Wish-list de la Rentrée Littéraire 2017

Publié le 1 Août 2017

La Rentrée Littéraire se profile... Les sites d'éditeurs, les médias littéraires ou les blogs transmettent leurs chouchous parmi les 581 titres dans les startings-blocks...

De mon côté, je les découvre grâce au numéro d'été du magazine Lire. 

Et à la (très bonne) sélection de Plume de Cajou (elle en a déjà recensé 58) ainsi  qu'avec la liste des 35 romans en lice pour le Prix Fnac 2017 (Je vous avais présenté celui de 2016 ICI) et la liste de Babelio qui en a recensé 43 (CLIC). Heureusement, plusieurs titres s'y retrouvent!

Sans plus attendre, voici ma sélection, non exhaustive et sans ordre de préférence.

Nuit persane. Maxime ABOLGASSEMI. Editions ARICK BONNIER. 24 août 2017  

Premier roman

 

Résumé : - Mathieu, as-tu respiré une fois, une seule fois, le parfum d’une fleur dans un jardin de ce pays ? me demande Leyli.

Non, Mathieu n’aura pas le temps de humer les roses de Chiraz.

Arrivé à Téhéran en 1976, il y découvre d'abord le Lycée Râzi qui lui offre le cadre rassurant d'un établissement français pour expatriés, tandis que son père est en charge du nucléaire iranien. Le Chah fait alors la une des magazines parisiens, son pays est le meilleur allié de l'Occident dans la région.

Puis, très vite, un autre Iran se révèle à Mathieu. Tombé amoureux fou de Leyli, il est happé par une Révolution totalement inédite qui allait radicalement changer le monde, et qui le dresse contre son père.

Avec Nuit persane son premier roman, Maxime Abolgassemi nous offre une œuvre ample et somptueuse, en laquelle se conjuguent les enchantements et les maléfices de l’Histoire. Et c’est un pan oublié de notre passé récent qu’il nous fait redécouvrir.

 

 

Pourquoi? Pour découvrir une nouvelle écriture qui est aussi un premier roman, un pays (l'Iran) et parce que le titre me plaît comme la couverture du livre.

Neverland. Timothée de FOMBELLE. Editions de L'Iconoclaste, 30 août 2017

Premier roman

 

Résumé : Neverland est l’histoire d’un voyage au pays perdu de l’enfance, celui que nous portons tous en nous. À la fois livre d’aventure et livre-mémoire, il ressuscite nos souvenirs enfouis.

Après son immense succès en littérature jeunesse (Tobie LolnessVangoLe livre de Perle), Timothée de Fombelle signe son premier livre pour adultes.

« Je suis parti un matin en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. Je voulais la mettre en lumière, la regarder, pouvoir en faire le tour. Je l’avais toujours sentie battre en moi, elle ne m’avait jamais quitté. »

 

Pourquoi? Pour le titre, pour la référence (implicite?) à Peter Pan, pour notre part d'enfance à tous, cachée ou non.

Les Bourgeois. Alice FERNEY. Editions Actes Sud, 16 août 2017

 

Résumé : Ils sont Bourgeois de père en fils parce que c'est (aussi) leur patronyme. De la Première Guerre mondiale à nos jours, Alice Ferney explore les destinées des enfants de cette famille catholique, patriote et conservatrice. Ils partagent des valeurs, le sens du devoir, ont fait carrière dans l'armée ou dans la marine, se sont voués aux affaires, à la médecine, au barreau... – acteurs de l'histoire nationale et de la légende de leur lignée. Par leur entremise, Alice Ferney revisite les grandes ou déshonorantes heures de notre passé : tout un siècle français passé au tamis du roman familial.

Pourquoi? Parce qu'il est fait mention de la Première Guerre mondiale, parce que j'aime les romans qui explore la famille et les transmissions intergénérationnelles.

Les complicités involontaires. Nathalie BAUER. Editions Philippe Rey, 24 août 2017

 

Résumé : Par un jour d’avril, Corinne V., psychiatre, reçoit dans son cabinet une quinquagénaire, Zoé B., désireuse d’entreprendre une analyse. Reconnaissant en elle une ancienne amie, elle s’apprête à l’adresser à un confrère, quand Zoé lui révèle qu’elle souffre d’une amnésie ayant effacé ses souvenirs de jeunesse. Et qu’elle est atteinte depuis toujours d’une « mélancolie » dont la cause, elle en est persuadée, réside dans la mystérieuse histoire de sa famille paternelle – histoire dont son père ne lui a transmis qu’une infime partie. La curiosité est la plus forte : enfreignant les règles de sa profession, Corinne décide d’ignorer leur lointaine et brève amitié, et accède à la demande de Zoé. Elle ne peut imaginer les conséquences qu’une telle résolution aura sur leurs existences respectives. Car, tandis que l’analysante déroule son « enquête » en assemblant, telles les pièces d’un puzzle, les quelques éléments dont elle dispose – bribes de vieilles conversations, documents et photos –, l’analyste se voit confrontée, par un plongeon dans le passé, à un jeu de miroirs pour le moins inattendu. Dans ce roman de la transgression, Nathalie Bauer raconte l’odyssée d’une famille ballottée par le chaos de l’histoire du XXe siècle, la recherche obsédante d’une femme qui en subit les soubresauts, et explore les multiples complicités qui unissent les êtres à leur insu pour mieux se jouer de leur destin.

Pourquoi? Les romans sur la famille et ses (non)transmissions m'attirent toujours irrémédiablement.

La maison des Turner. Angela FLOURNOY. Editions Les Escales, 30 août 2017

Premier roman

 

Résumé : Cela fait plus de cinquante ans que la famille Turner habite Yarrow Street, rue paisible d'un quartier pauvre de Detroit. La maison a vu la naissance des treize enfants et d'une foule de petits-enfants, mais aussi la déchéance de la ville et la mort du père. Quand Viola, la matriarche, tombe malade, les enfants Turner reviennent pour décider du sort de la maison qui n'a désormais plus aucune valeur, la crise des subprimes étant passée par là. Garder la maison pour ne pas oublier le passé ou la vendre et aller de l'avant ? Face à ce choix, tous les Turner, de Cha-Cha, le grand frère et désormais chef de famille, à Lelah, la petite dernière, se réunissent. Et s'il fallait chercher dans les secrets et la mythologie familiale pour trouver la clef de l'avenir des Turner et de leur maison ? « A lire absolument ! Un roman aussi drôle qu'émouvant. » (Booklist). « Un premier roman d'une la maturité exceptionnelle. Un roman fort et mémorable. Flournoy nous plonge au coeur de la famille Turner qu'on a l'impression de connaître encore mieux que notre propre famille. » (The New York Times Review of Books). « Le premier roman épatant d'Angela Flournoy renouvelle le genre du « grand roman américain », il traite de tous les thèmes chers au pays : la famille, les maisons, l'argent, les fantômes et le deuil » (NPR).

 

Pourquoi? Pour le côté "Mémoire des murs" (j'emprunte cette métaphore à Tatiana de Rosnay) en lequel je crois.

Hillbilly Elégie. J.D. VANCE. Editions Globe, 06 septembre 2017

 

Résumé : Comment l’Amérique digne, ouvrière et démocrate est-elle devenue pauvre, républicaine et pleine de rancune ? Comment peut-on avoir du travail et ne pas manger à sa faim dans le pays le plus riche du monde ? J.D. Vance raconte son enfance et son adolescence chez les white trash, rednecks ou encore hillbillies, ces « petits Blancs » du Midwest que l’on dit xénophobes et qui ont voté pour Donald Trump. Roman autobiographique, roman du transfuge de classe, Hillbilly Elégie nous emmène à Middletown, Ohio, où l’auteur a grandi, et à Jackson, Kentucky, le berceau de sa famille. J.D Vance raconte sa mère toxicomane, les innombrables figures paternelles, la fermeture des usines, la peur du déclin, et la méfiance absolue envers les élites de cette classe encore mal identifiée dans les sondages mais bien réelle.

 

Pourquoi? Parce que c'est intéressant, contemporain, parce que ça fait déjà partie de l'Histoire, parce que ça donne l'impression qu'Elle se reproduit et qu'aucune leçon n'est retenue. Parce qu'aussi, en parallèle, je lis le magazine America (non le "Mook"), lancé par François Busnel et Eric Fottorino, qui veut se faire l'écho de cette Amérique vibrante, multiple, qu'elle ait voté pour ou contre Trump: interview d'auteurs, nouvelles, reportages, documents le jalonnent. 

Une histoire des loups. Emily FRIDLUND. Editions Gallmeister, 17 août 2017  

Premier roman

 

Résumé : Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu'il soit trop tard. Troublant et poétique, best-seller dès sa parution aux États-Unis, ce premier roman a été acclamé par la critique

 

 

Pourquoi? Ici aussi c'est pour découvrir une nouvelle écriture, qui se trouve être aussi à l'origine d'un premier roman. Aussi parce que la thématique de la famille et de ses apparences m'est chère.

 

Sur les blogs: Un coup de coeur pour Readlokkhear.

Ils vont tuer Robert Kennedy. Marc DUGAIN. Éditions Gallimard, 17 août 2017 

 
Résumé : A Vancouver, en Colombie-Britannique, un professeur d'histoire fait sa thèse sur l'assassinat de Robert Kennedy. Il est persuadé que la mort brutale de ses deux parents successivement en 1967 et 1968 est liée à l'assassinat du jeune politicien américain en juin 1968. Son enquête l'amène à découvrir les liens tissés par son père et les services secrets britanniques durant la Résistance.

 

Pourquoi? Lorsque l'histoire intime rejoint a Grande, véracité ou fruit de l'imagination. L'extrait lu dans le magazine Lire m'a plu.

La chambre des époux. Eric REINHARDT. Éditions Gallimard, 17 août 2017 

 
Résumé :  Nicolas, une quarantaine d’années, est compositeur de musique. Un jour, sa femme Mathilde apprend qu’elle est atteinte d’un grave cancer du sein qui nécessite une intense chimiothérapie. Alors que Nicolas s’apprête à laisser son travail en plan pour s’occuper d’elle, Mathilde l’exhorte à terminer la symphonie qu’il a commencée. Elle lui dit qu’elle a besoin d’inscrire ses forces dans un combat conjoint. Nicolas, transfiguré par cet enjeu vital, joue chaque soir à Mathilde, au piano, dans leur chambre à coucher, la chambre des époux, la symphonie qu’il écrit pour l’aider à guérir. 

S’inspirant de ce qu’il a lui-même vécu avec son épouse pendant qu’il écrivait son roman Cendrillon voilà dix ans, Éric Reinhardt livre ici une saisissante méditation sur la puissance de la beauté, de l’art et de l'amour, qui peuvent littéralement sauver des vies.

 

Pourquoi? Parce que ce sujet me fait peur et que ce roman est plus un témoignage qu'une fiction. L'extrait lu dans Lire m'a convaincue de e rajouter à cette liste, même si un aspect pourrait me déplaire. Mais seule la lecture de ce livre pourrait trancher.

Underground Railroad. Colson WHITEHEAD. Editions Albin Michel, 24 août 2017 

 

Résumé : Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d'avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu'elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s'enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les Etats libres du Nord. De la Caroline du Sud à l'Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d'esclaves qui l'oblige à fuir, sans cesse, le " misérable coeur palpitant " des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté. L'une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l'" Underground Railroad ", le célèbre réseau clandestin d'aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme. A la fois récit d'un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l'Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une oeuvre politique aujourd'hui plus que jamais nécessaire. "

 

Pourquoi? Parce que c'est une historie qu'il faut connaître et transmettre, parce que j'ai lu une biographie d'Harriet Tubman récemment (CLIC) qui a bénéficié puis conduit ce "train" pendant de longues années.

Colorado Train. Thibault VERMOT. Editions Sarbacane, collection Exprim, 6 septembre 2017 

 

Résumé : Durango, 1949. La poussière rouge. Les sombres rocheuses. L'Amérique profonde, tout juste sortie de la Deuxième Guerre mondiale. C'est dans ce monde-là que grandissent Michael et ses copains: le gros Donnie, les inséparables Durham et George, Suzy la sauvage. Ensemble, ils partagent les jeux de l'enfance, les rêves, l'aventure des longs étés brûlants... Jusqu'au jour où un gosse de la ville disparaît. Avant d'être retrouvé, quelques jours plus tard... à moitié dévoré. Aussitôt, la bande décide d'enquêter. Mais dans l'ombre, le tueur- la chose? - les regarde s'agiter. Et bientôt, les prend en chasse...

 

Pourquoi? Parce que c'est une collection ado; parce que le résumé me fait penser au roman de Dan Simmons "Nuit d'été", lu il y a xxx années...

Nitro Mountain. Lee Clay JOHNSON. Editions Fayard, 30 août 2017 

Premier roman

Résumé : Dans une ancienne région minière des Appalaches ravagée par la pauvreté, l’ombre de Nitro Mountain s’étend sur la cohorte de laissés-pour-compte, junkies, piliers de comptoir et marginaux sublimes qui y vivent. Jones, un musicien bluegrass qui se donne avec son groupe dans des bars glauques, prend sous son aile Leon, un jeune homme paumé qui ne se remet pas de sa rupture avec la torturée et bouleversante Jennifer. Celle-ci a eu la mauvaise idée de tomber sous la coupe d’Arnett, un truand sociopathe, aussi violent et terrifiant que fascinant, reconnaissable au tatouage Daffy Duck qu’il porte au cou. Quand Turner, ex-flic cinglé qui a troqué son arme de service pour une arbalète, se met en tête d’arrêter Arnett, suspecté de meurtre, afin de regagner son insigne, les choses ont déjà commencé à tourner à l’aigre.
Un roman noir, pénétrant, des personnages tordus, désespérés, et diablement attachants. Lee Clay Johnson fait une entrée fracassante en littérature à travers ce récit envoûtant imbibé de whiskey et de drogue dure sur fond de musique country.

 

Pourquoi? Là encore car c'est un premier roman qui semble avoir beaucoup de potentiel malgré, ou plutôt grâce (car ce ne doit pas être facile) une intrigue très glauque.

La nature des choses. Charlotte WOOD. Éditions du Masque, 06 septembre 2017 

 
Résumé : Dix femmes emprisonnées au milieu du désert australien. Dix femmes au crâne rasé, vêtues d’habits étranges. Trois geôliers, vicieux et imprévisibles, pour les surveiller. Un jour, la nourriture vient à manquer. Pour elles comme pour eux. Et les proies se changent en prédatrices. «  Magnifiquement écrit, saisissant de vérité, inoubliable, La Nature des choses s’immiscera dans vos rêves et vous hantera. » (Megan Abbott). «  Sublimement sauvage.  » (Paula Hawkins). «  Un chef-d’œuvre.  » (The Guardian)

 

Pourquoi? Ce livre me semble indubitablement noir, violent, animal. C'est à la fois répulsif et intriguant.

Par le vent pleuré. Ron RASH. Editions du Seuil, 17 août 2017 

 

Résumé : Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle. 1967 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue. À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.

 

Pourquoi? J'aime les histoires qui se déroulent en deux temps. L'évolution des personnages, des psychologies, des situations.

Nulle part sur la terre.  Michael FARRIS SMITH. Editions Sonatine, 24 août 2017

 

Résumé : Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n’a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe. Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d’arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C’est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l’attendent.  Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu’à un fil. 

 

Pourquoi? Rencontre d'âmes esseulées, ça me plaît. Et aussi cette narration qui semble avoir plusieurs temporalités et voix.

Sa mère. Saphia AZZEDINE. Editions Stock, 23 août 2017

 

Résumé : Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre  ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d’autres camarades de galère et d’errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime  ? Ou celui de retrouver sa mère coûte que coûte  ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose  : le culot, la parole qui frappe, l’humour cinglant, l’insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. C’est une héroïne de notre temps.

 

Pourquoi? Toujours la thématique de la famille et puis cette "malchance" du départ dans la vie transformée en force.

Addict. James RENNER. Editions Sonatine, 31 août 2017

 

Résumé : En 2004, la voiture accidentée d’une élève infirmière sans histoires, Maura Murray, est retrouvée à des centaines de kilomètres de chez elle. Aucune trace de la jeune fille, qui était sur le point de se marier. Plus troublant encore, lorsqu’on ouvre son appartement, on constate qu’elle s’apprêtait à déménager, alors qu’elle n’en avait parlé à personne, ni à ses amies, ni à son futur mari, ni à sa famille. Quel était le secret de Maura ? Et qu’est-elle devenue ? En 2010, l’affaire Murray, jamais résolue, n’intéresse plus grand monde sauf un homme très particulier, James Renner. Celui-ci a été victime, à l’âge de onze ans, d’un grave traumatisme : il est tombé fou amoureux d’une jeune fille de son âge en voyant sa photo affichée dans son quartier avec la mention « Portée disparue ». Le cas n’a jamais été élucidé et il en a conçu une obsession dévorante pour les crimes non résolus, qui l’a mené aux confins de la folie. Un test de psychologie clinique, le MMPI, a montré que son esprit fonctionnait de la même façon que celui des tueurs en série et des meilleurs flics américains. Renner a d’abord essayé de fuir cette part sombre, en vain. Lorsqu’il décide de renouer avec ses vieux démons et de se pencher sur les zones d’ombre de l’affaire Murray, il va devoir à nouveau affronter cette obscurité qui le fascine tant. Quitte à y laisser sa santé mentale. Récit d’une étrange obsession tout autant qu’enquête détaillée et passionnante, Addict est un document exceptionnel, qui fera date dans l’histoire du genre.

 

 

Pourquoi? Pour le côté psychologique et la poursuite de l'Affaire des années après. (ce qui me fait penser à la série Cold Case

La vie sauvage. Thomas GUNZIG. Editions Au Diable Vauvert, 31 août 2017

 

Résumé : Bébé rescapé d’un accident d’avion, Charles grandit dans la jungle africaine.
Retrouvé par hasard le jour de ses seize ans et ramené à sa famille, il va découvrir les misères de la civilisation dans une petite ville du nord de l’Europe. La rage au ventre, il mettra tout en oeuvre pour retourner d’où il vient et où l’attend l’amour de sa vie. Un magnifique roman d’amour, classique et drôle, lyrique et cruel, sombre et optimiste.

 

Pourquoi? Parce que cela me fait penser à Mowgli ou Tarzan.

Pour te perdre un peu moins. Martin DIWO. Editions Plon, 24 août 2017 

Premier roman

 

Résumé : Un garçon, une fille, une histoire universelle. Ils s’aiment, se déchirent, elle s’en va. Lui s’écroule. La jeunesse et l’innocence avec. Un roman qui frappe, âpre, enlevé, emporté, qui ne s’oublie pas. Une signature, une écriture, une voix, une époque, une génération.

 

Pourquoi? Parce que ce, premier, roman m'a l'air à la fois tendre et difficile, intime et banal, notre reflet...

Tout est brisé. William BOYLE. Editions Gallmeister, 07 septembre 2017

 

Résumé : Tout semble brisé dans la vie d’Erica. Seule avec son vieux père tyrannique tout juste sorti de l'hôpital, elle n'a plus de nouvelles de son fils Jimmy, un jeune homme fragile parti errer à travers le pays sans avoir terminé ses études. Mais voilà qu'après un long silence, Jimmy revient à l'improviste, en piteux état. Erica fera tout pour l'aider, décidée à mieux le comprendre et à rattraper le temps perdu. Mais Jimmy se sent trop mal à l'aise face à sa mère, dans ce quartier de Brooklyn hanté par ses souvenirs ; un profond mal de vivre que ni l'alcool ni les rencontres nocturnes ne parviennent à soulager. Erica, elle, ne veut pas baisser les bras... William Boylerevient au décor et aux personnages de Gravesend, qu’il évoque avec une mélancolie déchirante dans la veine de Fitzgerald et de Bob Dylan lorsqu’il chante Everything is broken.

 

Pourquoi? Parce que ce roman me semble si triste, mais si réel...

La salle de bal . Anna HOPE. Editions Gallimard, 17 août 2017

 

Résumé : Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un "mélancolique irlandais". Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. A la tête de l'orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l'eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d'esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John. Après Le chagrin des vivants, Anna Hope parvient de nouveau à transformer une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse.

 

Pourquoi? Pour la "réalité historique méconnue".

Je me promets d'éclatantes revanches . Valentine GOBY. Editions de L'iconoclaste, 30 août 2017 

 

Résumé : Valentine Goby livre dans ce récit intime sa rencontre avec Charlotte Delbo. Résistante, amoureuse, déportée, poète, cette dernière a laissé une oeuvre incandescente. C’est alors qu’elle écrit Kinderzimmer qu’elle la découvre. La puissance de cette langue l’éblouit, et l’accompagne desormais. Valentine Goby plonge dans les textes, et plus tard dans les archives. Elle tente de saisir la singularité de cette écriture au sein du testament collectif des rescapés des camps de la mort, de comprendre son « geste d’écriture ». « Je me promets d’éclatantes revanches » est une immersion dans l’oeuvre de Charlotte Delbo. Mais c’est surtout une traversée sur le mystérieux fil reliant les deux auteures. En partant sur ses traces, Valentine Goby évoque son propre rapport à la littérature. À sa puissance. La façon dont elle peut « forger une langue capable de nous ramener d’entre nos morts ». Un lieu où la lumière prend d’« éclatantes revanches » sur les ténèbres les plus noires.

 

Pourquoi? Parce que Valentine GOBY, et parce que je projette de lire Kinderzimmer au mois d'août. CLIC

Point Cardinal. Léonor de RECONDO. Editions Sabine Wespieser, 24 août 2017

 

Résumé : Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille méticuleusement, tristement. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, volait quelques instants de joie et dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable. Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture et dissimulé dans le coffre la mallette contenant ses habits de fête. Il s’apprête à retrouver femme et enfants pour le dîner. Petit garçon, Laurent passait des heures enfermé dans la penderie de sa mère, détestait l’atmosphère virile et la puanteur des vestiaires après les matchs de foot. Puis il a grandi, a rencontré Solange au lycée, il y a vingt ans déjà. Leur complicité a été immédiate, ils se sont mariés, Thomas et Claire sont nés, ils se sont endettés pour acheter leur maison. Solange prenait les initiatives, Laurent les accueillait avec sérénité. Jusqu’à ce que surviennent d’insupportables douleurs, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus réfréner ses envies incontrôlables de toucher de la soie, et que la femme en lui se manifeste impérieusement. De tout cela, il n’a rien dit à Solange. Sa vie va basculer quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois chez eux. À son retour, Solange trouve un cheveu blond… Léonor de Récondo va alors suivre ses personnages sur le chemin d’une transformation radicale. Car la découverte de Solange conforte Laurent dans sa certitude : il lui faut laisser exister la femme qu’il a toujours été. Et convaincre son entourage de l’accepter. La détermination de Laurent, le désarroi de Solange, les réactions contrastées des enfants – Claire a treize ans, Thomas seize –, l’incrédulité des collègues de travail : l’écrivain accompagne au plus près de leurs émotions ceux dont la vie est bouleversée. Avec des phrases limpides, des mots simples et d’une poignante justesse, elle trace le difficile chemin d’un être dont toute l’énergie est tendue vers la lumière. Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi.

 

Pourquoi? Pour son sujet: arriver/pouvoir à/devenir "être soi" avec ou malgré.

La face cachée de Ruth Malone. Emma FLINT. Fleuve Éditions, 19 octobre 2017

Premier roman

 

Résumé : 1965. Une vague de chaleur déferle sur le Queens, banlieue ouvrière de New York, et plonge ses habitants dans un état léthargique. Un matin ordinaire, Ruth Malone, mère célibataire aux allures de star hollywoodienne, constate la disparition de ses deux enfants. Peu après, le corps de la petite Cindy est retrouvé abandonné sur un chantier, son doudou encore à la main. Lorsque, quelques jours plus tard, la dépouille de son fils, Frankie Jr, est découverte dans des conditions similaires, des voix accusatrices s'élèvent contre Ruth. De la voisine qui a toujours eu des doutes aux médias avides de scandale, tout le monde semble avoir quelque chose à lui reprocher. Mais qui est Ruth quand personne ne la regarde ? Cette "mère" qui collectionne les partenaires depuis des années et ne verse pas une larme devant les corps sans vie de ses enfants. Alors que presse, opinion publique et tribunaux condamnent Ruth avant l'heure, un seul homme va tenter de découvrir qui est vraiment cette femme : nouvelle Médée monstrueuse ou victime innocente ?

 

Pourquoi? Le résumé est glaçant (surtout lorsqu'on a des enfants) mais questionne quant aux réactions et motivations des uns et des autres face à un événement, et ce d'autant plus lorsqu'il est tragique.

Un jour tu raconteras cette histoire. Joyce MAYNARD. Editions Philippe Rey, 7 septembre 2017

 

 

Résumé : Après un mariage raté, un douloureux divorce et quelques brèves histoires, à cinquante-cinq ans, Joyce Maynard n’attend plus grand-chose des relations sentimentales. Et pourtant. Sa rencontre avec Jim vient tout bouleverser: l’amour comme elle ne l’imagine plus, celui qui va même lui faire accepter de se remarier. En 2014, après trois ans d’une romance tourbillonnante, on diagnostique chez Jim un cancer du pancréas. Au cours des dix-neuf mois qui suivent, alors qu’ils luttent ensemble contre la maladie, Joyce découvre ce que signifie être un véritable partenaire, en dépit de la souffrance, de l’angoisse, du désespoir qui menace à chaque instant. «Un jour, tu raconteras cette histoire», lui avait dit Jim avec tendresse. C’est chose faite. Joyce Maynard retrace ces années heureuses faites de voyages, de petites et grandes folies, de bonheurs du quotidien – dîners sur leur terrasse près de San Francisco, escapades à moto, concerts de rock, baignades dans les lacs du New Hampshire ou du Guatemala. Puis, elle confie leur combat, leurs espoirs de guérison, les opérations et les médicaments, sa colère contre le sort, sa fatigue parfois, mais surtout la force de l’amour qui les unit. Avec sensibilité et finesse, Joyce Maynard se met à nu dans un texte empli de joies et de larmes, un récit bouleversant sur l’amour et la perte, une histoire unique qui a permis à chacun d’offrir à l’autre le meilleur de lui-même.

 

Pourquoi? Parce que c'est indéniablement triste et fort; et surtout parce que c'est une histoire vraie.

Le Zoo. Gin PHILIPS. Editions La Bête Noire, 21 septembre 2017

 

 

Résumé : Lincoln est un gentil petit garçon. Du haut de ses quatre ans, il est d'un naturel curieux, intelligent et bien élevé. Il obéit toujours à sa mère et il connaît les règles.
« Aujourd'hui, les règles ont changé. Aujourd'hui, les règles sont les suivantes: on se cache et on ne laisse pas l'homme avec le pistolet nous retrouver. » Quand une journée ordinaire au zoo tourne au cauchemar, Joan se retrouve piégée avec son fils dans un cercle infernal. Elle devra trouver la force de se battre, s'armer de courage et protéger Lincoln à tout prix - jusqu'à franchir la ligne ténue entre le bien et le mal, entre l'humanité et l'instinct animal. C'est une ligne qu'aucun de nous n'imaginerait avoir à franchir un jour. Mais parfois, de nouvelles règles s'imposent.

Pourquoi? Le résumé m'intrigue.

Summer. Monica SABOLO. Editions JC Lattès, 23 août 2017

 

 

Résumé : Lors d’un pique-nique au bord du lac Léman, Summer, dix-neuf ans, disparaît. Elle laisse une dernière image  : celle d’une jeune fille blonde courant dans les fougères, short en jean, longues jambes nues. Disparue dans le vent, dans les arbres, dans l’eau. Ou ailleurs  ? Vingt-cinq ans ont passé. Son frère cadet Benjamin est submergé par le souvenir. Summer surgit dans ses rêves, spectrale et gracieuse, et réveille les secrets d’une famille figée dans le silence et les apparences.Comment vit-on avec les fantômes  ? Monica Sabolo a écrit un roman puissant, poétique, bouleversant.

 

Pourquoi? Encore un roman sur la famille et les fantômes du passé; une histoire en deux temps.

Frappe-toi le coeur. Amélie NOTHOMB. Editions Albin Michel, 23 août 2017

 

Résumé : « Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

Pourquoi? Contrairement à l'an dernier, ce nouveau roman de l'incontournable Amélie Nothomb (et je n'écris pas cela ironiquement)  me tente beaucoup suite à la lecture de l'extrait lu dans le magazine Lire de juillet-août.

La beauté des jours. Claudie GALLAY. Editions Actes Sud - 16 août 2017

 

Résumé : Jeanne mène une vie rythmée par la douceur de l’habitude. Elle était jeune quand elle a épousé Rémy, ils ont eu des jumelles, sont heureux ensemble et font des projets raisonnables. Mais Jeanne aime aussi le hasard, les surprises de l’inattendu. L’année du bac, un professeur lui avait fait découvrir l’artiste serbe Marina Abramović. Fascinée par cette femme qui engage son existence dans son travail, Jeanne a toujours gardé une photographie de sa célèbre performance de Naples : comme un porte-bonheur, la promesse qu’il est possible de risquer une part de soi pour vivre autrement. Quand Jeanne s’amuse à suivre tel ou tel inconnu dans la rue ou quand elle calcule le nombre de bougies soufflées depuis son premier anniversaire, c’est à cet esprit audacieux qu’elle pense. Surtout cet été-là. Peut-être parce que, les filles étant parties, la maison paraît vide ? Ou parce que sa meilleure amie, qui s’est fait plaquer, lui rappelle que rien ne dure ? Ou parce qu’elle recroise un homme qu’elle a aimé, adolescente ? Jeanne se révèle plus que jamais songeuse et fantasque, prête à laisser les courants d’air bousculer la quiétude des jours. À travers la figure lumineuse de Jeanne et la constellation de personnages qui l’accompagnent et la poussent vers un accomplissement serein, Claudie Gallay compose un roman chaleureux et tendre sur la force libératrice de l’art, sur son pouvoir apaisant et révélateur. Et sur la beauté de l’imprévisible.

Pourquoi? Parce que le résumé m'interpelle.

American War. Omar EL AKKAD. Editions Flammarion, 23 août 2017

 

 

Résumé : Une nouvelle guerre a éclaté aux États-Unis opposant le Nord aux États sudistes rebelles à tout contrôle des énergies fossiles. Sarat Chestnut a six ans quand son père est tué et qu’elle doit rejoindre un camp de réfugiés avec sa famille. Cette tragédie signe la fin d’une enfance ensoleillée près du Mississippi. D’une fillette curieuse et vive, Sarat se mue au fil des épreuves et des injustices en une héroïne insaisissable, féroce, révoltée. Bientôt, sous l’influence d’un homme qui la prend sous son aile, elle se transformera en une impitoyable machine de guerre. Portrait d’un conflit dévastateur qui détruit l’espoir et l’humain sur son passage, American War fait écho à toutes les luttes fratricides qui naissent aux quatre coins du monde.

 

Pourquoi? Encore une histoire de guerre et encore avec les Etats-Unis!

Réveiller les lions. Ayelet GUNDAR-GOSHEN. Editions Les Presses de la Cité, 7 septembre 2017

 

Résumé : Le Dr Ethan Green est un homme bien. Il sauve des vies. Il aime sa femme. Il adore ses deux petits garçons. Le Dr Ethan Green a de la chance : il est né du bon côté du check point. Cette nuit-là, pourtant, le neurochirurgien prend la fuite après avoir percuté un homme sur une route, dans le désert. Le lendemain, la femme de cet homme se présente à la villa du médecin : elle a tout vu. Sirkitt, qui partage une tente avec d’autres réfugiés soudanais ou érythréens, découvre un monde de confort. Cependant, ce qu’elle exige d’Ethan en échange de son silence ne se quantifie pas en argent... Alors que l’enquête sur le chauffard est confiée à son épouse, commissaire de police, Ethan Green s’engouffre dans la mécanique de la double vie, sur fond de trafics, de violences – et de désirs inavouables.

 

Pourquoi? Quel horrible dilemme que celui de cet homme!

Les terres dévastées. Emiliano MONGE. Editions Philippe Rey, 24 août 2017. 

 

Résumé : Au fond de la jungle mexicaine, des projecteurs s’allument en pleine nuit: un groupe de migrants, trahis par leurs passeurs, est pris d’assaut par des trafiquants. Certains sont exécutés; les autres sont stockés dans des camions pour être livrés alentour. Sous la direction des deux chefs de bande, Estela et Epitafio, les convois prennent la route des montagnes. Ces amants contrariés jouissent des souffrances qu’ils infligent. Obsédés l’un par l’autre, ils tentent vainement de communiquer pour se dire leurs espoirs d’une nouvelle vie. Tenu en haleine, le lecteur navigue entre les différents pro - tagonistes: Estela et sa cargaison dans une direction, Epitafio dans une autre, son homme de main occupé à ourdir quelque vengeance, les jeunes passeurs qui répètent inlassablement leur triste tour… tandis que le chœur des migrants devient peu à peu «sans voix, sans âme et sans nom». Dans ce récit construit avec une impeccable maîtrise, où les hommes et les femmes sont réduits à l’état de marchandises, Emiliano Monge met à nu l’horreur et la solitude, mais aussi l’amour, la loyauté et l’espérance qui animent les êtres. Tragédie moderne à la prose rythmée, Les terres dévastées happent le lecteur dans un tourbillon aussi bouleversant que dérangeant.

 

Pourquoi? Une histoire si actuelle, si triste.

C'est le coeur qui lâche en dernier. Margaret Atwood. Editions Robert Laffont, 17 août 2017

 

Résumé : Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture... Aussi, lorsqu'ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir : ils n'ont plus rien à perdre. À Consilience, chacun a un travail, avec la satisfaction d'oeuvrer pour la communauté, et une maison. Un mois sur deux. Le reste du temps, les habitants le passent en prison... où ils sont également logés et nourris ! Le bonheur. Mais le système veut que pendant leur absence, un autre couple s'installe chez eux avant d'être incarcéré à son tour. Et Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n'y est pas : " Je suis affamée de toi. " Avec "C'est le coeur qui lâche en dernier", Margaret Atwood nous livre un roman aussi hilarant qu'inquiétant, une implacable satire de nos vices et travers qui nous enferment dans de viles obsessions quand le monde entier est en passe de disparaître.

 

Pourquoi? Une dystopie pour le moins intéressante!

Ne fais confiance à personne. Paul CLEAVE. Editions Sonatine, 31 août 2017

 

Résumé : Les auteurs de thrillers ne sont pas des personnes très fréquentables. Ils jouent du plaisir que nous avons à lire d’abominables histoires, de notre appétit pour des énigmes qui le plus souvent baignent dans le sang. Nous ne sommes pas très raisonnables. Ce jeu dangereux peut parfois prendre des proportions inquiétantes. Leurs ouvrages peuvent nous donner des idées regrettables, favoriser un passage à l’acte aux conséquences funestes. Eux les premiers, qui pensent connaître toutes les ficelles du crime parfait, ne sont pas à l’abri de faire de leurs fictions une réalité.
Prenez par exemple Jerry Grey, ce célèbre romancier, qui ne sait plus très bien aujourd’hui où il en est. À force d’inventer des meurtres plus ingénieux les uns que les autres, n’aurait-il pas fini par succomber à la tentation ? Dans cette institution où on le traite pour un alzheimer précoce, Jerry réalise que la trame de son existence comporte quelques inquiétants trous noirs. Est-ce dans ses moments de lucidité ou dans ses moments de démence qu’il est persuadé d’avoir commis des crimes ? Quand la police commence à soupçonner les histoires de Jerry d’être inspirées de faits réels, l’étau commence à se resserrer. Mais, comme à son habitude, la vérité se révèlera bien différente et bien plus effroyable que ce que tous ont pu imaginer ! Entre "Shutter Island" (Dennis Lehane) et "Un employé modèle", Paul Cleave signe sans conteste avec "Ne fais confiance à personne" son chef d’œuvre.

 

Pourquoi? Je n'ai jamais lu de thrillers de cet auteur, bien que j'ai déjà offert "Un employé modèle". Le moment d'y remédier?

Le pianiste blessé. Maria ERNESTAM. Editions Gaïa, 6 septembre 2017

Résumé : Amies depuis l’enfance, Veronica est prof de musique, charismatique et envahissante, Marieke est écrivaine et reste dans l’ombre. Elles ne se sont plus parlé depuis dix ans. Depuis leur voyage sur les traces de tante Klara. Après la mort de tante Klara, les deux amies sont parties lui rendre hommage et aussi enquêter sur ses secrets : Klara partait deux fois par an en vacances, toujours aux mêmes endroits, Langkawi en Malaisie, et San Francisco. Qui retrouvait-elle, quelle vie menait-elle ? Au bar de l’hôtel de Langkawi, Veronica et Marieke rencontrent James, énigmatique et séduisant pianiste. Il révèle les deux amies sous un nouveau jour, et fait vaciller le passé. Qui connaît-on vraiment ? A-t-on raison de vouloir savoir ? Un roman envoûtant sur les rêves et les promesses brisées, sur la création et l’amitié.

 

Pourquoi? Des thématiques qui me touchent, toujours...

 

Jeu blanc. Richard WAGAMESE. Editions Zoe, 7 septembre 2017

Résumé : Cloîtré dans un centre de désintoxication, Saul Indian Horse a décidé de raconter son histoire : son enfance au cœur du Canada, bercée par les légendes et les traditions ojibwés, rythmée par la récolte du riz et la pêche ; son exil à huit ans avec sa grand-mère, suite à un hiver particulièrement dur ; son adolescence, passée dans un internat où des Blancs se sont efforcés d’effacer en lui toute trace d’indianité. C’est pourtant au cœur de cet enfer que Saul trouve son salut, grâce au hockey sur glace. Joueur surdoué, il entame une carrière parmi les meilleurs du pays. Mais c’est sans compter le racisme qui règne dans le Canada des années 1970, même au sein du sport national. On retrouve dans Jeu blanc toute la force de Richard Wagamese, son talent de nature writer et sa capacité à retranscrire la singularité et la complexité de l’identité indienne, riche de légendes, mais profondément meurtrie. Le roman a d’ailleurs été récompensé par le Burt Award for First Nations, Métis and Inuit Literature.

Pourquoi? Pour nos racines, le conformisme imposé, le Canada.

Motel Lorraine. Brigitte PILOTE. Editions Michel Lafon, 7 septembre 2017

 

Résumé : Nous sommes en 1977. Sonia, diseuse de bonne aventure, fuit Montréal avec ses deux filles, Lou et Georgia, pour trouver refuge à Memphis, dans la chambre 306 du motel Lorraine, inoccupée depuis ce fameux 4 avril 1968 où Martin Luther King y a été assassiné. Elles partageront leur destin avec la sublime Alabama, Jacqueline Smith, femme de chambre au Lorraine, Grace DePriest, directrice de la chorale d'une petite église baptiste, ou encore Lonzie, le repris de justice devenu photographe pour son ami Aaron. Chacun à sa manière, ces personnages aux destins croisés incarnent le rêve d'égalité pour lequel le révérend King a donné sa vie. Mais quel poids auront leurs ambitions et leurs gestes dans cette Memphis encore marquée par les divisions raciales ? Les secrets de chacun resteront-ils bien gardés ? Et enfin, pourquoi Sonia s'est-elle enfuie avec ses enfants ? Roman réaliste, d’une écriture maîtrisée et de haute tenue littéraire, Motel Lorraine aborde un sujet porteur et universel : réaliser son rêve.

 

Pourquoi? Pour la référence à Martin Luther King, et pour les rêves!

Demain sans toi. Baird HARPER. Editions Grasset, 31 août 2017 

Résumé : Devant le pénitencier de Grassland près de Chicago, un homme attend. Il guette la sortie de Hartley Nolan, emprisonné depuis quatre ans pour homicide involontaire. Par sa faute, une jeune femme, Sonia, avait trouvé la mort dans un tragique accident de voiture. Une onde de choc avait alors traversé les deux familles, celle de la victime et celle du coupable. Et l’ancien golden boy au destin brisé n’a peut-être pas fini de payer sa dette, car l’homme qui l’attend occupait une place particulière dans la vie de Sonia… Mais quand la libération de Hartley est repoussée de vingt-quatre heures, toutes les cartes sont rebattues. En onze chapitres qui se lisent comme autant de nouvelles, Baird Harper livre une magistrale variation sur la famille. L’histoire de deux clans frappés par le deuil et la culpabilité est au cœur d’un roman où le suspense va de pair avec une vision subtile de ce qui se joue quand nos existences basculent.

Pourquoi? J'aime les romans sur la familles, sur les petites choses qui font les grandes, sur la/les vie(s).

La colère de Kurathi Amman. Meena KANDASAMY. Editions Plon, 24 août 2017

Premier roman

 

Résumé : Un roman coup de poing par la nouvelle voix forte de la littérature indienne. « Tu veux que je comprime la tragédie au format Twitter ? Comment peut-on se glisser ainsi au coeur des ténèbres ? » Comment transformer un drame en fiction ? Pourquoi écrire sur une tuerie qui a eu lieu il y a plus de quarante ans en Inde et sur ses quarante-quatre victimes oubliées par l’histoire ? À travers les voix aussi diverses que celles des intouchables ou des propriétaires terriens, l’auteur décrit ce massacre, se plaçant sous le patronage de l’irascible déesse Kurathi Amman. Au-delà de l’émotion et de la colère provoquée par ces faits, l’auteur pose la question de la fiction et de ses limites en n’hésitant pas à malmener son lecteur. Ce roman tendu, entre rage contenue, lyrisme et humour grinçant, nous donne un aperçu des forces qui ont contribué à la création de l’Inde moderne.

 

Pourquoi? Pour découvrir un nouvel auteur, un pays et pour le rapport entre la réalité et la fiction.

Femme à la mobylette. Jean-Luc SEIGLE. Editions Flammarion, 23 août 2017

 

Résumé : Abandonnée par tous avec ses trois enfants, Reine n’arrive plus à faire face. Sa vie finit par ressembler à son jardin qui n’est plus qu’une décharge. Son horizon paraît se boucher chaque jour davantage, alors qu’elle porte en elle tant de richesses. Seul un miracle pourrait la sauver... Et il se présente sous la forme d’une mobylette bleue. Cet engin des années 1960 lui apportera-t-il le bonheur qu’elle cherche dans tous les recoins de ce monde et, surtout, à quel prix ? Jean-Luc Seigle dresse le portrait saisissant d’une femme ordinaire au bord du gouffre. Ce faisant, c’est une partie de la France d’aujourd’hui qu’il dépeint, celle des laissés-pour-compte que la société en crise martyrise et oublie.

 

Pourquoi? Pas pour la couverture! La dernière phrase de c résumé attise ma curiosité.

La gloire des maudits. Nicolas D'ESTIENNE D'ORVES. Editions Albin Michel, 24 août 2017

 

Résumé : Fille d’un collaborateur exécuté sous ses yeux à la Libération, Gabrielle Valoria doit écrire la première biographie de Sidonie Porel. Mais qui est vraiment Sidonie Porel  ? La plus célèbre romancière de son époque ou une imposture littéraire  ? Une grande amoureuse ou une manipulatrice  ?
En plongeant dans le passé de cette femme qu’elle craint et qu’elle admire, Gabrielle découvre un univers où grouillent les menteurs et les traîtres. Ecrivains, politiciens, journalistes, prostituées, grands patrons  : tous cachent un secret qui tue…
Dans Les Fidélités successives (Prix Cazes-Lipp), Nicolas d’Estienne d’Orves explorait les ambiguïtés de l’Occupation, avec La Gloire des maudits, il s’attaque aux mensonges de l’après-guerre. Ce tableau romanesque d’une France au lendemain du chaos, où l’on croise les grandes figures  du Paris intellectuel et artistique des années 1950, montre que le passé nous rattrape toujours et que les guerres ne se terminent jamais.

Pourquoi? Pour le rapport à l'Histoire, aux leçons qu'on semble ne pas tirer...

La fonte des glaces. Joël BAQUE. Editions P.O.L., 17 août 2017

 

Résumé : Louis, un retraité taciturne, ancien charcutier, veuf à la vie tranquille et ordonnée,  devient malgré lui une icône planétaire de l’écologie au terme d’un parcours commencé dans une brocante – où il découvre un manchot empereur pour lequel il va éprouver un irrésistible coup de foudre – qui se poursuit en Antarctique, puis dans le grand Nord et se termine dans le port de Toulon où Louis, juché sur un iceberg transporté là à grands frais par un fabricant de boissons à base de glace polaire fondue, devient un plaidoyer vivant, et contradictoire, contre la fonte de la banquise.
Dans ce roman, la fonte des glaces est celle de la banquise, comme on l’a vu, mais aussi celle d’un homme dont l’existence, jusqu’alors gelée, sans but, reprend son cours, un cours imprévisible, aventureux et mouvementé, drôle, mais grâce auquel sont aussi posées des questions importantes. Il est encore, ce roman, celui de l’épanouissement du grand talent de Joël Baqué, d’une écriture à la fois évidente, simple et riche, pleine de trouvailles. Il est aussi celui d’une imagination parfois joliment délirante, pleine d’humour et généreuse.

Pourquoi? Bien qu'il (me) semble (un peu) farfelu, ce roman m'attire par ses thèmes.

Ma reine. Jean-Baptiste ANDREA. Editions de L'Iconoclaste, 30 août 2017

Premier roman

 

Résumé : Shell n’est pas un enfant comme les autres. Il vit seul avec ses parents dans une station-service. Après avoir manqué mettre le feu à la garrigue, ses parents décident de le placer dans un institut. Mais Shell préfère partir faire la guerre, pour leur prouver qu’il n’est plus un enfant. Il monte le chemin en Z derrière la station. Arrivé sur le plateau derrière chez lui, la guerre n’est pas là. Seuls se déploient le silence et les odeurs de maquis. Et une fille, comme un souffle, qui apparaît devant lui. Avec elle, tout s’invente et l’impossible devient vrai.

Jean-Baptiste Andrea livre ici son premier roman. Ode à la liberté, à l’imaginaire, et à la différence, Ma reine est un texte à hauteur d’enfants. L’auteur y campe des personnages cabossés, ou plutôt des êtres en parfaite harmonie avec un monde où les valeurs sont inversées et signe récit pictural aux images justes et fulgurantes qui nous immerge en Provence, un été 1965.

« J’ai voulu la pluie. Je l’ai tant voulue que quand elle est venue, je ne savais plus comment l’arrêter. C’était une grosse pluie rose, vert, bleu, elle prenait la couleur d’un rien. Elle assommait les oiseaux. Il a plu comme ça pendant je ne sais pas combien de temps. Les vieux disaient qu’ils n’avaient jamais vu ça. Ils parlaient de leurs ancêtres et de Dieu
 et du ciel et de tout sauf de la raison de la pluie : moi. »

Pourquoi? Pour le titre, pour la référence (implicite?) à Peter Pan, pour notre part d'enfance.

Le coeur battant de nos mères. Brit BENNET. Editions Autrement, 30 août 2017

Premier roman

 

Résumé : Nadia, 17 ans, tombe enceinte de Luke, son amour caché, et avorte en secret car cet acte est inconcevable dans sa communauté noire et religieuse de Californie. Elle quitte Luke et Aubrey, sa meilleure amie, pour devenir étudiante dans une grande université où elle découvre l'élite et son racisme latent. Aubrey et Luke se rapprochent, la jeune femme désirant fonder une famille.

Pourquoi? Pour la maternité ou plutôt non maternité; pour le conformisme et la tradition; pour le côté "trahison".

Dans l'épaisseur de la chair. Jean-Marie BLAS DE ROBLES. Editions Zulma, 24 août 2017

 

Résumé :  C’est l’histoire de ce qui se passe dans l’esprit d’un homme. Ou le roman vrai de Manuel Cortès, rêvé par son fils – avec le perroquet Heidegger en trublion narquois de sa conscience agitée. Manuel Cortès dont la vie pourrait se résumer ainsi : fils d’immigrés espagnols tenant bistrot dans la ville de garnison de Sidi-Bel-Abbès, en Algérie, devenu chirurgien, engagé volontaire aux côtés des Alliés en 1942, accessoirement sosie de l’acteur Tyrone Power – détail qui peut avoir son importance auprès des dames…

Et puis il y a tous ces petits faits vrais de la mythologie familiale, les rituels du pêcheur solitaire, les heures terribles du départ dans l’urgence, et celles, non moins douloureuses, de l’arrivée sur l’autre rive de la Méditerranée.

Dans l’épaisseur de la chair est un roman ambitieux, émouvant, admirable – et qui nous dévoile tout un pan de l’histoire de l’Algérie. Une histoire vue par le prisme de l’amour d’un fils pour son père.

 

Pourquoi? Pour ses thèmes.

Notre vie dans les forêts. Marie DARIEUSSECQ. Editions P.O.L., 17 août 2017

 

Résumé : « Il faut que je raconte cette histoire. Il faut que j’essaie de comprendre en mettant les choses bout à bout. En rameutant les morceaux. Parce que ça ne va pas. C’est pas bon, là, tout ça. Pas bon du tout. »

Ces mots sont parmi les premiers du nouveau roman de Marie Darrieussecq (roman qui s’est imposé à elle alors qu’elle travaillait sur un autre projet et qu’elle a écrit d’une seule traite, comme poussée par une nécessité impérieuse). De ce roman, ils indiquent la tonalité et le mode narratif. C’est un roman à la première personne, où l’héroïne découvre au fur et à mesure qu’elle la raconte toutes les causes et les conséquences de son histoire. Nous sommes donc dans une forêt (« nous » car la manière dont le livre est écrit impose une identification du lecteur). Le personnage principal, une femme qui fut autrefois psychothérapeute, s’y cache avec d’autres. D’autres ? Des compagnons de fuite, loin d’un monde qu’on devine menaçant pour eux et qui les traque. Mais aussi avec des êtres étranges, comme flottants, mais qui leur ressemblent de manière frappante, des sosies ? Leurs clones, en fait qu’ils ont emmenés avec eux dans leur fuite.
Cette dystopie, qui se situe dans la postérité de Le meilleur des mondes, comme dans celle de 1984 ou de Fahrenheit 451, nous raconte une histoire de trafic d’organes, de gérontocratie, de totalitarisme sanitaire et politique.  Marie Darrieussecq, avec ce personnage très légèrement en retard sur les événements, et à ce titre bouleversant, renoue avec la veine de Truismes.

Pourquoi? J'ai pu en lire un extrait dans le magazine Lire, je suis curieuse de voir comment cette thématique est traitée, et surtout comment cela se termine.

Un loup pour l'homme. Brigitte GIRAUD. Editions Flammarion, 23 août 2017

 

Résumé : Printemps 1960. Au moment même où Antoine apprend que Lila, sa toute jeune épouse, est enceinte, il est appelé pour l’Algérie. Engagé dans un conflit dont les enjeux d’emblée le dépassent, il demande à ne pas tenir une arme et se retrouve infirmier à l’hôpital militaire de Sidi-Bel-Abbès. À l’étage, Oscar, un jeune caporal amputé d’une jambe et enfermé dans un mutisme têtu, l’aimante étrangement : avec lui, Antoine découvre la véritable raison d’être de sa présence ici. Pour Oscar, « tout est à recommencer » et, en premier lieu retrouver la parole, raconter ce qui l’a laissé mutique. Même l’arrivée de Lila, venue le rejoindre, ne saura le détourner d’Oscar, dont il faudra entendre le récit, un conte sauvage d’hommes devenus loups. Dans ce roman tout à la fois épique et sensible, Brigitte Giraud raconte la guerre à hauteur d’un homme, Antoine, miroir intime d’une époque tourmentée et d’une génération embarquée malgré elle dans une histoire qui n’était pas la sienne. Et avec l’amitié d’Oscar et Antoine, au coeur de ce vibrant roman, ce sont les indicibles ravages de la guerre comme l’indéfectible foi en la fraternité qu’elle met en scène. 

Pourquoi? Pour la Guerre d'Algérie, et l'imbroglio des sentiments humains.

La serpe. Philippe JAENADA. Editions Julliard, 17 août 2017

 

Résumé :  Un matin d’octobre 1941, dans un château sinistre au fin fond du Périgord, Henri Girard appelle au secours : dans la nuit, son père, sa tante et la bonne ont été massacrés à coups de serpe. Il est le seul survivant. Toutes les portes étaient fermées, aucune effraction n’est constatée. Dépensier, arrogant, violent, le jeune homme est l’unique héritier des victimes. Deux jours plus tôt, il a emprunté l’arme du crime aux voisins. Pourtant, au terme d’un procès retentissant (et trouble par certains aspects), il est acquitté et l’enquête abandonnée. Alors que l’opinion publique reste convaincue de sa culpabilité, Henri s’exile au Venezuela. Il rentre en France en 1950 avec le manuscrit du Salaire de la peur, écrit sous le pseudonyme de Georges Arnaud.
Jamais le mystère du triple assassinat du château d’Escoire ne sera élucidé, laissant planer autour d’Henri Girard, jusqu’à la fin de sa vie (qui fut complexe, bouillonnante, exemplaire à bien des égards), un halo noir et sulfureux. Jamais, jusqu’à ce qu’un écrivain têtu et minutieux s’en mêle…
Un fait divers aussi diabolique, un personnage aussi ambigu qu’Henri Girard ne pouvaient laisser Philippe Jaenada indifférent. Enfilant le costume de l’inspecteur amateur (complètement loufoque, mais plus sagace qu’il n’y paraît), il s’est plongé dans les archives, a reconstitué l’enquête et déniché les indices les plus ténus pour nous livrer ce récit haletant dont l’issue pourrait bien résoudre une énigme vieille de soixante-quinze ans.

Pourquoi? Pour la réouverture d'une "Affaire" avec un autre angle que celui policier; pour l'Histoire vraie; pour le huis-clos.

Encore vivant. Pierre SOUCHON. Editions du Rouergue, 16 août 2017

 

Résumé :  Alors qu'il vient de se marier avec une jeune femme de la grande bourgeoisie, l'auteur, bipolaire en grave crise maniaco-dépressive, est emmené en hôpital psychiatrique. Enfermé une nouvelle fois, il nous plonge au coeur de l'humanité de chacun, et son regard se porte avec la même acuité sur les internés, sur le monde paysan dont il est issu ou sur le milieu de la grande bourgeoisie auquel il se frotte. Il est rare de lire des pages aussi fortes sur la maladie psychiatrique, vue de l'intérieur de celui qui la vit. Ce récit autographique est le premier livre publié par Pierre Souchon, journaliste au Monde diplomatique et à L'Humanité.

Pourquoi? Pour son sujet: la maladie psychiatrique.

Ces rêves qu'on piétine. Sébastien SPITZER. Editions de l'Observatoire, 23 août 2017

 

Résumé :  Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.
Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s’appelle Magda Goebbels.

Pourquoi? Parce que ce roman parle d'Histoire et de famille.

Pour Lire un extrait chez Bricabook - CLIC

L'Art de perdre. Alice ZENITER. Editions Flammarion, 16 août 2017

 

Résumé :  L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ».
Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus depuis longtemps de l’Algérie de son enfance.
Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

Pourquoi? A nouveau, un roman sur la guerre d'Algérie, une histoire que je ne connais pas très bien.

Mon père, ma mère et Sheila. Eric ROMAND. Editions Stock, 23 août 2017 

Premier roman

Résumé : C’est l’album d’une famille, issue d’un milieu populaire, avec ses codes, ses tabous, ses complexes, son ignorance, ses contentieux, dans les années 70 et 80. Le narrateur y raconte son enfance solitaire au milieu des turbulences. Pour son entourage, il a des goûts bizarres, des attitudes gênantes, des manières qui provoquent la colère de son père et la désolation de sa mère. Il dessine des robes et coiffe les poupées de sa sœur. Il fait son possible pour ne pas ajouter au malaise. Pour s’échapper, il colle son oreille à son mange-disque. Regarde les émissions de variétés scintillantes… Et admire une célèbre chanteuse  dont il aime les robes à paillettes, les refrains joyeux. Il voudrait être elle. Il voudrait être ailleurs. Un premier roman tout en sensibilité sur fond de nostalgie douce amère et d’humour salutaire.

Pourquoi? Pour le portrait d'une famille, d'une génération, d'une époque.

Le courage qu'il faut aux rivières. Emmanuelle FAVIER. Editions Albin Michel, 24 août 2017 

Premier roman

Résumé : Elles ont fait le serment de renoncer à leur condition de femme. En contrepartie, elles ont acquis les droits que la tradition réserve depuis toujours aux hommes : travailler, posséder, décider. Manushe est l’une de ces « vierges jurées » : dans le village des Balkans où elle vit, elle est respectée par toute la communauté. Mais l’arrivée d’Adrian, un être au passé énigmatique et au regard fascinant, va brutalement la rappeler à sa féminité et au péril du désir.
Baignant dans un climat aussi concret que poétique, ce premier roman envoûtant et singulier d’Emmanuelle Favier a la force du mythe et l’impalpable ambiguïté du réel.

 

Pourquoi? Là encore car c'est un premier roman qui semble avoir beaucoup de potentiel malgré, ou plutôt grâce (car ce ne doit pas être facile) une intrigue très glauque.

Oui je sais... Il y en a beaucoup trop... Mais bon ,ce n'est qu'une wish-list!

52 romans dont 12 premiers romans et un ado - une goutte d'eau dans toutes les parutions à venir!

C'est aussi lorsque les listes sont grandes que l'on peut vraiment voir ressortir les thèmes (qui me tiennent à coeur ou qui sont redondants pour cette Rentrée)? Guerre, t celle d'Algérie en particulier; Etats-Unis; la famille et ses secrets; la maladie psychiatrique; issu d'une histoire vraie...

Et vous, quels livres vous donnent envie, avez-vous fait des repérages ou déjà lu des livres? J'en vois passer sur les réseaux sociaux...

Sophie Hérisson a relancé son Challenge sur la Rentrée Littéraire, challenge auquel je participe avec plaisir à nouveau! (Pour voir ceux de 2014, 2015 et 2016)

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

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Nathalie 09/08/2017 17:29

Wow ! Quelle liste ! Beaucoup de littérature américaine (j'aime !) et quelques auteurs que j'aime beaucoup également : Alice Ferney (as-tu lu "Grâce et dénuement" ? C'est magnifique), Thimothée de Fombelle (Tobie Lolness et Vango sont mes favoris !), Marc Dugain (j'ai adoré "la chambre des officiers"), Valentine Goby, Amélie Nothomb... De Monica Sabolo, j'ai lu "Crans Montana" (pour le prix des lectrices ELLE et j'avais bien aimé, mais il n'avait pas eu beaucoup de succès au sein du groupe de lectrices). De Margaret Atwood, je veux lire depuis longtemps "la servante écarlate" mais je ne sais plus pourquoi ! Je suis en train de lire un roman de Joyce Maynard "un long week-end" et j'aime bien son écriture. De Paul Cleave j'ai lu "un employé modèle" mais j'avais trouvé ça un peu trop saignant...
De Jean-Luc Seigle, j'ai lu et adoré "Je vous écris dans le noir" (prix des lectrices) et "En vieillissant les hommes pleurent", superbe également (il devrait te plaire celui-ci !) De Jaenada, j'avais lu "le chameau sauvage" qui m'avait bien fait rigoler, mais son écriture est vraiment spé !! J'avais déjà repéré "la maison des Turner" pour les thèmes abordés et la couverture !

Sharon 06/08/2017 13:00

Cinq d'entre eux sont déjà dans ma PAL.
Et je suis très tentée par le prochain Amélie Nothomb.

scoobydu41 04/08/2017 20:23

J'ai déjà feuilleté ce magasine
Bonnes lectures!!

Noukette 01/08/2017 18:14

Tu as de quoi voir venir avec tout ça ! ;-)