Simetierre. Stephen KING – 1985

Publié le 13 Octobre 2017

Simetierre

 

Stephen KING

Éditions J'ai Lu, collection "Epouvante", 1985

576 pages

 

Thèmes : La Mort, L’au-delà, le Bien/Le Mal, la famille, l’amitié, fantastique, horreur, fatalité

 

Simetierre est le deuxième roman de Stephen King que j’ai lu, ado, après Carrie.

Il m’avait alors beaucoup marquée et je l’ai relu l’an dernier pour le Challenge Halloween, mais sans finaliser mon article, ce que je fais donc pour ce vendredi 13 !

 

 

La famille Creed est partie de Chicago pour venir s'installer à Ludlow, dans le Maine, car le père, Louis, vient de décrocher un poste comme chef de l'unité de soins dans l'université du coin, à Oronto.

Avec lui, sa femme Rachel, leur fille Ellie, le Bébé Gage, et le chat d’Ellie, Winston Churchill, dit Church.

Leur nouvelle maison est belle et grande, leur voisinage agréable. Et tout spécialement Jud et Norma Crandall, le couple âgé de l'autre côté de la route (et non rue!) sur laquelle les camions roulent très/trop vite.

 

La propriété des Creed est gigantesque et Jud se propose de leur en faire visiter les confins.

C’est ainsi qu’ils arrivent à l’orée d’un bois, jouxtant le territoire des Indiens MicMacs, où se trouve un bien étrange cimetière. Et sur la pancarte duquel est malhabilement écrit Simetièrre.

Le périmètre de gazon était couvert de petits monuments funéraires visiblement édifiés par des enfants à l’aide d matériaux récupérés au petit bonheur (…(. Mais ces stèles de fortune maladroitement dressées au milieu d’un cercle de buissons mesquins qui disputaient à quelques arbustes rabougris de pauvres restes d’espace et de lumière étaient disposés avec une symétrie que leur modestie même faisait paraître plus remarquables encore. Et, en guise de toile de fond, il y avait cette vaste forêt qui conférait à l’endroit une teinte absurdement mystique, plus propre à évoquer de très anciennes coutumes païennes que les rites de la chrétienté.

Là sont enterrés tous les animaux de compagnie des enfants du coin depuis des générations. Jud y a d’ailleurs enterré son chien Spot, il y a si longtemps déjà...

 

Mais la conversation sur la Mort heurte tant la fille de Louis, Ellie, que sa femme Rachel lui interdit d’aborder à nouveau le sujet. Y étant elle-même sensible depuis le décès (violent) de sa sœur Zelda, lorsqu’elle était fillette.

-Je ne veux plus qu’on parle de ça devant Ellie. Je suis sérieuse, Lou. La mort, ça n’a rien d naturel. Rien !
C’est cela que tu devrais savoir en tant que médecin.

L'été et se passe et vient la rentrée et donc le premier jour de travail pour Louis. 

Mais il se déroule au-delà de ses pires craintes.

Un jeune étudiant est amené en état de mort cérébrale, le corps déformé, la boîte crânienne ouverte. Et le pire est que cet adolescent lui parle, vient le chercher dans la nuit pour le conduire au Simetièrre et le conjure de ne pas franchir une limite marquée par des arbres couchés.

 

Mais un jour, le chat d'Ellie, Church, se fait écraser sur cette route (comme tant d'autres avant lui) alors que Lou est seul pour le week-end à la maison.

Pour l’aider, Jud lui parle d’une possibilité…

Aller enterrer l'animal dans le Simetièrre, mais dans le vrai.

Il s’agit d’un endroit secret, situé au-delà de celui qu'ils ont déjà vu en famille il y a plusieurs mois, au-delà de la

Docilement et en confiance, Louis s’exécute et suit Jud dans ce périple terrifiant, au cœur de la nuit, parmi les ombres menaçantes, les odeurs désagréables, les sifflements et cris glaçants.

 

Le lendemain, Church réapparaît, presque normal.

Presque…

Il est … différent.

Son pelage est sale, il dégage une odeur de terre et son regard est spécial.

Ellie le ressent et s’en détache peu à peu.

 

Un secret angoissant, oppressant et inavouable lie désormais les deux hommes, menés bien contre leur volonté par le Mal ? Des esprits malfaisants ? Le Wendigo ?

 

Les épreuves des Creed, et surtout de Lou, sont loin d’être terminées. Bien malgré lui, et surtout malgré toute son impression de contrôle.

Les conflits, les révélations sur les êtres et les gens, les morts violentes s’enchaînent…

Il n’y a plus d’espoir.

 

Même si je me suis assez vite doutée de la tournure des évènements et de la manipulation ténébreuse exercée sur le personnage principal, Lou Creed, j’ai adoré relire ce roman.

J’ai eu le sentiment qu’il me faisait moins froid dans le dos que lors de ma première lecture.

Mais ça, c’était avant les quarante dernières pages !!

Je les ai lues à la fois avidement et à reculons, d’une manière haletante et craintive.

Et une fois finies, une intense impression de fatalité.

 

Au-delà de l'histoire fantastique, surnaturelle et oppressante que Stephen King nous relate, se trouve une réflexion très intéressante autour de la Mort et du rapport que nous entretenons avec Elle. Et qui varie selon notre âge, génération, expérience de vie, situation personnelle et/ou professionnelle…

-… mais il vaut peut-être mieux se rappeler qu’elle existe, parce qu’au jour d’aujourd’hui… je ne sais pas, mais… on dirait que plus personne ne veut en entendre parler, ni même seulement y penser. Ils ont banni la mort de la télé sous prétexte que c’est un spectacle malsain pour les enfants, qui risquerait de leur pervertir l’esprit. Et puis maintenant les gens veulent des cercueils fermés pour ne plus contempler les dépouilles mortelles de leurs défunts… on dirait qu’ils veulent l’oublier la mort, voilà.
(…)
-On est d’une autre époque, nous autres, reprit Jud d’un ton où perçait presque comme de la gêne.
D’une époque on où vivait dans la proximité quotidienne de la mort. Nous avons vu la grande épidémie de grippe espagnole aussitôt après la guerre de quatorze ; il était courant alors que les femmes meurent en couches, et les enfants succombaient à des infections ou à des fièvres que les médecins d’à présent savent faire disparaître d’un coup de baguette magique.

Le récit se pare aussi de quelques références littéraires, et notamment du Magicien d’Oz (ce qui me donne envie de le relire aussi !).

Deux films ont été réalisés en 1989 et 1992 (Simetierre 2), mais en aucune façon, je ne souhaite les voir!

 

Ce roman participe au Challenge Halloween 2017 de Lou & Hilde , à mon « Challenge des Re 2017 », ainsi qu' au « Petit Bac 2017 » d’Enna, pour ma 6e ligne, catégorie Mort.

 

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

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Nathalie 13/10/2017 22:02

Ceci dit... J'adore Stephen King !! Il est super doué pour me f... la trouille !!!

Nathalie 13/10/2017 22:01

Ha ha ha !! Comment ça tu ne veux pas voir les films ??? Petite joueuse !! (Bon ok, moi je n'ai vu que le 1 et j'ai bien flippé...)

Blandine 14/10/2017 10:30

J'assume totalement, je suis une flippée! Les mots ok, les images, non!

FondantGrignote 13/10/2017 19:33

je l'ai lu, ado, et il m'a marquée !! :-)

Blandine 14/10/2017 10:30

tout comme moi ;-)

rachel 13/10/2017 17:07

il est tout bon King...mais trop horrible pour moi...c'est un maitre de cet art....;)

rachel 14/10/2017 13:15

d'apres ce que j'ai pu lire...cela reste toujours bien, bon....;)

Blandine 14/10/2017 10:30

oh que oui! mais je suis restée sur les anciens... je ne sais pas comment sont les nouveaux!

Nancy 13/10/2017 16:08

Je n'ai jamais lu ce roman et je ne suis pas certaine de vouloir le lire malgré votre chouette chronique ;-)
Shining et Misery m'ont largement suffi ^^
Belle journée Blandine !

Blandine 14/10/2017 10:32

Je comprends ;-)
J'ai lu Carrie, Misery, Dead zone (sue je n'ai pas pu finir) et des nouvelles - pour autant que je m'en souvienne...
Pourtant j'en ai d'autres dans ma PAL...
Belle journée à vous :-)