La petite fille aux allumettes + Bonhomme de neige. Hans Christian ANDERSEN. Deux albums dès 4 ans

Publié le 5 Janvier 2019

Lorsque j’étais enfant, j’aimais particulièrement l’histoire de La Petite Fille aux allumettes.

Je ne sais plus pourquoi, d’autant qu’il est triste, si ce n’est qu’il a(vait) une dimension réelle et réaliste qui me parlait, me touchait (et me touche encore), bien plus prégnante que ne pouvaient en avoir d’autres contes, plus … merveilleux, féériques.

 

Aujourd’hui, je vous le présente au-travers de deux albums, dont l’un est un livre-CD, et qui m’a permis de (re)découvrir le conte du Bonhomme de neige.

 

La petite fille aux allumettes

 

D’après Hans Christian ANDERSEN (1845)

Illustrations de Mayalen GOUST

 

Editions Père Castor / Flammarion, janvier 2008

 

Thèmes : Danemark, Pauvreté, Nouvel An, Mort, Hiver

 

 

La blonde Petite Fille de cette histoire est pauvre et vend des allumettes aux passants.

Mais en ce soir de Saint-Sylvestre, personne ne lui en achète. Tout le monde se presse, sans la voir, pour rentrer chez eux, aller chez des amis, rejoindre les intérieurs chauffés et joliment décorés, les sapins parés, les tables dressées.

 

La Petite a froid, elle a perdu ses chaussures et ne peut rentrer chez elle sans un sou en poche, sinon son père la battrait. Et il faisait froid aussi sans leur misérable logis sous les toits.

 

Alors elle se trouve un coin, un renfoncement entre deux maisons, et dans l’espoir de se réchauffer un peu, gratte une allumette, puis une autre, puis encore une autre, puis une poignée entière…

A chaque fois que la flamme apparaît, une vision enchanteresse surgit: un poêle où ronronne un feu, une table garnie avec une oie qui vient à elle, un arbre de Noël richement décoré, et …sa douce grand-mère récemment défunte, la seule qui l’ait aimée.

Toutes les chandelles de Noël montaient, montaient de plus en plus haut, et la petite s’aperçut qu’elles étaient devenues des étoiles scintillantes.
L’une d’elles tomba, et traça une longue raie de feu dans le ciel.
(…)
« Lorsqu’une étoile tombe, c’est qu’une âme monte à Dieu. »

(Père Castor)

Au matin, les passants découvrent le corps inerte de la Petite Fille et chacun y va de son mot: froid, critique, distant, ou chagrin...

Mais qu’importe, car aucun ne peut se douter des belles choses qu’elle a pu voir.

Aucun ne peut estimer, imaginer, se représenter la libération que la Mort a enfin permis pour Elle.

 

*****

 

Les textes sont quasiment identiques et reprennent presque mot pour mot celui de mon recueil d’histoires d’Andersen que j’avais enfant (Editions Hatier, réédition en 1983).

Leur différence réside dans le choix illustratif.

Les illustrations des Editions Clochette retranscrivent toute la dureté et la pauvreté de la Petite Fille, dont la blondeur incarne l’innocence, comme l’opposition entre les deux univers qu’a instillée Andersen dans son récit et qui est mise particulièrement en avant en cette veille de Nouvel An.

La misère, l’abandon, la violence contre l’opulence, l’égoïsme et la joie.

 

 

Les illustrations de l’album Père Castor sont plus lumineuses, plus oniriques, et plus douces.

 

Connaissez-vous la probable genèse de cette histoire ? La voici :

« Le 18 novembre 1845, Andersen était l’hôte du duc d’Augustenborg et vivait chez lui dans une surabondance et une festivité princières lorsqu’il reçut une lettre qui l’invitait à écrire un conte pour une illustration à choisir parmi trois qu’on lui envoyait. Il choisit une gravure sur bois qui représentait une petite fille tenant un paquet d’allumettes soufrées. La gravure l’avait fait penser, par contraste à sa propre vie si heureuse d’alors, à la vie misérable de sa mère (ou grand-mère, source Wikipédia), enfant, qu’on envoyait mendier et qui avait passé toute une journée sous un pont sans manger » . Source

 

« Il avait déjà traité ce sujet dans Le Sanglier de bronze mais il le reprend ici de façon plus grave. Un biographe d'Andersen précise que la maison dans laquelle l'écrivain habitait à Odense formait un renfoncement avec la maison voisine et qu'une petite fille s'y abritait réellement ». Source

 

 

La petite fille aux allumettes

Suivi du Bonhomme de neige

 

D’après Hans Christian ANDERSEN

Illustrations de Clémence LESAGE

 

Texte raconté par Maureen DOR

 

Editions Clochette, août 2013

 

 

 

Le Bonhomme de neige est né par un bel après-midi d'hiver, façonné par les mains d'enfant dans la neige blanche.

 

Il avait, au lieu d’yeux, des gros morceaux de charbon de terre brillants et sa bouche était faite d’un vieux râteau, de telle façon qu’on voyait toutes ses dents.

De toute sa jeunesse et naïveté, il s’émerveille de tout ce qui l’entoure : le froid, le vent, la boule de feu dans le ciel… Mais il regrette de ne pouvoir bouger pour en profiter pleinement.

Le chien de la maisonnée, attaché à un pieu à ses côtés, l'écoute et lui répond, lui parle de sa jeunesse et de ses années passées avec la famille de la maison jusqu'à ce jour malheureux qui l'a conduit là, dans le froid qui le pique et l'attaque.

 

 

Il parle au Bonhomme de neige et lui raconte la si douce chaleur transmise par le poêle.

Le Bonhomme de neige n'aspire plus qu'à l'admirer, lui et sa flamme, à défaut de pouvoir l’approcher.

Il ne savait pas, ce brave homme de neige que l’envie et la raison ne font pas toujours bon ménage. N’a-t-on pas souvent envie de choses qui ne sont pas spécialement bonnes pour nous mais qui nous changent de notre habitude ?

Bien sûr, il ne se doute pas que le poêle est son ennemi... comme le temps qui passe... et qui se réchauffe au fur et à mesure que s’approche le printemps... et qui peu à peu grignote le Bonhomme de neige jusqu'à ce qu'il disparaisse...

Et soit oublié…

 

*****

 

Cette histoire, courte et triste, entremêle la mélancolie, la sagesse, l’innocence, la curiosité, le désir d’interdit, le cours du monde et des choses.

Ces thèmes sont personnifiés par le Bonhomme de neige et le chien. Le premier apprenant du deuxième, qui, malgré sa sagesse, fondée sur l’expérience et le repentir, se retrouve seul.

Heureusement, le beau temps permet le retour des enfants dehors.

 

La voix de Maureen Dor, légèrement éraillée, convient très bien à la lecture de ces deux contes, en leur apportant beaucoup d'expressivité.

Ces deux albums participent aux Challenges « Christmas Time 2018 » de Mya ; « Je lis aussi des albums 2019 » (1 et 2/60) de Sophie Hérisson ; « Cette année, je (re)lis des classiques 2019 » de Nathalie et moi; "Contes & Légendes 2019" de Bidib ; ainsi au « Petit Bac 2019 » d’Enna, pour ma 1e ligne, catégorie Objet; ainsi qu'à l'Objectif PAL d'Antigone.

 

 

 

 

 

 

 

La Petite Fille aux Allumettes est (à nouveau) adaptée en comédie musicale au Théâtre de la Renaissance à Paris. J’aimerais beaucoup y emmener le trio.

De Mayalen Goust, je vous ai présenté :

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine

Retrouvez-moi sur FacebookTwitterPinterestInstagramGoogle+Babelio et Livraddict.

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Antigone 26/01/2019 15:48

J'ai cette même version chez moi de la petite fille aux allumettes, que j'ai beaucoup aimé aussi faire découvrir à mes enfants lorsqu'ils étaient petits !

Kiona 12/01/2019 09:17

Merci pour cette découverte Bon week end :-)

Blandine 12/01/2019 13:21

Merci à toi Kiona! Bon week-end à toi aussi!

MyaRosa 08/01/2019 09:59

Merci pour ce beau billet, Blandine. J'aimerais beaucoup découvrir cette version du "Bonhomme de neige". Quant à "La Petite fille aux allumettes", j'avais l'édition Père Castor mais le livre a mystérieusement disparu au cours de notre déménagement. J'espère remettre un jour la main dessus car les illustrations me plaisaient beaucoup. C'est un conte que j'aime énormément même s'il est très dur. Il m'a vraiment marquée. Petite, je l'ai lu et relu et il me bouleversait à chaque fois.

Blandine 08/01/2019 19:47

A nouveau, un point commun ;-)

Oh j'aimerais beaucoup découvrir le Père Castor (et le Lito) aussi... mais il faudrait que je les commande car je ne les trouve pas en librairie...

Nancy 05/01/2019 18:02

Ce conte était trop difficile pour moi lorsque j'étais petite, et il le reste encore... mais je comprends votre fascination car il est à la fois cruel et doux (et cette grand-mère au ciel <3).
Je me demande si je serais capable, même adulte, de voir l'adaptation en comédie musicale, même si ce doit être superbe ^^, mais si vous y allez, j'écouterai vos impressions avec intérêt !
Quant au conte du bonhomme de neige, j'ai le même ressenti que vous.... mais mon préféré reste celui de Raymond Briggs (avec l'animation et sa musique <3)
Belle soirée Blandine.

Blandine 06/01/2019 12:03

Oh oui comme la version de Raymond Briggs est belle (mais je n'ai vu "que" l'album).
Il est vrai que La Petite Fille aux allumettes est un conte difficile, mais je crois que c'est ce qu'il me plaît justement...
Belle journée à vous!