Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée. Collectif

Publié le 10 Janvier 2016

Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée. Collectif

Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée.

Collectif d’illustrateurs.

Editions du Chêne, 7 décembre 2015.

96 pages

Qui peut affirmer pouvoir réciter sans peine les trente articles de la Déclaration universelle des Droits de l’homme ? Peu j’imagine, et je ne fais pas exception.

Bien sûr, on en connait l’essentiel, les idées, le principal, mais en vrac…

Seul le premier est certainement le plus connu.

Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée. Collectif

D’autant plus qu’il reprend la devise de la France, Patrie des Droits de l’Homme.

Et en cela, c’est à la fois dommage et un comble.

Et force est de constater que si beaucoup de pays s’en réclament plus ou moins, aucun n’a atteint cet idéal et que les débats ne sont pas toujours sereins.

La Déclaration universelle des droits de l’homme est pourtant un texte fondamental, que les Editions du Chêne ont décidé de publier dans une très belle version illustrée à la suite des attentats contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015.

Ce, afin de donner une réponse culturelle à la barbarie terroriste.

Initialement prévue pour le 4 janvier 2016, sa sortie a été avancée pour une version poche après les attentats de Paris du 13 novembre 2015.

Comme une urgence, une nécessité.

Connaître ses droits, c’est résister !

Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée. Collectif
Déclaration universelle des droits de l’homme illustrée. Collectif

Le livre est divisé en trois parties :

  • Les 30 articles assortis d’une illustration propre.
  • Une courte biographie des trente-et-un illustrateurs (la couverture en plus, réalisée par Rebecca Dautremer)
  • Des citations d’auteurs, de philosophes, de politiques, « d’avant-hier, hier et aujourd’hui ».

Les illustrations sont en parfaite adéquation avec les mots de 1948 qui résonnent très fortement aujourd’hui.

Ces binômes nous incitent à nous poser, à réfléchir aux notions essentielles qui régissent la vie des Hommes, tant dans leur sphère privée que sociale, leurs droits mais aussi leurs devoirs quant à la vie dans son ensemble, la religion, la justice, l’éducation, les loisirs, la liberté sous toutes ses formes…

Gérald Guerlais / Maumont
Gérald Guerlais / Maumont

Gérald Guerlais / Maumont

Les dessins, sont tout à la fois très représentatifs, sobres, oniriques, humoristiques, doux, dérangeants…

Certains m’ont marquée, d’autres questionnée.

Ils rendent la lecture des articles plus attrayante, plus facile, fluide et accessible. Pour nous ou nos enfants, à qui des dessins parlent nécessairement plus, nous permettant de parler, d’engager une discussion.

Il y a donc 31 artistes, d’horizons divers dont nous entrevoyons la biographie dans la seconde partie : illustrateurs jeunesse, dessinateurs de presse, travaillant pour la publicité, graphistes, coloriste…

Certains noms me sont connus, d’autres non : Rébecca Dautremer, Marc Boutavant, Caroline Piochon, Carole Trébor, Aline Bureau…

Caroline Piochon / Marc Boutavant
Caroline Piochon / Marc Boutavant

Caroline Piochon / Marc Boutavant

La dernière partie propose des citations afin de prolonger la réflexion, qui on le constate, travaille les hommes depuis fort longtemps.

Ainsi, se côtoient les mots de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, de Karl Marx et Friedrich Engels, de Friedrich Nietzsche, de Simone Weil ou encore Euripide ou Jean-Jacques Rousseau.

La formule républicaine a su admirablement ce qu'elle disait et ce qu'elle faisait; la gradation est irréprochable. Liberté, Égalité, Fraternité.
Rien à ajouter, rien à retrancher. Ce sont là les trois marches du perron suprême. La liberté, c'est le droit, l'égalité, c'est le fait, la fraternité, c'est le devoir. Tout l'homme est là.
[...]
Les heureux doivent avoir pour malheur les malheureux; l'égoïsme social est un commencement de sépulcre; voulons nous vivre, mêlons nos cœurs, et soyons l'immense genre humain.[...]
Tout ce qui souffre accuse, tout ce qui pleure dans l'individu saigne dans la société, personne n'est tout seul, toutes les fibres vivantes travaillent ensemble et se confondent, les petits doivent être sacrés aux grands, et c'est du droit de tous les faibles que se compose le devoir de tous les forts. J'ai dit.

Victor Hugo, Le Droit et la Loi, juin 1875.

Page 82

On ne peut parler des droits de l’homme sans parler des devoirs de l’homme ; les uns se rapportant aux autres, et pour les deux ensemble, nous cherchons un mot.
Il en va de même de la dignité humaine et de l’amour des hommes. Le genre humain, tel qu’il est aujourd’hui et sera sans nul doute longtemps encore, ne possède pour sa plus grande part aucune dignité et mérite plus de compassion que de vénération, mais il doit être élevé à la hauteur de la vraie nature de l’espèce, de ce qui fait sa valeur et sa dignité […]. C’est l’humanité qui caractérise notre espèce : elle n’est en nous qu’une virtualité native et doit être proprement cultivée. Nous ne l’apportons pas toute faite en venant au monde ; elle doit devenir le but de nos efforts terrestres, la somme de nos activités, notre valeur […]. Même ce qu’il y a de divin dans l’espèce résulte de la culture de l’humanité en nous […]. Cette culture [de l’humain] est une œuvre à poursuivre sans fin ni cesse, ou bien nous sombrons, grands et petits, dans la bestialité et la brutalité primitives.

Johann Gottfried von Herder, Lettres pour l’avancement de l’humanité. 1793-1797.

Page 85

Sébastien Pelon: http://www.sebastienpelon.com/

Sébastien Pelon: http://www.sebastienpelon.com/

Un tout petit livre essentiel, très petit par son prix (2,90 euros), grand par sa valeur et son propos, à diffuser très largement.

D’un point de vue tout à fait personnel, seule une chose me dérange, et qui n’est pas due à l’éditeur : le petit « h » à homme. Avec un grand « H », le mot aurait concerné l’humanité dans son entier, donc hommes et femmes.

Je vous invite à découvrir l’avis de mon amie Magali: CLIC

Lu en lecture croisée avec Laurette qui nous relate l'histoire, la genèse et la suite de cette Déclaration. Notamment auprès des enfants...

C'est la raison pour laquelle, plus de 10 après, est signée, la Déclaration des droits des enfants, adoptée le 20 novembre 1959, contenant un préambule et 10 grands principes, et où il est rappelé

"L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur."

On reconnait alors à l'enfant une place et surtout une certaine fragilité nécessitant une protection particulière. Des grands principes fondateurs qui, en 1989, le 20 novembre également, permettront de faire naître la Convention internationale des droits de l'enfant.

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Merci à Babelio et aux Éditions du Chêne de m’avoir permis de lire et chroniquer ce titre.

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Rédigé par Blandine

Publié dans #Droits, #Citoyenneté, #Livre essentiel, #Lecture Commune

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Nancy 11/01/2016 08:34

Merci pour votre article Blandine, j'ai vraiment envie d'acheter ce titre pour découvrir les illustrations et me remettre en mémoire tous les articles (c'est vrai que nous ne les connaissons pas tous sur le bout des doigts....).
Certaines des illustrations que vous avez présentées me touchent profondément.
Belle journée à vous !

Blandine 11/01/2016 09:31

Merci à vous :-)
Le livre est vraiment beau, clair, concis, essentiel.
La version grand format doit conférer aux dessins certainement plus de force encore!
Belle journée à vous aussi :-)

Laurette 10/01/2016 22:03

Ah ben mince tu as raison ... pourquoi ne pas avoir mis la majuscule ....? j'ai même mis des majuscules partout moi ... sans y prêter attention ! ... Je ne sais pas si les Éditions du Chêne avaient vraiment le droit de modifier le titre ...??? Cela aurait été un parti pris intéressant ... et comme tu le souligne, effectivement c'est un comble que l'on ne connaissent pas mieux ce texte ... on est loin de l'idéal c'est certain, j'ai même le sentiment qu'on a collectivement régressé ... hélas ... mais restons optimiste :-) Bises