C'est lundi, que lisez-vous? #221
Publié le 29 Octobre 2018
Ce rendez-vous hebdomadaire consiste à vous présenter chaque lundi mes lectures passées, en cours et à venir en répondant à trois questions :-)
1/ Qu'ai-je lu la semaine passée ?
ALBUMS
Ruby tête haute. Texte d'Irène COHEN-JANCA et illustrations de Marc DANIAU. Editions des Éléphants, août 2017
Ce grand album est issu d'une histoire vraie, celle de Ruby Bridges, et du tableau peint en 1964 par Norman Rockwell, la représentant sur le chemin de l'école.
Son histoire est commémorée le 14 novembre aux Etats-Unis. Je vous présenterai donc cet album ce jour-là.
A l'heure du loup. Texte de Kochka et illustrations des Mamouchkas (Laura GUERY et Julie WENDLING). Les Editions du Ricochet, mars 2013
Lili est une fillette pleine de vie et de joie... le jour.
Mais le soir, mais la nuit, dès le moment où le jour décline et où l'ombre s'avance, où l'heure du Loup se profile, Lili se fait plus petite, Lili tremble, son courage s'enfuit.
Heureusement, son papa trouve la solution et Lili passe désormais des nuits sereines à voyager tout autour du monde.
Et le Loup n'a plus qu'à partir!
Un texte rimé, truffé de références et de clins d’œil, des illustrations colorées pour un album très tendre!
ROMAN / NOUVELLE
J'ai saigné. Blaise CENDRARS. Editions Hatier, collection "Classiques & Cie - Collège", juillet 2018
Lors de la Première Guerre Mondiale, en 1915, Blaise Cendrars a perdu sa main droite. Dans ce court récit, il raconte son évacuation du Front jusqu'à sa remise sur pied.
Il nous raconte le transport en ambulance, les médecins, les infirmières, notamment, Mme Adrienne P., les compagnons d'(in)fortune et ceux qu'il côtoya durant sa convalescence: Le petit Berger des Landes et le grand homme redevenu "bébé" suite à une double trépanation.
Il nous dévoile les différentes blessures, les soins, les différentes médecines, surtout lorsque celle de Paris s'oppose à celle des hôpitaux en arrière du Front et leur dramatique conclusion.
Cette version collège, que doit lire ma fille, est enrichie d'un dossier pédagogique et instructif sur l'évolution de la médecine, notamment d'urgence et traumatique, qu'a permis ce conflit.
BD
Polina. Bastien VIVES. Editions Casterman, collection "KSTR", mars 2011
Polina est une danseuse classique et le roman graphique revient sur ses années de formation en Russie jusqu'à son accomplissement dans un univers artistique éclectique.
Fillette jugée peu souple, elle progresse pourtant.
Elle a du mal à faire des choix. Alors elle se laisse porter, influencer aussi. Les décisions des autres l'aident à avancer et à s'accomplir. Et bien que le temps passe, soit passé, elle mesure le chemin parcouru et sait être reconnaissante.
Le trait de Bastien Vibès est particulier, épais, fait de blancs et de suppositions. J'aime beaucoup.
La métamorphose. Franz KAFKA. Adaptation de Corbeyran et Horne. Editions Delcourt, collection "Ex-Libris", février 2009.
Cet album, issu de la nouvelle de Kafka, traite de l'exclusion sociale dûe à la différence physique.
Un matin, un jeune homme se réveille transformé en cafard/blatte, dans la chambre qu'il occupe chez ses parents.
La narration se fait de l'intérieur, ce sont ses sentiments qui nous sont retranscrits, mais aussi ceux de ses parents et de sa soeur, un peu ceux des autres. Ils passent par la panique, le choc, le déni, la pitié, la haine, l'exclusion et le désir de mort.
Auparavant entretenus par leur fils et frère, chacun s émancipe peu à peu et renaît à lui-même alors que lui se meurt.
Le dessin, classique, se fait dans une atmosphère sombre. Et l'on ne peut que comprendre/ ressentir la répulsion des uns et la tristesse/compréhension de l'autre.
J'aime beaucoup cette collection chez Delcourt qui nous permet de (re)découvrir des classiques de la littérature. La quatrième de couverture nous offre une petite notice bibliographique et un petit résumé/analyse de l'oeuvre adaptée.
La petite Mort - Tome 3. Davy MOURIER. Editions Delcourt, septembre 2015
J'avais adoré La Petite Mort(e), qui était en fait le tome 4.
J'avais beaucoup ri aux premier et deuxième tomes qui nous font faire connaissance avec la Petite Mort, enfant et ado, voué à être La Faucheuse, alors qu'il souhaite devenir fleuriste, qui voit son seul ami (ou celui qu'il pensait être son ami - Ludo) sortir avec la fille qu'il aime (Aude), son grand-père revenir (du placard) et son père disparaître (pour de vrai) plus tôt que prévu car n'ayant pas respecté le protocole du Grant Tout.
C'est drôle, cynique, parfois osé, truffé de références détournées. Mais j'avoue que ce troisième tome ne m'a pas autant fait rire.
La Petite Mort est donc au service du Grant Tout, doit emporter dans la Mort ceux que le Poissophone lui indique, doit trouver comment payer ses impôt sur le revenant, etc. Mais si l'humour noir est là, si certaines plaisanteries sont bien exploitées, j'ai trouvé qu'elles "tiraient trop sur la corde", virant vers le glauque.
Les Carnets de Cerise - tome 5 - Des premières neiges aux perséides. Joris CHAMBLAIN et Aurélie NEYRET. Editions Soleil, collection "Métamorphose".
Dans ce tome, les questions disséminées dans les quatre premiers trouvent réponses : ce qui est arrivé au papa de Cerise, son amitié avec Annabelle Desjardins, son goût pour l'écriture et les histoires, pourquoi les relations avec sa mère se sont distendues.
Un avenir s'écrit et Cerise s'y dirige, confiante.
J'ai aimé, mais moins que les précédents.
J'ai trouvé que ce tome allait trop vite et qu'il se terminait en "happy end" - même si la fin est laissée ouverte pour une possible suite.
Je crois que je préfère les questionnements aux réponses!
Les dessins sont toujours aussi beaux et jouent toujours sur différents styles.
Chaque jour Dracula. Loïc CLEMENT et Clément LEFEVRE. Editions Delcourt Jeunesse, avril 2018
Cet album utilise le personnage de Dracula pour évoquer la différence et le harcèlement scolaire.
C'est ingénieux, bien fait, mêle des légendes à la réalité et je vous en parle davantage mercredi!
2/ Que suis-je en train de lire en ce moment?
Harry Potter et la Coupe de Feu - Tome 4. J. K. ROWLING. Editions Gallimard Jeunesse, collection "Folio Junior".
Voldemort est de retour... Nous le savons dès les premières pages.
Harry a passé des vacances d'été moins terribles que les années précédentes chez les Dursley (elles n'étaient pas agréables non plus) d'autant qu'il part mi-août chez les Weasley pour assister à la finale de la Coupe du Monde de Quidditch qui oppose l'Irlande à la Bulgarie. Il y retrouve aussi Hermione.
Le match est magnifique, bien que court, mais de sombres phénomènes se passent après et le Signe de la Mort apparaît dans le ciel. Il a été invoqué par la baguette magique d'Harry Potter qui l'a perdue alors que le camp était en proie à la panique à cause de la venue de sorciers (certainement des Mangemorts - anciens adeptes de Voldemort) qui maltraitent les Moldus et certains Sorciers.
La Quatrième année d'études commence dans un contexte tendu. Il n'y aura pas de matchs de Quidditch à Poudlard car un ancien Tournoi aura lieu: Le Tournoi des Trois Sorciers, qui voit s'opposer trois sorciers-champions de trois illustres écoles de sorcellerie. Poudlard en est l'hôte et accueille Durmstrang et Beauxbâtons. Aucun élève de moins de 17 ans ne peut combattre mais le nom d'Harry Potter sort de la Coupe de Feu, comme quatrième champion. Harry répète qu'il n'a pas tenté de mettre son nom dans la Coupe. En ce cas, qui l'a fait?
Ron manifeste ouvertement sa jalousie. Ils ne communiquent plus.
Harry demande de l'aide à son parrain Sirius Black, d'autant que sa cicatrice lui a à nouveau fait mal.
Heureusement Hermione le croit et le soutient.
Avec ce 4e tome, nous en apprenons encore davantage sur cet univers. On croise des dragons, des personnages mentionnés ou entrevus auparavant. C'est passionnant!
3/ Que vais-je lire ensuite?
Frère d'âme. David DIOP. Editions du Seuil, 16 août 2018
Présentation de l'éditeur:
Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne.
Né à Paris en 1966, David Diop a grandi au Sénégal. Il est actuellement maître de conférences à l’université de Pau.
Et sinon?