Dans la toile du passé. Anouk BLOCH-HENRY – 2018 (Dès 11 ans)

Publié le 21 Août 2020

Dans la toile du passé

 

Anouk BLOCH-HENRY

 

Oskar Editeur, octobre 2018

88 pages

 

Thèmes: Famille ; Secrets ; Transmission ; Mémoire ; Histoire ; Deuxième Guerre Mondiale

 

 

Ana est en vacances chez ses grands-parents, affectueusement nommés Jep et Jem.

Malheureusement, son grand-père fait une crise cardiaque et est hospitalisé.

 

Ana ne s'alimente plus, elle n'arrive plus à manger.

Le médecin détecte en son ventre des toiles d'araignée qui s'étendent malgré le traitement, et la voilà elle aussi à l’hôpital.

Pour lutter contre elles, Ana va de questions en questions, se remémore des mots et des attitudes de son grand-père qui aime user de jeux de mots et de poésie.

Et, surtout, elle va devoir faire face à la Mort comme au passé de son grand-père et à celui de sa famille, une histoire dans la tourmente de l'Histoire.

- Pourquoi je ne peux pas la voir, la Mort, moi ? Ce n'est pas juste, dit-elle.

- On ne peut la voir que si elle vous a déjà regardé en face, dit Jep. On se connaît bien, elle et moi, c'est une vieille histoire !

- Comment ? Tu l'avais déjà vue avant ? s'étonna Ana.

- La première fois que je l'ai vue, j'avais ton âge, dit Jep.

Par le biais d'une narration imagée faite de métaphores, d'onirismes et d’un brin de fantastique, Anouk Bloch-Henry nous parle du fracas de l'Histoire sur les familles, des secrets terribles qu'Elle engendre et qui se manifestent dans les rêves, qui se transmettent, insidieusement, gangrenant les générations qui suivent.

 

Je suis persuadée de la réalité de cette transmission transgénérationnelle des traumatismes (de l'enfance) et des blessures de l'âme, qui est appelée épigénétique (car elle s’inscrit dans les gènes) et qui peut parfois se résoudre grâce au décodage génétique.

 

Pour écrire ce court mais percutant roman, elle s'est aidée de l'ouvrage de Serge Tisseron, "Secrets de famille" (dans ma PAL depuis longtemps mais que je n'ai pas encore osé lire !).

 

Cependant, de par sa forme, il est possible qu’il ne « parle » pas à tous ses lecteurs.

Le problème, c'est que si les souvenirs ne sortent jamais au grand jour, ils ne vieillissent pas... et donc, ils ne peuvent pas mourir ! Alors que font-ils quand décède la personne qui en est la gardienne ? Eh bien, ils migrent ! Ils vont ailleurs ! C'est ainsi que le souvenir de Jep a semé une graine dans ta tête...

Au-delà, elle nous livre une approche bienveillante de la Mort qui libère et un récit d’identité, avec la fin de l’enfance et des questions qui commencent à poindre, comme par le biais du prénom, de l’histoire de son prénom.

Beaucoup de questions sont lancées, et pas toutes ont leur réponse. Ana a encore des découvertes à faire, que nous ne pouvons qu’imaginer.

 

Comme de nous demander ce qu’il en est de nous.

Ce roman sensible participe au "Petit Bac 2020" d'Enna pour ma 9e ligne, catégorie Objet; ainsi qu'à l'Objectif PAL d'Antigone.

 

 

 

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine

 

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Antigone 28/08/2020 14:39

Un roman qui semble étrange mais tu sembles conquise alors pourquoi pas !

Blandine 31/08/2020 00:11

Je t'y encourage!
Étrange car onirique mais j'ai vraiment aimé la métaphore... Et je n'ai pas voulu trop en dire pour ne pas la dévoiler, ça aurait été dommage...