Gomorra – la série. Créée par Roberto SAVIANO – Depuis 2014

Publié le 25 Mai 2018

Gomorra, un titre qui ne laisse aucun doute quant à son sujet, contraction de Gomorrhe et Camorra, la mafia napolitaine.

 

Gomorra, c’est le titre du livre-enquête de Roberto Saviano (écrivain et journaliste italien), paru en 2006, et qui, depuis, vaut à son auteur de vivre sous protection policière permanente.

 

Après une adaptation en film, réalisé en 2008 par Mateo Garrone (CLIC), une pièce de théâtre en 2011, son enquête a pris la forme d’une série télévisée, à succès. Dont trois saisons ont été diffusées (en Italie), et la quatrième en cours d’écriture.

Gomorra

La Série

 

Créée par Roberto SAVIANO, Stefano BISES, Giovanni BIANCONI, Leonardo FASOLI, Ludovia RAMPOLDI.

Réalisée par Stefano SOLLIMA, Francesca COMENCINI, Claudio CUPELLINI

 

Diffusée depuis le 6 mai 2014en Italie – France, 2015

 

Avec Marco D’Amore (Ciro Di Marzio) ; Salvatore Esposito (Gennaro Savastano) ; Fortunato Cerlino (Don Pietro Savastano) ; Marco Palvetti (Salvatore Conte) ; Cristiana Dell’Anna (Patrizia Santoro) ; Fabio de Caro (Malammore)

Les lieux principaux restent les mêmes : les quartiers décrépis de Scampia (42000 habitants – CLIC) et Secondigliano (55000 habitants – CLIC), tous deux au nord de Naples.

Là, deux clans s’affrontent pour avoir la mainmise sur les différents trafics de drogue.

D’un côté, Salvatore Conte, de l’autre Pietro Savastano.

C’est chez ce dernier que le point de vue se centre, et surtout sur Ciro di Marzio, un trentenaire chargé de « l’éducation » du fils Savastano, Gennaro surnommé Genny, et en qui Pietro n’a aucune confiance ni estime, le jugeant trop faible.

 

Surnommé « l’Immortel », Ciro di Marzio est le préféré de Pietro Savastano mais les évènements vont précipiter la chute de ce dernier, qui va aller en prison, tandis que sa femme, Imma, va gérer le clan, reléguer Ciro dans un rôle subalterne et envoyer son fils (Genny) au Honduras pour qu’il s’endurcisse.

 

Ce voyage va le transformer, le rendre rebelle, l’affirmer.

A son retour, il maintient Ciro à l’écart, s’entoure d’une jeune garde sans foi ni loi qui sème le trouble et le sang.

Il se heurte à celle de Pietro, qui a pu s’évader.

 

Quant à Ciro, il va retourner sa veste plusieurs fois, devenir son propre chef en essayant d’instaurer « une paix » pour maximiser les profits de tous, mais les tensions, jalousies, trahisons auront raison de lui.

« Diviser pour mieux régner ».

A la fin de la deuxième saison, il est esseulé et a tout perdu.

J’ai vu les deux premières saisons (disponibles en DVD).

Et bien sûr, il existe plusieurs différences entre la série et le film, mais qui sont, in fine, complémentaires.

Si dans le film, on suivait cinq personnages, différemment englués dans le système camorriste, afin de nous montrer ses différentes ramifications et méthodes de fonctionnement, la série se centre quasi exclusivement sur le trafic de drogue : des pays producteurs (notamment Honduras) aux places de deal napolitaines. Avec quelques intrusions dans le politique, rendues possibles par l’argent généré avec la drogue.

 

Entre les deux, c’est tout le processus d’intrusion et de transformation de la cocaïne qui nous est dévoilé.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les trafiquants et dealers rivalisent d’ingéniosité pour l’acheminer : dans des voitures qui sortent d’usine, dans des ananas, dans des statues de la Madone…et pourtant ! Ils se réclament tous de Dieu, sont très pieux, se signent sans arrêt, ont des effigies et crucifix partout… et donnent même des conseils aux prêtres !

 

Si les quartiers de Scampia et Secondilgliano puent la misère, il n’en va pas de même de leurs appartements, quasiment tous décorés dans un style baroque et enluminé, marbré, lourdement chargés de tableaux, tapisseries, colonnes, tapis…

Le contraste est saisissant !

A l’inverse d’un film, une série permet de davantage se rapprocher des personnages, de creuser leurs caractères, motivations, passés. De fait, elle crée une sympathie, une empathie avec eux, ou l’inverse. Mais chacun nous marque, nous affecte, ne nous laisse pas indifférent.

 

Et ici, c’est particulièrement le cas avec Ciro, pour qui, bien involontairement on prend parti.

Une fois que l’on est « accroché », le scénario se charge de nous rappeler qui il est, et la teneur de ses activités : il est marié et père, mais surtout mafieux et tueur…

Les clans n’hésitent pas à éliminer les membres rivaux, ceux des leurs qu’ils soupçonnent de trahisons ou qui les entravent dans leur ascension, mais aussi les familles, amis, connaissances et ce, jusqu’aux enfants !

Une série très violente donc, mais terriblement crédible et réaliste.

Ce qui la rend, à mon sens, encore plus violente que Game Of Thrones, qui, même si elle s’inspire de l’ère médiévale, reste une fiction.

J’ai entendu autour de moi que c’est « une série géniale »… mais ce terme me dérange car ce qu’elle décrit est une réalité.

 

Elle est servie par une bande-son explosive, entraînante et addictive, avec du rap mais aussi de la variété, des chansons de « lovers »…

Et qui a fait des émules ! En Italie, en France (et ailleurs j’imagine), des rappeurs se sont rendus à Scampia et Secondigliano pour tourner leurs clips, utilisent ces noms ou les noms des personnages, s’en revendiquent - CLIC

 

Et se pose la question de l’exemple, des modèles négatifs glorifiés, de la "vocation".

En Italie, cette série a aussi ses adversaires, notamment des juges – CLIC – l’accusant aussi de ne montrer qu’un seul versant (obsolète qui plus est) des activités de la Mafia, en faisant l’impasse sur les luttes anti criminelles.

Ceci n’est pas sans rappeler le débat lancé par Juan Pablo Escobar, fils de narcotrafiquant, sur la série Netflix, Narcos - CLIC

Malgré tout cela, je l’avoue, j’ai hâte de voir la saison 3 (qui a battu des records d’audience en Italie)… et la/les suivante/s.

 

L'acteur qui incarne Genny, Salvatore Esposito, figure au casting de Taxi 5.

 

Avez-vous lu le livre, vu le film ou la série ? Tout ou rien ?

 

Cet article participe au « Mois italien » Chez Martine.

 

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Blandine

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Commenter cet article

Nathalie 26/05/2018 16:24

Rien. Je ne suis généralement pas "fan" des histoires de mafia... Exception faite des "vieux" films comme "Le parrain"...

Blandine 27/05/2018 09:30

;-)