Les Godillots. Tome 1. Le gourbi du sorcier. Olier et Marko (Dès 9 ans) + histoire du camouflage

Publié le 17 Avril 2016

Les Godillots. Tome 1. Le gourbi du sorcier. Olier et Marko (Dès 9 ans) + histoire du camouflage

Les Godillots. Tome 1. Le gourbi du sorcier.

Texte d’Olier.

Dessins et couleurs de Marko.

Bamboo Edition, collection « poche », février 2014.

98 pages.

Dès 9 ans.

Thèmes abordés : Première Guerre mondiale, jargon, armes, amitié.

Ce roman jeunesse illustré n’est pas une adaptation de la BD du même nom et du même duo, dont la série a débuté en 2011, et qui prend également pour cadre la Première Guerre mondiale.

Les Godillots. Tome 1. Le gourbi du sorcier. Olier et Marko (Dès 9 ans) + histoire du camouflage

Somme, août 1916.

Dans le cantonnement de Gougères-en-Val, un jeune garçon de 14 ans, mais qui dit en avoir 17, part avec la mule Emérence et son singe Salopiot pour aller chercher de l’eau. Il s’appelle Bixente, mais tous l’appellent « Bichette ».

Débrouillard et aventureux, il a quitté son pays basque natal dans le fol espoir de retrouver son frère aîné. Mais il a été recueilli par des soldats du 435e Régiment d’Infanterie et se trouve désormais sous les ordres du caporal Ambroise Palette et du 2e classe Jean Le Bouhis, dit Le Bourru.

Sur le chemin, le vélo du vaguemestre fait tant de bruit, que la mule s’affole, bouscule Bixente dont la tête heure violemment le tronc d’un pin.

Pas de médecin alors, pour qu’il soit soigné, Palette, Le Bourru et le vaguemestre Bodet, amènent Bixente en première ligne, dans la tranchée B12, voir le soldat Seignolle, surnommé le Sorcier.

Dans l’entrée est apparu ensuite un poilu bizarre. Il était chauve comme un œuf, mais il avait une longue barbe noire dans laquelle il avait fait des tresses. Il ne portait que le bas de son uniforme bleu, le pantalon, les guêtres et les godillots.

Pages 33-34.

Les Godillots. Tome 1. Le gourbi du sorcier. Olier et Marko (Dès 9 ans) + histoire du camouflage

Au-dessus de son gourbi, un tronc calciné et à l’intérieur, une odeur nauséabonde. Mais l’homme sait ce qu’il fait, remboîte l’épaule du garçon et lui donne à boire une mixture pour l’aider à faire passer son mal de tête.

Pendant que Bichette est supposé dormir, le capitaine Bertrand vient le solliciter pour ses prévisions, car un assaut ordonné par les huiles est prévu. Seignolle est confiant, l’assaut est lancé mais des tirs de mitrailleuses allemandes fauchent les soldats français.

Et puis on a entendu les cris. Plus des ordres aboyés, cette fois, mais des cris de douleur, comme j’en avais jamais entendu. Au début, ils étaient couverts par la mauvaise pétarade des mitrailleuses, mais après, on aurait dit qu’ils se rapprochaient de nous. Des cris horribles, comme ceux des animaux des abattoirs de Bayonne. Il m’a fallu un certain moment pour comprendre que c’était des hommes qui criaient comme ça…

Pages 56-57.

Les Godillots. Tome 1. Le gourbi du sorcier. Olier et Marko (Dès 9 ans) + histoire du camouflage

Les survivants veulent des explications, le vaguemestre Bodet se sert de leur colère pour régler ses comptes d’avant-guerre et Bichette leur dévoile le don de vision du sorcier : un arbre creux, en ciment.

C’était un parfait poste d’observation, mais il est bientôt détruit par les Allemands.

C’est ainsi que se termine ce premier tome.

Tout le récit est parsemé de mots d’argot, de descriptions de la guerre, des tranchées, des conditions de vie, de ravitaillement des soldats. Et de la mort, mais sans aspect glauque.

Les illustrations accompagnent bien le texte. Elles montrent des personnages souvent souriants, des tranchées profondes et non encombrées, sèches car en été.

Les Godillots. Tome 1. Le gourbi du sorcier. Olier et Marko (Dès 9 ans) + histoire du camouflage

C’est avec ce roman (d'abord lu il y a deux ans) que j’ai découvert l’utilisation par l’armée française du camouflage durant la Première Guerre mondiale, alors que j’avais toujours lu que les hauts gradés considéraient le fait de se dissimuler comme une lâcheté.

Par la suite, c’est avec ma visite au Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux ou lors de l’exposition temporaire Reflets de guerre, à Boulogne-Billancourt, que j’ai appris que le camouflage avait été largement utilisé pendant le conflit.

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Autoportrait de Lucien Victor Guirand de Scévola en 1917
Autoportrait de Lucien Victor Guirand de Scévola en 1917

C’est le 12 février 1915 que le ministère de la Guerre crée officiellement la première équipe de camouflage autour du peintre académique Lucien Victor Guirand de Scévola (1871-1950) et l'envoie sur le front de Picardie (lieu où se déroule le roman).

Avec le décorateur nancéen Louis Guingot (1864-1948), ils avaient, dès 1914, déjà expérimenté la dissimulation de leurs canons sous des toiles peintes aux couleurs de la nature environnante ou fait revêtir leurs artilleurs de vestes « léopard ». Ils s'étaient inspirés des mouvements artistiques en vogue, et notamment du cubisme.

Convaincu, le Ministère crée la Section de camouflage le 4 août 1915, dont le symbole est un caméléon brodé.

Un caméléon, symbole de la Section de camouflage, est brodé en cannetille d’argent sur les couleurs de l’état-major, rouge et blanc.
Un caméléon, symbole de la Section de camouflage, est brodé en cannetille d’argent sur les couleurs de l’état-major, rouge et blanc.

De grands artistes, tant sur le Front qu’à l’Arrière, travaillent pour elle créent des toiles, des leurres, des mannequins, des postes d’observation : faux arbres, fausses ruines, faux animaux, peintures en trompe-l’œil, des périscopes…

L’éventail est large, très inventif et est si prisé que les autres armes l’utilisent (aviation, marine) mais aussi dans les pays étrangers : anglais, belge, italien, américain, allemand

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/etonnants-camouflages-29-11-2014-4330767.php

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/etonnants-camouflages-29-11-2014-4330767.php

Char et veste (non retenue par l'armée et visible au musée de Nancy) http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/autre/camouflage-sujet_12148_1.htmChar et veste (non retenue par l'armée et visible au musée de Nancy) http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/autre/camouflage-sujet_12148_1.htm

Char et veste (non retenue par l'armée et visible au musée de Nancy) http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/forum-pages-histoire/autre/camouflage-sujet_12148_1.htm

Le transport d'hydravions britannique HMS Pegasus - 1917
Le transport d'hydravions britannique HMS Pegasus - 1917

Mais la Section est dissoute à la fin de la guerre en 1918 et n’est pas incluse dans les projets de réorganisation de l’Armée en 1919.

En raison de la reprise du mouvement dans les derniers mois du conflit, des limites sont apparues dans l’utilisation du camouflage, qui demandait trop de temps de mise en œuvre.

Pour en apprendre davantage, je vous invite à lire cet article sur le site du Centaine de la Grande Guerre, ainsi que les autres d'où sont issues les photographies présentes dans mon article.

Ce roman participe à mon Challenge autour de la Première Guerre Mondiale et à mon RDV autour des armes.

challenge 1gm

 

Belles lectures et découvertes,

Blandine.

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