Mon père, soldat de 14-18 Christophe MALAVOY (Dès 8 ans)

Publié le 17 Janvier 2016

Mon père, soldat de 14-18 Christophe MALAVOY (Dès 8 ans)

Mon père, soldat de 14-18.

Christophe MALAVOY

Editions De la Martinière Jeunesse, décembre 2013.

64 pages.

Dès 8 ans.

Thèmes abordés : Première Guerre mondiale, famille, manque, souvenirs, espoirs

Le titre de ce roman nous dévoile déjà beaucoup de sa teneur : la première guerre mondiale vue par le prisme d’un fils. Un enfant devenu grand et qui à présent, se souvient et se livre.

Un enfant de 10 ans, Charles qui, au 2 août 1914, lorsqu’il entend résonner le tocsin dans le village de ses grands-parents où il passe l’été, comprend, sait, que rien ne sera jamais plus pareil.

Dès lors, il s’attache à nous décrire la guerre et son quotidien, son attente, dans un récit chronologique.

Mon père, soldat de 14-18 Christophe MALAVOY (Dès 8 ans)

S’imbriquent la vie au Front, racontée surtout par les lettres du père et celle à l’Arrière, à Paris, quotidien, à la fois bousculé et ordinaire.

Les batailles, les morts et les camarades orphelins, les Taxis de la Marne, les blessures, l’école et les leçons, les uniformes au pantalon rouge garance puis dits « bleu horizon », la mère devenue infirmière au Val-de-Grâce, l’angoisse du gaz, la censure et les journaux, les poux et rats, la cure thermale de la tante, les permissions, l’argot, l’aviation…

Et tout cela dans les yeux d’un enfant, assez grand pour entendre, trop petit pour comprendre et accepter. Et c’est cet impact indicible que le roman nous retranscrit très bien.

La peur, l’imagination, le manque, les transmissions, les odeurs… les réelles, et surtout celles du souvenir.

Il est aussi une mémoire dont nous ne soupçonnons pas l’étendue, je veux parler de la mémoire des parfums et des odeurs et c’est précisément celle-ci qui me fait aujourd’hui revivre ces instants. Quand papa m’embrassa, ce fut un éclair de souvenirs et de sensations qui renaissaient en moi. (…) C’était cette respiration qui m’avait au fond le plus manqué.

Page 38.

Nous sentions le savons de Marseille à plein nez et cette odeur, dans mon souvenir, restera bien plus tenace que tous les plats que maman nous préparait cependant avec amour.

Page 48.

Mon père, soldat de 14-18 Christophe MALAVOY (Dès 8 ans)

Les espoirs et les illusions, la mémoire et les rêves, les incompréhensions et les utopies. Guerre qui fait grandir, mûrir trop vite, qui fauche les innocences comme les vies Pour cet enfant, adulte de demain, tout ceci ne rime à rien et avec ses camarades, ils ont rédigé une Charte de la Liberté.

Je découvris toutes ces informations dans l’Illustration, un hebdomadaire dans lequel une amie de ma mère venait récemment d’être engagée et qu’elle nous rapportait régulièrement. Je passais des heures à lire et à regarder les photographies prises dans les tranchées ou dans des villages aux maisons détruites, et, devant tant de tristesse et de souffrance, je me disais que la guerre était une grande bêtise et que tous ces hommes seraient bien mieux à se serrer la main. Pourquoi fallait-il tuer et détruire autant ? Je ne comprenais pas les raisons d’un tel acharnement. De toutes mes lectures, je me souviens d’un nom, celui d’un homme qui s’était battu pour imposer la paix et éviter la guerre. Le nom d’un homme qui prônait le pacifisme mais qui fut assassiné le 31 juillet 1914, la veille de la déclaration de guerre. Il s’appelait Jean Jaurès.

Pages 34-35.

J’apprenais à vivre au cœur des évènements qui durcissaient mon regard sur le monde. Si mon père ne revenait pas, le monde entendrait parler de moi.
(…)
Je me sentais pousser des ailes et imaginais déjà la nouvelle carte du monde que tous les enfants de la Terre allaient bientôt redessiner.
(…)
Nous avions soif de liberté et d’amour, et nous avions pris l’avion de Fourmi pour symboliser notre force et notre rayonnement.

Pages 50-51

Espoir de ces jeunes garçons, espoir qui permet de tenir, de vivre au jour le jour, de rêver et de croire en un futur, mais, paradoxalement, la fin guerre stoppe cet élan fraternel.

Et nous savons bien ce qui s’est passé ensuite…

Le roman s’ouvre sur une carte de la France indiquant les grandes batailles et se clôt avec les grandes dates de la guerre et un lexique. Personnellement, je n’aime pas lorsque les notes sont regroupées en fin d’ouvrage plutôt qu’en bas de page, car cela oblige à manipuler le livre, cassant le rythme de la lecture ou sinon, à ne pas les regarder.

Le livre objet est beau, avec une couverture épaisse dont la couleur rappelle celle de l’uniforme dit « Bleu horizon », et l’enfant survolant les soldats, avec son avion [de papier] qu’il laisse s’envoler ensuite sur la quatrième de couverture. Le texte est parsemé de-ci delà de quelques dessins en ombres, sobres, vieillis.

Mon père, soldat de 14-18 Christophe MALAVOY (Dès 8 ans)

Ce roman est d’abord paru en 1997 sous le titre « J’étais enfant pendant la guerre de 14-18 » est poignant, émouvant.

Christophe Malavoy s’est inspiré de sa propre histoire familiale, son grand-père est tombé au champ d’honneur en 1915 en Champagne, pour écrire et créé autour de la Grande Guerre.

Parmi tant d’autres, Prix du Livre de l’été à Metz, relate l’agonie de son aïeul, mise ensuite en scène dans le spectacle « Qui se souviendra » ou dans le film « Ceux qui ne meurent jamais » et dans lequel l’auteur interprète le rôle de son grand-père.

Site de l'auteur

Ce titre participe à mon challenge « Première Guerre mondiale », rendez-vous de janvier consacré à la famille.

challenge 1gm

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