Les Petites Reines. Clémentine BEAUVAIS (Dès 13 ans)

Publié le 2 Août 2016

Les Petites Reines

Clémentine BEAUVAIS

Éditions Sarbacane, collection « X’prim », avril 2015.

Dès 13 ans

272 pages.

Thèmes abordés : Adolescence, surpoids, collège/lycée, complexe, harcèlement, quête d’identité, célébrité, médias, réseaux sociaux.

En lecture commune avec Laurette :-)

Qui n’a pas entendu parler de l’énoooorme succès de ce roman paru l’an dernier et qui a enthousiasmé la blogosphère et les réseaux sociaux, récoltant encore Prix et nominations??!

Et c’est donc avec beaucoup d’envie, et un peu d’appréhension (et s’il ne me plaisait pas à moi ? !) que je me suis laissée embarquer dans la folle aventure de ce quatuor improbable, composé de trois Boudins et d’un Soleil.

L’histoire commence très fort avec les résultats d’un concours organisé sur Facebook par un dénommé Malo. Il a pour but de désigner les trois nouveaux Boudins d’Or, d’Argent et de Bronze du collège-lycée Marie Darrieussecq de Bourg-en-Bresse parmi dix-huit filles.

Ignoble, pensez-vous ! Et vous avez raison !

Mais Mireille Laplanche est presque déçue de n’avoir que la troisième place après avoir remporté la première les deux années précédentes.

Mais elle se rend vite à l’évidence. Ses concurrentes méritent largement leur place !

Le Boudin d’Or est attribué à Astrid Blomwall, une nouvelle, en seconde.
Elle a des cheveux blonds, beaucoup de boutons, elle louche tellement qu’une seule moitié de sa pupille gauche est visible, le reste se cache en permanence dans la paupière. On comprend tout à fait le choix du jury.
Le Boudin d’Argent a été décerné à une petite de cinquième, Hakima Idriss. C’est vrai qu’elle est bien laide aussi, avec sa moustache noire et son triple menton ; on dirait un brochet.

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Oui Mireille est ainsi, pleine de franc-parler, de réparties bien senties (sa mère en fait bien sûr aussi les frais), et d’un fort potentiel d’encaissement. A l’inverse de ses deux nouvelles acolytes, qu’elle prend sous son aile.

Et c’est ainsi que les trois "Boudinettes" sympathisent, partagent leurs passions et s'allient.

Elles fomentent le projet dingue de monter à Paris pour « gate-crasher » la garden-party de l'Elysée du 14 juillet. Pourquoi? Parce qu’elles ont chacune une très bonne raison de le faire !

Et comment comptent-elles s’y rendre ? A vélo, pardi !

Mais pas seules. Le frère aîné d’Hakima, Kader, joliment surnommé le Soleil par Mireille, les accompagne, à sa manière !

Trois boudins et un éclopé échappés de Bourg-en-Bresse sont en train de gagner Paris en vendant des boudins. Oui, mais ! En chemin ils ont aussi « gate-crashé » le bal de Cluny. C’est tout ? Non, ce n’est pas tout. « L’aventure de ces toutes jeunes filles semble intéresser les internautes, qui de groupe Facebook en compte Twitter s’interrogent sur ce convoi exceptionnel », nous apprend Libération. Pourquoi ? Selon Métro, parce que « Le road-trop de ces adolescentes qui ne ressemblent pas aux stars de la télé est une belle revanche sur l’ingratitude de l’adolescence ». Le Figaro va plus loin : « Dans une époque où le harcèlement à l’école et le culte de la beauté physique ont supplanté entraide et aspiration intellectuelle, les « Trois Boudins » autoproclamées, dont l’objectif n’est pas encore connu, risquent de faire grosse impression ».

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Et, double pied de nez : pour financer leur road-trip, elles vendent des boudins (blancs, noirs et végétariens [Merci Clémentine]!) et Mireille retourne à leur avantage le buzz généré par cet infect concours pour leur assurer une superbe couverture médiatique, tant dans les journaux que sur les réseaux sociaux.

Le hashtag #3boudins est né !

On ne lui a pas dit tout ça, non parce qu’on redoute qu’elle prenne la grosse tête, mais parce que pour chaque fois où une personne dit qu’on est géniales, fortes, intelligentes et combatives, il y en a une autre sur un réseau social quelque part qui s’applique à écrire qu’on est des grosses connes moches, des laiderons, des putes, des pouffiasses et des salopes, des sales connasses, moches comme des culs, moches comme des truies. Qui sont ces gens ? Le mystère reste entier. Y a-t-il des personnes qui existent, qui vivent, qui mangent, qui rient et qui dansent, derrière ces ahurissantes insultes ?

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Eh oui malheureusement, leur entreprise suscite autant d’engouement que de méchancetés, souvent gratuites, faciles mais si dévastatrices ou galvanisatrices, selon le caractère.

Mireille, ça la booste.

Que croient-ils tous ? Que parce qu’elles ont été désignées « Boudins », elles ne pourraient rien faire d’autre que de geindre ou de se lamenter sur leur sort ? En suppliant le méchant Malo (&co) de ne pas recommencer, en pleurnichant, en disant que « ça se fait pas » et que « c’est pas juuuste »… ?

Parce que si ce n’est pas ça, ce sera autre chose. Alors autant en prendre son parti et avancer.

Quant à Kader, c’est une motivation autrement plus personnelle qui le pousse à accomplir ce périple : la culpabilité.

Mais tous se dépassent, se révèlent et prouvent, tant à eux-mêmes qu’au monde, qu’ils sont capables de faire des choses et de sortir des cases dans lesquelles on a voulu les faire rentrer, pour dégommer ces jugements hâtifs liés au paraître, tout en jouant avec leur toute récente (et certainement éphémère) célébrité.

Difficile de résister au ton enlevé, drôle, impertinent, cynique ou bien naïf employé par les personnages tout en nuances de Clémentine Beauvais, et surtout de sa narratrice, Mireille. Narratrice qui nous interpelle quelque fois, nous lecteurs, au cours du roman. C’est un procédé que je n’affectionne pas particulièrement, car cela me gêne et entrave ma lecture.

Mais il n’en reste pas moins que j’ai adoré et dévoré ce roman, comme nos anti-héros les kilomètres, me régalant des jeux de mots, des noms connus trafiqués, des extraits de journaux ou publications FB ou Twitter qui jalonnent le roman, lui conférant des liens hypertextes (ce que j’adore).

Une bande-son concoctée par l’auteure accompagne ce roman feel-good et page-turner (ah ces catégories ;-) ), parfait pour l’été et qui s’achève avec What A Wonderful World de Louis Armstrong.

Pour ma part, je vous partage celle-ci de Joni Mitchell.

Un grand merci à Laurette qui m’a offert ce livre à Noël (CLIC) et avec qui je vous le présente. Allons lire son article ICI!

Bien que je me sois régalée à la lecture de ce roman, je comprends son point de vue, et le rejoins en partie.

Je crois surtout que nos réticences sont dues au fait que nous ne sommes pas le public "cible" et imagine nettement un/e ado pouffer.

Ce roman participe au Prix des Incorruptibles 2016-2017, catégorie 3e/Lycée.

Ainsi qu’au Challenge PAL d’été 2016 de Sandra.

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Je vous ai présenté un album de Clémentine Beauvais sur le blog, La Louve, illustré par Antoine Dépré, et lauréat du Prix des Incorruptibles 2015-2016, sélection CE2-CM1.

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

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