Les baleines préfèrent le chocolat. Marie COLOT – 2015 (Dès 12 ans)

Publié le 11 Juillet 2020

Les baleines préfèrent le chocolat

 

Marie COLOT

 

Editions Alice Jeunesse, 23 avril 2015

128 pages

 

Dès 12 ans

 

Thèmes : Grossophobie, Amitié, Harcèlement, estime de soi

Avec son rire gras et son joli visage rond, ce qui m’insupportait le plus, c’était son éternel sourire. Miss Calories n’avait pas l’air heureux, elle l’était vraiment. C’est un défaut XXL. Tous les crétins du Sacré-Cœur de Sainte-Marie de la Providence ont un précieux point commun : une vie sinistre d’enfants gâtés avec parents séparés, père absent ou mère dépressive.

L’arrivée d’Angelina Bombardini dans son nouveau collège est à sa mesure : aussi tonitruante, déconcertante qu’improbable.

Il est vrai que cet excès de kilos, cette bonne humeur permanente, ce rose pétillant, cet optimisme constant, cette famille unie et cette abondance de chocolats, confiseries et bons petits plats, dénotent complètement et la rendent parfaitement insupportable comme atrocement attrayante.

 

C’est qu’elle sait y faire, Angelina Bombardini, bientôt baptisée par ses chers camarades et avec son aval, Burger.

Avec ses bourrelets de graisse et les bonbons généreusement engloutis et partagés, Burger a eu vite fait de conquérir l’amitié et le cœur de la plupart d’entre eux.

Notamment d’Iris et de sa bande. Et particulièrement de Lucien, surnommé Luciole.

Il n’avait pas tort. À force de se moquer de son gabarit, on ne s’était pas aperçus à quel point elle était jolie. Burger avait de longs cheveux bouclés et scintillants, des yeux bruns rieurs, un petit nez parfait et des lèvres en cœur.

Malgré tout, on a continué à la traiter de grosse parce que c’était la vérité. la fameuse qui sort de la bouche des enfants. Dans la nôtre, désormais, c’était un mot doux. Presque un compliment.

Burger représente un changement de taille dans leurs vies bien étriquées, aux emplois du temps formatés, beaucoup trop millimétrés et aux situations familiales vides ou désespérantes que le trop plein d'argent ne peut améliorer.

Avec elle, chaque jour est fête et improvisation, joies et distractions.

 

En son cœur : un secret. Son idole, Marylin Monroe. Aux yeux d’Angelina, nombreuses sont les coïncidences, significatives sont les dates ou situations qui tombent le même jour que des évènements vécus par la Star. Et cela lui permet d’avancer.

 

Car Burger a beau être forte et optimiste, nous savons qu’il est des choses qui l'atteignent. Forcément. Les kilos en trop sont autant hymne à la vie que dissimilation des fêlures, et une protection.

Cela me plaisait d’être grosse.
(…) Moi, on ne m’oubliait pas.
(…) Sans kilo en trop, on ne me traitera plus de mètre cube, mais on m’embêtera avec autre chose. Et ça me fatigue à l’avance de devoir hercher de nouvelles répliques.

Une seule chose atteint Angelina: les cours de natation avec Mme Crespin qui n'a de cesse de la houspiller. Car elle a beau faire, essayer, tenter, pendant et hors les cours, nager, elle n'y arrive pas.

 

***

 

Page après page, chapitre après chapitre, partie après partie, voix après voix, on devine, on pressent que quelque chose de terrible est arrivé.

Pour nous le restituer, Marie Colot a opté pour une narration au passé, par la voix de Burger, par les voix de ses amis et non amis, qui nous reconstituent les évènements, depuis son arrivée jusqu’au drame, puis avec ce qui s’en est suivi.

 

En les faisant parler tour à tour, Marie Colot nous place réellement au plus près d’eux et de leurs sentiments contraires et en évolution, entre amitié, secrets, remords, espoir.

Et nous malmène, nous, lecteurs, émotionnellement.

 

On observe, intrigués…

On redoute, oppressés…

On attend, impuissants…

On ressort, apaisés…

 

Les baleines préfèrent le chocolat (un titre et une couverture que j’aime baucoup) est un roman d’apprentissage sur la grossophobie, les préjugés, le harcèlement, la différence sociale, l'amitié, la confiance en soi et la quête de soi, l'amour, la persévérance.

Il nous incite à faire la différence entre le paraître et l'être, à aller au-delà des apparences, et à questionner ce que l’autre suscite en nous comme réactions.

 

Coup au cœur, coup de cœur.

Merci à Marie Colot pour sa confiance ainsi qu’aux Editions Alice Jeunesse!

De Marie Colot, retrouvez sur le blog:

 

Ce roman participe au "Petit Bac 2020" d'Enna, pour ma 7e ligne, catégorie Couleur.

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine

 

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