équipe sans en avoir ni le statut, ni la paie, ni la reconnaissance.

 

En ces temps de ségrégation, elles travaillent toutes dans un bâtiment séparé, avec pour quasi seul contact Blanc, Vivian Mitchell (Kirsten Dunst) qui leur attribue leurs missions – Son personnage n’a pas existé mais est représentatif de l'attitude des dirigeantes blanches, à l'époque du film.

Nous suivons leur trois parcours, même si l’accent est davantage mis sur Katherine Goble (ensuite Johnson) avec son travail et sa vie privée. Moi qui ne me souvenais pas avoir vu Mahershala Ali dans un film avant Green Book, voilà que je le vois ici. Même si c’est dans un rôle très secondaire – il est militaire et va devenir l’époux de Katherine.

 

C’est ainsi que Katherine Goble se trouve affectée dans l’équipe dirigée par Al Harrison grâce à ses dons mathématiques.

Mais l’accueil qui lui est réservé est aussi glacial que difficile.

Quasi personne ne lui adresse la parole (le silence est presque pire que les huées), sauf Al Harrison, qui semble ne rien remarquer de ce qui se passe, tant il est absorbé par son travail/problème en cours.

Elle ne peut pas se servir de la même cafetière que les autres, une vieille lui ayant été attribuée avec une « délicate » étiquette.

Les dossiers que lui remet son supérieur direct, Paul Stafford (convaincu de sa supériorité à tous niveaux), lui sont difficilement utilisables et vérifiables, puisque leurs données sont quasi toutes masquées (Katherine n’ayant pas l’habilitation requise).

Elle disparaît pendant de longs laps de temps plusieurs fois par jour, ce qui agace Harrison. Il demande alors de quel droit elle s’octroie des pauses quand les autres travaillent d’arrache-pied.

Sa réponse donnera au film l’un de ses plus grands temps forts : elle va aux WC. Pas ceux juste au bout du couloir, car réservés aux Blanches, mais ceux à l’autre bout du campus, à 20 mn à pied. La réaction d’Harrison est à la mesure de l’absurdité vécue, même si teintée d’un fort esprit nationaliste (Ils travaillent tous pour la grandeur des Etats-Unis!).

 

 

Au fur et à mesure du film, on voit Katherine devenir importante, voire même indispensable.

Elle calcule vite, sans erreur, revoit les manières de penser et de concevoir les calculs de trajectoire, assiste aux réunions de préparation à l’envoi d’un homme dan l’espace (John Glenn – le seul à être allé les saluer personnellement).

 

 

En parallèle, Mary Jackson travaille à la conception de la capsule qui doit résister à l’entrée et sortie de l’atmosphère terrestre et aux pressions orbitales avec l'ingénieur Kazimierz Czarnecki, qui l’encourage à passer son diplôme d’ingénierie.

Chose qu’elle imagine inconcevable étant femme ET Noire.

 

Pourtant, après un plaidoyer extraordinaire auprès du juge, elle obtient la permission d’étudier uniquement aux cours du soir dans la seule école blanche qui puisse le lui délivrer.

On voit un peu de sa vie privée, avec son mari, qui ne la soutient que moyennement au début et qui a de nombreux préjugés (voire pire) envers les Blancs.

De son côté, Dorothy Vaughan est informée que les calculatrices humaines seront bientôt remplacées par une machine, l’IBM 7090. Son installation dans une immense pièce donne lieu à quelques scènes cocasses du film.

Dorothy comprend que si elle veut garder son emploi, il lui faut s’adapter. Elle étudie ainsi le langage de programmation Fortran (grâce à un livre qu’elle a emprunté à durée indéterminée, disons – la scène est lourde de sens), qu’elle enseigne à toute son équipe également.

Alors que les agents d’IBM ne parviennent pas à faire fonctionner leur machine, elle y arrive et obtient le transfert de toute son équipe à la division des calculs informatiques, dont elle prend officiellement la tête.

 

Ainsi, nous passons de l’une à l’autre et voyons la mission spatiale progresser et se préciser, jusqu’à l’envoi de John Glenn en orbite (mission Friendship 7) et le départ de Katherine de l’unité de Al Harrison.

Mais des divergences dans les calculs informatiques lui permettent de revenir grâce à Glenn qui est finalement envoyé en orbite. Mais le bouclier thermique de la capsule menace de lâcher au bout de trois tours au lieu des sept prévus et Katherine doit en urgence calculer sa trajectoire d’entrée et son point de chute.

 

 

L’épilogue nous raconte brièvement ce qu’elles ont ensuite fait et sont devenues.

 

***

 

Ce film, avec son approche feel-good fort sympathique, est aussi instructif que militant.

Je ne connaissais pas ces femmes, leurs parcours (il faut dire que les maths et moi…) ni même l’histoire spatiale des Etats-Unis, uniquement dans les très grandes largeurs.

 

Il rappelle combien les Droits des Femmes et des Noir(e)s fut long et semé d’embûches en mettant en avant le parcours de ces trois femmes, brillantes, qui ont œuvré et contribué, chacune à leur manière, à davantage d’ouverture d’esprit et de possibles.

Cependant, je regrette que leur vie personnelle, privée, familiale, n’ait pas été davantage mise en avant pour bien en mesurer les différentes résonances. 

 

La bande originale, composée et interprétée par Pharell Williams, qui aussi participé à la production du film, est géniale !

 

Le jeu des actrices est super et j’adore, mais j’adore, Octavia Spencer !

Leurs personnages et caractères sont complémentaires, impression renforcée par la construction du film qui alterne leurs portraits. Mary Jackson ne manque pas de réparties, quand Katherine est discrète et Dorothy déterminée et résolument altruiste : c’est toute l’équipe ou personne pour elle.

 

Un film à voir!

Ce billet participe à l’African American History Month d’Enna.

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine

 

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FondantGrignote 04/06/2019 15:58

Je viens juste de le voir, Blandine : un vrai régal, quel film intelligent, touchant et inspirant!! merci d'en avoir parlé!

Blandine 05/06/2019 18:15

Oh je suis contente que tu aies pu le voir et qu'il t'ait plu! Oui c'est un très beau film - tu me donnes envie de le revoir ;-)

FondantGrignote 26/02/2019 16:14

Oh je note, voilà un film qui mérite qu'on le voie !!

Blandine 27/02/2019 11:04

Exactement :-)

Enna 25/02/2019 22:02

J'avais beaucoup aimé ce film moi aussi : tant pour le côté anti-raciste que féministe!

Blandine 26/02/2019 11:44

Et son côté feel-good sans en être. Un film à voir et revoir!

Nancy 25/02/2019 21:34

J'avais déjà envie de le voir et votre chronique va m'y pousser !
Tout comme vous, je suis fan d'Octavia Spencer <3
Belle soirée, Blandine.

Blandine 26/02/2019 11:44

Rien que pour elle et même si elle n'a pas le rôle principal, ce film est à voir! Il va vous plaire, c'est certain!
Belle journée à vous Nancy!

Nathalie 25/02/2019 18:25

Je l'avais emprunté à la bib puis ramené faute de temps pour le regarder... Il va falloir que je le reprenne !!

Blandine 26/02/2019 11:43

Oh que oui! Tu vas te régaler!

Marion L. 25/02/2019 18:10

J'avais A-DO-RE ce film lorsqu'il est sorti en salle. D'ailleurs j'ai prévu de lire le livre pour mon prochain moins à thème : les adaptations littéraires en mai. J'ai hâte !!!
C'est un film que je reverrai avec grand plaisir.

Blandine 26/02/2019 11:43

La thématique est superbe, mais offre parfois quelques déconvenues :-/ Je reverrai ce film avec grand plaisir! Belle lecture du roman ;-)