Ruby tête haute. Irène COHEN-JANCA et Marc DANIAU – 2017 (Dès 8 ans)

Publié le 14 Novembre 2018

Ruby tête haute

 

Texte d'Irène COHEN-JANCA

Illustrations de Marc DANIAU

 

Editions des Éléphants, août 2017

Dès 8 ans

 

Thèmes : États-Unis, Ségrégation, école, Racisme, Mémoire, Histoire

 

Dans la classe de notre jeune narratrice, chaque jeudi matin, un tableau est exposé et la maîtresse recueille les impressions et ressentis de ses jeunes élèves.

Ce jour-là, Nora, ne sait pas comment exprimer ce que le tableau lui inspire.

Mais, la nuit venue, elle en rêve.

 

Le lendemain, la maîtresse leur raconte une histoire vraie, celle de la petite fille du tableau de la veille.

Celle de Ruby Bridges.

 

L’œuvre s’intitule The Problem We All Live With, peinte en 1964 par Norman Rockwell et la représente sur le chemin de l’école.

 

Cet album est donc l’histoire d’une transmission.

Parce qu’il ne faut pas oublier les luttes passées.

***

Louisiane, 1960, Ruby a six ans.

Un combat bien plus grand qu’elle va l’emporter dans son tourbillon.

Ruby ne va pas à l’école William Frantz car seuls les enfants Blancs peuvent y étudier.

Elle, comme les autres enfants Noirs, doit aller à l’autre bout de la ville.

 

Pourtant, un jour, la possibilité lui est offerte de changer d’école.

A condition de passer un examen.

Centre trente enfants le tentent, six sont retenus. Six filles.

Et Ruby est la seule à pouvoir aller à William Frantz.

 

Le 13 novembre 1960, c’est le jour de la rentrée.

Quatre policiers viennent la chercher chez elle.

Juste en face de l’école, plein de gens, rassemblés sur le trottoir, tenaient des pancartes et hurlaient.
J’ai cru que c’était Mardi Gras. Il y avait du vacarme comme un jour de carnaval, avec le bruit des sirènes, des motos, des cris.
Les dames portaient des pantalons serrés et brillants comme ceux des toréadors, des jupes colorées, des manteaux de fourrure. Leurs cheveux étaient coiffés en belles boucles, mais sur leurs visages aucun sourire ne fleurissait.

Oui Ruby entre dans cette école, oui elle y étudie.

Mais seule.

Seule dans une grande classe, avec une maîtresse, Mme Henry, certes très gentille et pour elle toute seule, mais Ruby en souffre.

 

Et ainsi l’année se passe.

Lorsque l’année d’après, la rentrée sonne, les choses ont changé. Mais sans explications.

Madame Henry n’est plus là. Mais de nombreux enfants noirs viennent à présent étudier à William Frantz.

Voilà l’histoire de Ruby Bridges. Après l’école Frantz, elle a fait de belles études puis, durant toute sa vie, elle a continué à lutter pour que les enfants noirs aient les mêmes chances que les enfants blancs.

Comment expliquer à une enfant que sa présence dérange, juste à cause de sa couleur de peau ? Comment expliquer que des policiers soient nécessaires pour l’accompagner à l’école ?

Comment lui expliquer qu’elle n’est pas responsable de la haine et du malheur que cela répand ?

Et comment lui dire que son courage est un exemple, un modèle et qu’il a aidé à faire changer les choses ?

 

Les pensées de Ruby reflètent son innocence, sa naïveté peut-être. Ce qu’elle avait toujours considéré comme normal, comme allant de soi, et qui la rendait néanmoins heureuse, est un jour bousculé pour une cause qui se sert d’abord d’elle, avant qu’elle ne soit assez grande pour la comprendre et la rejoindre.

 

Les illustrations, réalisées à la peinture (gouache ?), s’inspirent toutes des couleurs du tableau de Norman Rockwell.

Leur grande taille nous immerge dans le quotidien d’alors, auprès de Ruby.

Toutes montrent la détermination.

De toutes les parties.

Qu’elle soit issue de la haine, de l’adversité, de la combattivité pour garder ce que l’on a ou de la volonté d’avancer et de faire changer les choses.

 

Une page documentaire clôt ce très bel album.

L'histoire de Ruby Bridges est commémorée le 14 novembre aux Etats-Unis.

Il participe au Prix des Incorruptibles 2018-2019, sélection CM2-6e ; au Challenge « Je lis aussi des albums 2018 » de Sophie Hérisson (66/60).

 

 

 

 

 

 

Enna parle aussi de cet album en y ajoutant divers liens. A découvrir!

 

L’histoire de Ruby Bridges, son arrivée à l’école entourée par des policiers (agents fédéraux et non de la police locale), le déferlement de haine sur son passage, m’ont violemment renvoyée au roman écrit par Annelise Heurtier au sujet des « Neuf de Little Rock » : Sweet Sixteen.

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

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S
l histoire etait bien mais je ne lai pas lu desole :(
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J
Il n'y a que des perles dans cette collection de grands albums chez cet éditeur. Celui sur Janusz Korczak est excellent aussi.
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B
Tout à fait!
Il me faut découvrir cet album alors ^^
N
Il est beau cet album... Je ne l'ai pas lu, mais vu passer à plusieurs reprises. Par contre j'ai lu "Sweet Sixteen" que j'ai adoré (comme tous les romans d'Annelise Heurtier que j'ai lu d'ailleurs !!)
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B
Je suis te rejoins complètement pour Annelise Heurtier <3 et ne peux que te conseiller cet album <3
E
j'aime bcp les extraits, je note!
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B
Tu peux :-)
N
J'adore l'histoire de Ruby, forte et émouvante.
J'avais failli écrire sur ce thème d'ailleurs, et puis finalement, c'est Ma liberté tout en couleurs qui a vu le jour.... mais je n'y renonce pas; un jour, peut-être...
Cet album est vraiment très beau.
Belle journée, Blandine.
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B
En effet, il n'est jamais trop tard ;-) Et puis "Ma liberté tout en couleurs" est un très beau roman!
Belle journée à vous!
J
Là, comme ça, je ne sais pas quoi en penser.
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B
Peut-être parce que tu t'attendais à lire mon billet sur une BD?! ;-) C'est le billet juste avant: http://vivrelivre19.over-blog.com/2018/11/histoire-des-tirailleurs-senegalais.julien-monnier-et-frederic-chabaud-2018-bd.html