Le vaste monde de la littérature jeunesse: description et prolongements

Le monde de la littérature jeunesse est d’autant plus important que la période concernée est grande : de 0 à 16 ans environ !!!

Les différences, les besoins, les envies, les notions abordées sont extrêmement variées !

Pour ce faire, il existe une multitude de supports : cartonnés, livres de bain, en mousse, en tissu, pour les plus petits et très colorés.

Puis des albums avec plus ou moins d’images et de textes.

De nombreux enseignants de primaire (surtout CP et CE1) préfèrent s’en servir plutôt que de manuels pour les apprentissages de la lecture et de l’écriture.

Il faut avouer que cela est moins rébarbatif, car la langue française est très complexe et aime cultiver les ambiguïtés !

Avec la maternelle, les petits découvrent les contes. Boucle d’Or et les Trois Ours, Roule Galette, Le Petit bonhomme de Pain d’épices, Le Petit Chaperon Rouge… Cette lecture des contes originaux (Perrault, Grimm, Andersen…) est très importante car fondement d’une grande partie de notre culture et un vecteur, ou regard, vers nos valeurs ou qui ont été celles de nos ancêtres. Cependant, en raison leur origine non dédiée aux jeunes oreilles, est étudiée au collège ,car ils sont souvent violents et très durs.

Cette lecture est aussi déterminante dans l’appréciation des futures lectures de nos bambins car de nombreuses allusions sont glissées ici ou là… Certains auteurs se sont même « spécialisés » dans le détournement de contes (Mario Ramos, Philippe Corentin, Geoffroy de Pennart…) En connaissant l’histoire originale, l’enfant est en mesure de distinguer le « vrai » du trait d’humour, et il peut ainsi en apprécier toute la portée et s’en amuser.

Certaines maisons d’édition proposent des versions « adaptées » de ces contes, changement du vocabulaire pour qu’il colle plus à notre époque, ou même dans le déroulement de l’histoire. Il convient donc de les lire avant achat afin d’éviter toute mauvaise surprise.

Dans un même ordre d’idée, les différentes comptines que nos enfants peuvent entendre ici ou là (maison, crèche, nounou, école), sont aussi présentes dans les livres, ou ont même des livres dédiés. Elles sont aussi importantes que les contes et font partie de notre culture orale. Certains auteurs se sont amusés à les détourner (ex Emile Jadoul).

Une même histoire peut faire partie de la culture populaire de différents pays. On le constate avec la période de Noël (Saint-Nicolas, la Befana, les Rois Mages, …).

Une fois que l’enfant connaît bien celle de notre pays, il est intéressant de la confronter avec d’autres, issues de cultures différentes, afin d’y déceler similitudes et variations. Ces contes reflètent les croyances, les craintes, les mythologies et l’histoire de leur pays.

Cette ouverture permet à l’enfant de partir à la rencontre de l’Autre et de le respecter dans son entier.

Plus l’enfant grandit, et plus les images se font rares pour laisser la place au texte.

Pour beaucoup, l’image est associée au « bébé » et pouvoir lire un livre sans images indique que l’on est grand et rend fier (pas que les enfants d’ailleurs !).

Pas de panique si votre enfant préfère un livre avec images, il a juste besoin de plus de temps.

Loin d’être « bébéisantes », les images servent le texte, vont de paire, ou au contraire racontent une deuxième histoire, en parallèle.

Les illustrations peuvent être diverses : dessin, peinture, par ordinateur, crayon, en couleurs ou non, faites à partir d’objets (boutons, feuilles d’arbres, papier), mêlant photographies, tableaux, et dessins…

Le texte peut être « écrit à la main » ou dactylographié, une multitude de polices existent…

Comme pour beaucoup de choses dans la vie, le premier élément qui nous interpelle est l’apparence. Pour un livre, c’est la même chose. Une image, une couverture nous interpellent et l’on va se diriger plus volontiers vers ce livre, plutôt que vers son voisin. Il arrive malheureusement que certaines illustrations desservent le livre, on ne le feuillette même pas ou à peine. Ou qu’elles rendent le livre difficile d’accès, comme par exemple les albums illustrés par le mouvement « dada ».

Cette appréciation est personnelle, il faut parfois la dépasser pour découvrir une petite perle. Sans compter qu’il en faut pour tous les goûts !

Dans un autre ordre d’idée, il est possible de trouver une même histoire, texte et images identiques, mais publiée sur deux supports différents, et qui vise deux publics ! C’est le cas, par exemple, des livres L’énorme crocodile de Roald Dahl et de Toucan Toublanc de David McKee. On trouve un album, avec de grandes images accompagnant le texte, et un livre en format poche (ici Folio benjamin).

Les enfants aiment la régularité et la répétition. C’est pourquoi, il existe de nombreuses collections avec un héros (T’choupi, Juliette, Franklin, Dora, Petit Ours Brun, Zou…) parfois issu du monde télévisuel. Ces livres sont importants pour l’enfant car ils abordent des notions, des sentiments, des situations auxquels les enfants peuvent être confrontés.

Que leur héros puisse vivre les mêmes choses qu’eux les rassure ! Si le héros passe à la télévision, ils peuvent en parler avec leurs camarades de classe ou d’école. Un lien se crée. Même individuelle, la lecture se partage !

Pour ceux que les livres rebutent, cela peut leur permettre de continuer l’aventure télévisuelle avec leur héros d’une autre manière.

Dans ce même genre d’idée, il y a « la lecture double », il existe de nombreux livres-cd, et des livres qui ne l’étaient pas auparavant apparaissent. L’enfant qui ne sait pas, qui peine à lire ou qui juge la lecture rébarbative peut tout de même avoir accès à ce monde. Les images du livre viennent en complément. L’enfant peut même s’endormir avec le cd du conte…C’est un pis-aller ou un prolongement de la lecture.

A partir d’un certain âge, au moment de la préadolescence, l’image ne figure plus que sur la couverture, parfois au début ou à la fin de chaque chapitre.

Pour ces lecteurs, d’autres genres de livres font leur apparition : des polars, de la science-fiction mais pas avant 15 ans car la frontière avec le réel est parfois trop ambigüe pour que des lecteurs plus jeunes la cernent correctement.

Des auteurs pour adultes écrivent pour ce public, tel Harlan Coben. D’autres naviguent entre les différents âges : Susie Morgenstern, Marie-Aude Murail…

Un livre, tel Le Petit Prince, d’Antoine de Saint-Exupéry, est souvent associé à l’enfant, pourtant il renferme plusieurs niveaux de lecture. Le lire à différents âges de la vie offre une (re)découverte à chaque fois !

La BD et le manga ne sont pas des « sous-lectures » sous prétexte de la dominance des images. Ces deux genres bénéficient de leur propre culture !

La littérature jeunesse se révèle être un vaste univers où tous les livres, quelque soit leur aspect, enseigne quelque chose à l’enfant, même si le message n’est pas dit de manière directe ou explicite.

Il importe de laisser l’enfant aller à son rythme, et de se déplacer entre les différents genres de livres.

Le monde de la littérature dite de jeunesse est souvent secoué par différents débats, dont notamment la précarité de ses auteurs et illustrateurs.

Non considération professionnelle, intellectuelle ou pécuniaire, leur statut est fragile et souvent indissociable d'une autre activité professionnelle plus ou moins éloignée de leur passion.

Si quelques éditeurs, trop rares, acceptent de payer décemment leurs auteurs jeunesse, dans l'écrasante majorité des cas, les maisons d'édition proposent des à-valoir dérisoires et des pourcentages ridicules, bien en-deçà de ceux de la littérature générale.

Un auteur jeunesse touche en moyenne 6 % sur le prix hors taxe du livre. Un auteur de littérature générale, de BD ou d'essai touche en moyenne 10 %. (Quand l'ouvrage est illustré, auteurs et illustrateurs doivent se partager ce pourcentage) Impossible de vivre et de créer dans ces conditions. Se consacrer à l’écriture ou à l’illustration, c'est mourir de faim. Pourtant, la littérature jeunesse est vivante, créative, ce n'est pas une sous-littérature et elle se vend bien. Les usages installés depuis longtemps peinent à être bousculés et pour négocier, les auteurs sont seuls face à des groupes éditoriaux importants. Lecteurs, acheteurs, amis du livre jeunesse… nous avons besoin de vous ! Signez pour montrer au monde de l'édition que vous tenez à vos auteurs. Signez pour que nous puissions créer des oeuvres belles et variées, où chacun peut trouver à lire et à s'épanouir !

Une pétition de soutien a été créée. pour la signer; c'est ICI!

S'ajoute également une réforme à l'échelle européenne des droits d'auteurs. Pour lire le PDF consacré sur le site auteurs en danger, c'est LA!

Je souhaite ici vous faire partager ces questionnements, remises en question, rôles aussi. L'écrivain pour la jeunesse endosse-t-il un rôle à l'égard de son public? Aurait-il plus de responsabilités qu'un écrivain pour l'adulte?

Je pense que oui, jusqu'à un certain point bien sûr. Car de nombreux ouvrages véhiculent de justes valeurs telles le respect de LA différence, l'estime de soi...

Bien sûr, le livre une fois dans les mains de son lecteur peut être interprété, détourné, salvateur...

Rédigé par Blandine

Publié dans #Autres, #pouvoir de la lecture

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