Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)

Publié le 30 Mars 2016

Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)

Trois secondes

Textes et illustrations de Georges LEMOINE avec la participation d’Alain SERRES.

Editions Rue du Monde, mars 2006.

Dès 5 ans.

Notions abordées : temps qui passe, enfance, droits des enfants, famine, injustice.
Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)

Trois secondes, c’est court. Pourtant trois secondes, ça peut être long.

Trois secondes, c’est le temps qu’il faut pour créer et voir s’envoler une bulle de savon, c’est le temps pour qu’un ballon échappé de la main d’un enfant soit trop haut.

Trois secondes, c’est une petite distance sur terre et une grande dans l’espace.

Trois secondes, c’est une nuée d’abeilles autour d’une ruche ou de flocons de neige qui tombent en valsant.

Trois secondes, c’est une idée qui fuse et tant de mots prononcés dans toutes les langues.

Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)
Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)

Trois secondes, c’est l’émerveillement mais aussi la souffrance, la découverte et la disparition, c’est le passage d’un état à un autre. C’est tant de vies commencées et tout autant qui s’achèvent. Des vieilles et hélas des jeunes.

Toutes les trois secondes, parmi ces particules de vies éparses sur et autour de la Terre, un enfant meurt de faim.

Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)
Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)

Cet album a dix ans.

En 2006, toutes les trois secondes, c’était près de 30 000 enfants qui mourraient par manque alimentaire : nourriture ou eau….

Parce que les autres habitants de sa planète, ses six milliards de frères et sœurs, de parents et de lointains cousins, n’ont pas su, pas voulu, partager leurs richesses. Mieux penser la solidarité. Organiser à temps les urgences.
(…)
Combien de temps les chefs des Etats les plus riches vont-ils attendre avant de décider que chaque enfant doit pouvoir vivre toute sa vie ? Peut-être faut-il que, toutes les trois secondes de chaque jour et de chaque nuit, l’un d’entre nous, enfant ou adulte, le dise ? le répète ? le crie ?

Ce cri du cœur qui le conclue n’a pas été entendu, pire il a été étouffé. Car dix ans après, la situation est bien pire et la faim, conséquence de conflits de diverses natures, jette sur les routes hommes, femmes et enfants, dans l’espoir fou, mais vain, d’y échapper.

Sous couvert de poésie, cet album est un douloureux appel mais aussi un doigt accusateur, pointé avec davantage de hargne depuis l’afflux des migrants. Leur situation est toujours plus préoccupante et précaire et montre combien, aussi moche cela soit-il, les vies n’ont pas la même valeur, même lorsqu’il s’agit d’enfants. (cf les lieux des attentats)

Trois secondes. Georges LEMOINE (Dès 5 ans)

Selon l’UNICEF, 87 millions d’enfants âgés de moins de sept ans n’ont connu que le conflit… (24 mars 2016)

Et ceci me renvoie à un paragraphe de l’album Tu me prends en photo de Marie-Francine HEBERT.

Tu me prends en photo.

Pour quoi donc…

Je sais.

Tu vas la publier dans un journal

Pour que tout le monde la voie !

Sauf tes enfants, je gagerais.

Ils sont si jeunes.

Ils trouveraient ça trop triste.

Ils en auraient des cauchemars.

Le reste du monde, lui, qu’en pensera-t-il ?

L’afflux des migrants, nos jeunes enfants y sont confrontés plus ou moins directement, sans qu’ils puissent toujours comprendre ce qu’il se passe. L’album Koko au pays des Toutous de Jean-Benoît Meybeck, édité chez Des Ronds dans l’O Jeunesse (24 mars 2016), permet de l’expliquer aux plus jeunes dès 3 ans en utilisant un animal apprécié des enfants : le chien.

Je vous le présente ICI.

Et il y a bien sûr le petit livre Eux c’est nous illustré par Serge Bloch, mais destiné à des enfants dès 8 ans.

Je vous invite à découvrir ma bibliographie, générale, sur LES différences, quelque soit leur nature/origine et mon article consacré à la Journée Internationale des Droits de l’enfant.

Cet album participe au Challenge « Je Lis Aussi des Albums 2016 » de Sophie Hérisson.

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31/100

Blandine.

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Commenter cet article

Nancy 30/03/2016 10:47

Quel coup de cœur cet album...
Moi aussi j'en reste sans voix, les larmes aux yeux en lisant votre chronique.
Merci Blandine !

Blandine 30/03/2016 14:35

Merci à vous <3

Laurette 30/03/2016 09:42

oh .... j'en reste sans voix ... je n'avais pas cerné le propos de cet album ... merci pour ce partage, encore un texte essentiel ... bises

Laurette 30/03/2016 16:08

ah ... étrange, je ne vois pas ce que j'aurais pu dire pour t'inspirer ... mais tant mieux cela dit ... :-) Rue du Monde ... maison d'édition toujours très soignée et portant si bien son nom ...

Blandine 30/03/2016 14:35

Un album dur présenté poétiquement...
Mais grâce à ton petit comm sur mon C'est lundi, j'ai trouvé les mots pour en parler.
Je ne savais pas non plus quand je l'ai emprunté. Je l'ai pris car il vient de Rue du Monde!
Bises