En attendant Bojangles. Olivier BOURDEAUT - 2017

Publié le 25 Mars 2018

En attendant Bojangles

 

Olivier BOURDEAUT

Editions Gallimard, collection "Folio", août 2017

176 pages

 

Thèmes : Famille, Amour, Maladie, Enfance, Polyphonie

 

Lecture commune avec Itzamna.

 

A Noël 2017, alors que j’offrais ce roman, sans l’avoir lu mais en ayant aimé les différents avis, je le recevais en cadeau (Merci ! <3).

Quelle belle coïncidence ! J’aime !

Certains ne deviennent jamais fous…
Leurs vies doivent être bien ennuyeuses.

Ceci est mon histoire vraie, avec des mensonges à l’endroit,
à l’envers,
parce que la vie c’est souvent comme ça.

Incipit

Par un texte en rimes, poétique et métaphorique, Olivier Bourdeault nous plonge dans une histoire racontée au-travers les yeux d’un enfant, d’un fils, devenu adulte. Récit entrecoupé par l’insertion de passages tirés des carnets de son père.

 

Ce roman, c’est d’abord le portrait d’une femme, d’un couple, puis d’une famille.

Une femme-enfant, lumineuse, solaire, qui arrive à transformer le morne quotidien en une poésie, une fête, n’importe quelle conversation en un échange audacieux bourré de références culturelles, de réparties, et qui a adopté comme animal de compagnie une grue ramenée d’Afrique, nommée Mademoiselle Superfétatoire.

Chaque jour, son mari, en totale admiration devant elle, lui donne un nouveau prénom, comme une réinvention de leur couple, de leur amour, de leur vie.

 

Leur amour est inconditionnel, fou, magique.

Chaque jour, chaque nuit sont des fêtes.

Propices à danser, à déguster des cocktails avec olive, à recevoir (notamment « l’Ordure »), à rire, à écouter et à vivre même Mr Bojangles de Nina Simone.

Maman me racontait souvent l’histoire de Mister Bojangles. Son histoire était comme sa musique : belle, dansante et mélancolique.

Jamais je ne les avais vus danser comme ça, ça ressemblait à une première danse, à une dernière aussi. C’était une prière de mouvements, c’était le début et la fin en même temps. Ils dansaient à en perdre le souffle, tandis que moi je retenais le mien pour ne rien rater, ne rien oublier et me souvenir de tous ces gestes fous. Ils avaient mis toute leur vie dans cette danse, et ça, la foule l’avait très bien compris, alors les gens applaudissaient comme jamais, parce que pour des étrangers ils dansaient aussi bien qu’eux. C’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’ils saluèrent la foule, les applaudissements résonnaient dans toute la vallée rien que pour mes parents, et moi j’avais recommencé à respirer, j’étais heureux pour eux, et épuisé comme eux.

Et chaque jour leur fils est admiratif, en perpétuel émerveillement.

Mais tiraillé aussi.

Entre l’extérieur et la maison, notamment à l’école, endroit où le mensonge et la vérité ne semblent pas être en bonne place. Ce seront finalement ses parents qui se chargeront, à leur manière, de faire son instruction.

 

Avec ses mots et sa compréhension, ce fils nous décrit son enfance (dans les années 1970) originale, décalée, protégée de la dureté du monde et des adultes par un voile d’anticonformisme, d’insouciance, de folie, … trop vite déchiré.

 

La famille vit dans une irréalité, dans une insouciance inconsciente, dont on se doute, nous lecteurs, qu’elle ne peut durer éternellement. Même échappés dans leur château en Espagne.

On le devine par ces détails disséminés ça et là, partie intégrante du décor de fête mais qui l’enrayent chaque jour davantage.

Et il y a ces passages signés par le père, écartelé entre l’amour pour sa femme, son espoir et la terne réalité.

D'elle, mon père disait qu'elle tutoyait les étoiles, ce qui me semblait étrange car elle vouvoyait tout le monde, y compris moi.

Sourires et larmes, jeux de mots, humour et poésie sont entremêlés dans ce récit poignant mais si BEAU.

Et malgré sa fin, ce n’est pas avec un sentiment de tristesse que j’ai refermé ce (premier) roman, mais bien avec un sourire diffus empreint de douce et tendre mélancolie.

 

 

Son succès, mérité, a été tel qu’il a déjà été adapté en BD par Ingrid Chabbert et Carle Maurel, ainsi qu’au théâtre.

 

 

 

 

 

 

 

 

Si la couverture du roman folio est plutôt réussie, j’avoue nettement préférer celle du « grand format », notamment pour son délicieux côté vintage.

 

Qu’en a pensé Itzamna ? Allons lire son article!

Sur Nina Simone, découvrez ce très bel album signé Alice Brière-Haquet et Bruno Liance: Nina.

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine

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Commenter cet article

Nancy 31/03/2018 15:48

Très heureuse qu'il vous ait plu <3
Il m'a bouleversée et la chanson de Nina Simone complète merveilleusement votre chronique !
Beau week-end, Blandine !

Mo 28/03/2018 21:15

Impossible de lâcher ce roman une fois commencé. J'avais bien aimé cet univers à la fois excentrique et douloureux !!

Blandine 28/03/2018 21:41

C'est exactement cela! Et tu as trouvé les mots justes: excentrique et douloureux.

Itzamna 25/03/2018 21:28

Une belle lecture : contente de l'avoir déterrée de ma PAL et d'avoir partagé cette LC avec toi.

Blandine 27/03/2018 15:51

Oh oui moi aussi! Au plaisir d'en faire une autre avec toi!

Valérie 25/03/2018 20:36

Je pensais ne pas aimer et puis, je me suis laissée prendre par cette belle histoire d'amour.

Blandine 27/03/2018 15:51

A ton inverse, j'étais sûre d'aimer, mais si je trouve le roman magnifique (surtout sous cette forme narrative), je n'ai pas eu le coup de coeur. Peut-être à cause de sa fin douce-amère...

Nathalie 25/03/2018 19:25

Toujours pas lu, mais c'est prévu, un jour où l'autre, quand je mettrais la main dessus... Je pense qu'il me plaira et que j'aurai envie de le faire voyager au sein de la famille. Merci pour le lien vers la si belle chanson de Nina Simone (que j'adore !)

Blandine 27/03/2018 15:50

Je comprends ton engouement... Elle passe en boucle!
Je te souhaite de pouvoir lire ce livre :-)