Langue de vipère. Marie COLOT et Julie STABOSZEVSKI – 2019 (Dès 8 ans)

Publié le 21 Mai 2020

Langue de vipère

 

Texte de Marie COLOT

Illustrations de Julie STABOSZEVSKI

 

Éditions Alice Jeunesse, collection "Primo", mai 2019

70 pages

 

Dès 8 ans

 

Thèmes : Différences, harcèlement, Pauvreté, Identité

Hier, Langue de Vipère s'est encore moquée de moi, Tout ça parce que mon cartable est un sac en plastique.

Trois semaines que Nanoch, 10 ans, est arrivé dans cette école et autant de temps qu'il subit quotidiennement les moqueries et provocations d'Edée.

Tout est sujet à méchanceté et chacun de ses mots souligne sa différence et sa pauvreté.

Les autres ne disent rien, trop heureux qu'elle s'en prenne enfin à quelqu'un d'autre.

 

Pourtant, elle aussi est différente et vient d'ailleurs. Mais elle s'en sert pour se valoriser et accentuer la crainte que tous ont d'elle, renforcée par son apparence.

Si on y regarde de plus près, c'est elle qui est dégoûtante, Ses bras sont tout couverts de croûtes pareilles à des écailles de boa.

Nanoch est sûr qu'elle ment mais il n'arrive pas à exprimer les réparties cinglantes qui se heurtent dans sa tête.

La vantardise d'Edée lui donne une idée qui, pour la mettre en œuvre, a besoin d’emprunter le plus bel objet que sa mère possède et qui se passe de génération en génération.

Nonna désapprouverait, c'est certain, mais Nanoch ne peut, ne veut plus subir.

 

Sa vengeance fonctionne mais l'objet est cassé.

Nanoch s'enfonce dans les mensonges, il perçoit la déception de ses parents, sa conscience (représentée par sa Nonna) le tiraille.

 

Mais tout ceci n'aura pas été vain.

 

***

 

Avec une grande délicatesse descriptive, Marie Colot nous parle de la dureté des rapports entre enfants, de leur quête d'identité et d'appartenance à un groupe, comme des conditions de vie de certains. Loin de susciter l'empathie, elles peuvent provoquer moqueries et isolement.

Pourtant Edée n'en est pas plus heureuse et n'est pas plus intégrée que Nanoch qu'elle conspue sans cesse. Illusion de pouvoir.

 

Les dessins très colorés de Julie Staboszevski apportent de la rondeur et de la douceur à la situation que vit Nanoch. Seule Nonna, la grand-mère pleine de sagesse, est représentée dans un gris bleuté évanescent.

 

Langue de vipère est un roman qui parle avec justesse de différences, de pauvreté, d'intimidation mais aussi de générosité, d'ouverture à l'autre malgré ses peurs ou préjugés, pour se découvrir des amitiés.

Ce roman participe au « Petit Bac 2020 » d'Enna, pour ma 7e ligne, catégorie Animal ; ainsi qu'à l'Objectif PAL d'Antigone.

 

 

 

 

 

 

Sur le blog, retrouvez Deux secondes en moins, un roman ado co-écrit avec Nancy Guilbert, ainsi qu'une interview des deux autrices (CLIC)

 

Belles lectures et découvertes !

Blandine

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Commenter cet article

Antigone 30/05/2020 11:10

Un petit roman jeunesse bien utile j'imagine quand on est confronté à ça chez ses enfants !

Blandine 31/05/2020 16:26

J'aime beaucoup ce genre de romans!