La Terrifiante Histoire et le sanglant destin de Hansel & Gretel. Adam GIDWITZ, Nancy PEÑA et Joseph VERNOT. (Dès 13 ans)

Publié le 28 Octobre 2016

La Terrifiante Histoire et le sanglant destin de Hansel & Gretel

Texte d'Adam GIDWITZ

Illustrations de Nancy PEÑA et Joseph VERNOT.

Editions Hachette romans, octobre 2014.

256 pages.

Dès 13 ans.

Thèmes abordés : contes, détournement de contes, fratrie, sorcière, peur, mort, quêtes, amour.

Le conte d’Hansel et Gretel, vous connaissez ?

Oui, celui dans lequel un frère et une sœur sont conduits et abandonnés par leur père et marâtre (ou parents selon les versions) en pleine forêt.

Terrifiés et affamés, ils trouvent alors une maison en pain d'épices et confiseries, mais qui appartient à une horrible sorcière (ogresse) qui fomente le plan de les engraisser pour les manger (enfin surtout Hansel).

La petite Gretel est plus maligne que la sorcière ne le pense, et finira brûlée celle qui n’y croyait pas.

Mais voilà, ce conte que l’on nous a raconté, répété depuis si longtemps n’est pas tout à fait le bon, pas tout à fait le vrai.

Il était une fois une époque, où les contes étaient terrifiants….
Je sais, je sais. Vous ne me croyez pas. Et je ne vous le reproche pas, d’ailleurs. Il y a peu, je ne l’aurais pas cru moi-même. L’histoire d’une petite fille vêtue d’une cape rouge qui se promène dans la forêt, terrifiante ? On aimerait voir ça !
Depuis, pourtant, je me suis mis à les lire. Les vrais contes, ceux des frères Grimm. Et je peux vous dire qu’on n’y croise pas beaucoup de petites filles vêtures de capes rouges.
Enfin, si. Une. Mais elle se fait manger.
Vous vous dîtes sans doute : « D’accord. Si les contes sont terrifiants, pourquoi est-ce que tous ceux qu’on m’a racontés sont aussi incroyablement barbants ? »

Page 12.

La réponse de l’auteur est simple. En passant de personnes en générations, les contes se transforment, s’édulcorent, perdent de leur substance terrifiante (et donc attractive) au fil de leurs modifications.

Et lui se propose donc de nous en faire le récit intégral, avec tous ses détails, sanglants bien sûr.

Pour construire son récit, l'auteur use et détourne plusieurs autres contes des Frères Grimm dans lesquels il insère les jumeaux et nous explique, à sa manière, l'avant, le pendant et l'après de la seule aventure que nous leur connaissons (celle avec la maison de la sorcière donc).

Le fil ainsi construit voit s’imbriquer autour des deux enfants, désormais héros, les contes du Fidèle Jean, des Sept Corbeaux (ici appelés hirondelles), Frérot et sœurette, Les Douze Frères (ici : Un sourire rouge sang), les trois cheveux d’or

En tout, ils composent neuf chapitres, dont chacun commence par la célèbre ritournelle « Il était une fois… »

Il était donc une fois dans le Royaume de Grimm un frère et une sœur, Hansel et Gretel, s’enfuyant de leur château loin de leur père. Il leur avait tranché la tête pour ressusciter un vieux conseiller, Jean, au nom de la loyauté et de la fidélité. Après être revenus à la vie, puis perdus dans la forêt, ils découvrent la maison d’une boulangère particulière, à laquelle ils échappent, se perdent, se sacrifient, se séparent, échappent à des sorts, à un sorcier, dupent le diable en personne, se retrouvent, combattent un dragon… Surtout, grâce à ces épreuves ils grandissent et font l’expérience de la vie, de ses illusions et pertes.

Car aussi cruel que soit le chemin, il n’en est pas moins une quête initiatique grâce auquel les enfants mûrissent, assument des choix et des convictions, afin de mieux rentrer chez eux et d’accomplir ce qu’ils doivent faire.

La forme de ce récit est tout à fait originale, intéressante et, bien sûr, terrifiante et angoissante. Ce que l’auteur souhaite ardemment.

Il y a de l’horrible, de la terreur et du sang… Beaucoup de sang.

Il nous prévient d’ailleurs, dans des apartés en rouge, entrecoupant le récit de mises en garde (Vous avez bien éloigné les plus jeunes ? Vous êtes sûrs ? Très bien…) et de remarques personnelles.

C’est un procédé que je n’aime pas spécialement, d’autant qu’il a tendance à être répétitif dans ses propos. Cela casse mon rythme de lecture et mon immersion dans le récit mais parfois cela participe aussi au suspense.

Quant à l’objet-livre, il est superbe ! Une couverture cartonnée épaisse et douce, et des illustrations à la fois intrigantes et terrifiantes, riches de détails et toutes en ombres. Elles me font vaguement penser, mais avec une tonalité bien plus sombre, à certaines de Michel Ocelot.

Trois couleurs dominent l’ouvrage, le rouge, le blanc et le noir. Et que l’on retrouve dans le texte.

Elles participent grandement à l’attrait du livre !

Ce roman participe au « Challenge Halloween 2016 » d’Hilde et Lou et à son RDV autour des Sorcières.

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

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Commenter cet article

Nancy 30/10/2016 00:22

Ce roman me tente beaucoup ! Effectivement l'objet-livre est magnifique.
Ce conte avait aussi été détourné (ou utilisé plutôt) dans le thriller de Camilla Läckberg, L'oiseau de mauvais augure ...j'avais bien aimé le parallèle dans l'intrigue.
A très bientôt Blandine !

Blandine 30/10/2016 19:24

Je confirme que tout le livre est très beau :-)
Oh oui ça doit être sympathique de retrouver ce conte ainsi, surtout en littérature adulte!
Belle soirée Nancy!

Nathalie 28/10/2016 11:00

Qu'ils finissent bien ou mal, j'adore les contes ! Et celui-ci avec sa magnifique couverture et son titre effrayant, à tout pour me plaire...

Blandine 28/10/2016 22:26

;-)
Oui il est très attractif et vraiment bien mené (n'y aurait ces multiples interventions, ce serait un coup de cœur!)