Ni d'Eve ni d'Adam. Amélie NOTHOMB - 2007.

Publié le 9 Avril 2017

Ni d'Eve ni d'Adam

Amélie NOTHOMB

Editions Albin Michel, 13 août 2007

256 pages

Thèmes : Japon, culture, traditions, voyage, amour, amitié, histoire, autobiographie, humour.

 

J’avais lu ce roman dès sa parution en 2007.

Je m’étais régalée et me réjouissais à l’idée de le relire. Mais voilà, le moment était toujours repoussé par quelques attrayantes nouvelles lectures.

Et puis, sont arrivés les Challenges « Amélie Nothomb» de Pauline et « Un mois au Japon » d’Hilde et Lou, la proposition de Lecture Commune de Nathalie et me voici à le Relire, enfin, et à me REgaler !

J’adore la plume d’Amélie Nothomb, et particulièrement lorsque celle-ci a un caractère autobiographique.

Il faut dire qu'elle fait preuve d'une grande autodérision, souvent drôle, ne manque pas de verve, et a un style très fluide.

Tokyo - Source

1989.

Amélie a 23 ans et elle retourne dans le pays de son cœur.

Celui qu’elle a dû quitter en pleurs à ses cinq ans : le Japon.

Installée à Tokyo, elle se décide à donner des cours de français pour s'aider à parler le japonais.

C'est ainsi qu'elle fait connaissance avec Rinri, un jeune homme de 20 ans, au prononcé d’abord épouvantable.

La leçon se concentra sur le temps qu’il faisait. Bonne idée, car le climat, sujet idéal pour ceux qui n’ont rien à se dire, est au Japon la conversation principale et obligatoire.
Rencontrer quelqu’un et ne pas lui parler de la météo équivaut à un manque de savoir-vivre.

Page 16

Bien vite, ses relations avec Rinri se rapprochent, et les deux jeunes gens se fréquentent, sans que leurs sentiments ne soient au même diapason.

Il l’emmène dans sa Mercedes blanche trop propre (crainte rapide d’appartenance à la Yakusa) là où il habite : « un château de béton » qui se trouve être un vrai luxe d’espace à Tokyo.

C’est ainsi qu’Amélie fait la connaissance de ses parents (incompatibilité instantanée avec la mère) et surtout avec ses grands-parents qui ont « simplement vieilli » selon le pragmatisme de Rinri.

Je me renseignai et j’appris qu’au Japon, de tels phénomènes étaient courants. Dans ce pays où les gens doivent se tenir bien toute leur vie, il arrive souvent qu’ils craquent au seuil de la vieillesse et se permettent les comportements les plus insensés, ce qui n’empêche pas leurs familles de les prendre en charge, conformément à la tradition.

Page 37

Parc Shirogane à Tokyo - Source

Rinri est un garçon drôle et étrange, qui fait les choses comme les jeunes Tokyoïtes de son âge, mais qui en même temps s’en singularise très fortement, adoptant la philosophie très personnelle du « Tuvéra ».

Ce caractère en marge ne pouvait qu’attirer Amélie.

Ensemble, ils vont visiter des expositions, aller au cinéma, parcourir le Japon, parler lecture, déguster de bons petits plats (péché mignon d’Amélie : kori ; okonomoyaki ; chawan mushi ; des kakis…) gravir le Mont Fuji (ce que tout Japonais doit faire pour être digne de sa nationalité)…

 

A chacun de ses récits, Amélie insère quantités d’anecdotes sur les quiproquos linguistiques, les divergences culturelles, comportementales, traditionnelles et la curiosité dont font preuve les Japonais, pour tout et pour toute occasion.

Je devais peu à peu découvrir le culte que vouent les Japonais au matériel destiné à chaque action de la vie : le matériel pour la montagne, le matériel pour la mer, le matériel pour le golf et, ce soir, le matériel pour la fondue suisse.
(…)
Devant mes yeux fascinés, le jeune homme ouvrit la valise spécifique et je vis apparaître, disposés d’inamovible façon, un réchaud à propulsion intergalactique, un caquelon anti-adhésif, un sachet de fromage expansé, une bouteille de vin blanc antigel et des croûtons de pain imputrescible.

Page 56

Au-delà des aspects qui nous font immanquablement sourire, elle nous décrit aussi des réalités difficiles, notamment sur la scolarité et les normes sociales nippones.

J’allai contempler la nuit sur une ville où, chaque année, la majorité des enfants de cinq ans apprenaient qu’ils avaient raté leur vie. Il me sembla entendre des concerts de larmes étouffées.
Rinri s’en tirait en étant le fils de son père : c’était compenser une douleur par une honte.
Mais les autres, qui échouaient aux tests, savaient dès leur plus jeune âge qu’ils deviendraient, au mieux, de la chair à entreprise, comme il y eut de la chair à canon. Et l’on s’étonne que tant d’adolescents nippons se suicident.

Pages 69-70

Mais si Amélie aime tellement ce pays, malgré ses défauts, pourquoi en est-elle partie au bout de deux ans ? Non, pourquoi l’a-t-elle fuit ? Elle a raconté sa détestable aventure professionnelle d’un an dans Stupeur et tremblements. Mais si il y a ça, il n’y a pas eu seulement ça.

Sa fuite lui fut bénéfique.

Amélie qui commençait déjà à écrire, et à se lever à quatre heures du matin pour, s’y est littéralement vouée à son retour en Belgique, auprès de sa sœur adorée, Juliette.

C’est ainsi qu’elle écrivit, et publia, Hygiène de l’assassin, dont la promotion la fit revenir au Japon six ans plus tard.

J’ai lu plusieurs de ses romans, et celui-ci est certainement mon préféré.

J’ai dû me limiter dans mes citations pour ne pas en mettre trop, tant certaines sont loufoques, culturelles, curieuses.

Je ne peux que vous encourager à lire ce roman ! Et je crois bien que Nathalie fait le même conseil de lecture !

Son article ICI sur Anamor.

Ce roman a reçu le Prix de Flore en 2007 et a été adapté au cinéma sous le titre Tokyo fiancée en 2015 (mais que j'ai pas vu).

Ce roman participe au Challenge « Amélie Nothomb »de Pauline ainsi qu’à celui d’Hilde et Lou, « Un mois au Japon 2017 ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

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Nancy 09/04/2017 22:19

Je suis en train de le lire et je me régale aussi !
Il est savoureux et rempli d'anecdotes culturelles sur ce pays que je rêve de découvrir un jour.
Bonne soiree Blandine !

Blandine 10/04/2017 09:44

Ah je suis ravie qu'il vous plaise :-)
Belle journée à vous!

kiona 09/04/2017 15:22

Elle m'a fait visiter le Japon tout en ne bougeant pas de mon canapé! C'est un réel bonheur*

Blandine 10/04/2017 09:43

C'est exactement ça! Et avec beaucoup d'humour!

Pauline 09/04/2017 09:18

J'ai hâte d'arriver à celui-là dans mon programme de relecture. Je l'adore aussi ! J'ai lu Le sabotage amoureux hier, quel régal ! Bon dimanche !

Blandine 10/04/2017 09:43

:-)
Je pense lire "Stupeur et tremblements" comme elle y fait référence dans ce roman ;-)
Belle journée à toi!