Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Publié le 31 Décembre 2014

Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Le Royaume.

Emmanuel CARRERE.

Editions P.O.L., septembre 2014.

630 pages.

Thèmes : religions, christianisme, introspection, enquête.

J’avoue que je n’avais jamais lu de livre d’Emmanuel Carrère avant celui-ci bien que certains de ses titres m’avaient bien tentée les années passées. (D’autres vies que la miennes, Limonov, Un roman russe,…)

A la lecture du Royaume, j'ai d'autant plus envie de les lire!A la lecture du Royaume, j'ai d'autant plus envie de les lire!A la lecture du Royaume, j'ai d'autant plus envie de les lire!

A la lecture du Royaume, j'ai d'autant plus envie de les lire!

Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Ce n’était que par procuration que je l’avais lu, grâce à différents magazines littéraires, et notamment Lire.

Magazine dans lequel j’ai découvert Le Royaume dans son numéro de septembre 2014 (N°428) et à qui il consacre son dossier, agrémenté d’une interview et d’un extrait. Extrait qui m’a immédiatement interpellée...

J’ai aussi eu le plaisir de le voir sur le plateau de la Grande Librairie en face de Paul Veyne, le 11 septembre 2014.

C’est donc avec une grande attente, et impatience, que j’ai reçu ce gros livre, pavé de 630 pages, grâce aux Matches de la Rentrée Littéraire 2014 de Price Minister, que je remercie bien chaleureusement !

Un livre imposant de par son sujet et son nombre de pages, encensé par des critiques enthousiastes et plébiscité par tous, qui a obtenu de nombreux Prix : Prix Littéraire décerné par le journal Le Monde ; élu Meilleur livre de l’année par le magazine Lire ; et Lauréat-Plamarès 2014 par celui du Point !

Mais de quoi parle-t-il ?

Il nous parle de religion, du christianisme surtout, de ses origines essentiellement.

Mais pas seulement !

Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Emmanuel Carrère s’insère tout entier dans son livre. Il se pose une question fondamentale: comment peut-on être encore chrétien de nos jours? Lui qui a cru et ne croit plus...

Cette interrogation lui est venue grâce à l’un de ses amis, Patrick Blossier, au cours d’un dîner sur la série télévisée Les Revenants, pour laquelle il a été scénariste, au tout début, et dont le postulat rejoint les origines du christianisme.

Ce qu'il dit, c'est que c'est une chose étrange, quand on y pense, que des gens normaux, intelligents, puissent croire à un truc aussi insensé que la religion chrétienne, un truc exactement du même genre que la mythologie grecque ou les contes de fées.

Page 13

Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Voici le point de départ d’une formidable enquête qu’Emmanuel Carrère mène tambour battant, nous entraînant dans son sillage. D’abord au cœur de lui-même, de sa pensée et de son parcours, en tant qu’Homme, père, écrivain, croyant puis non-croyant…

Dans la première partie, il parle de lui, de son rapport à la vie, au couple, à la famille, à la religion, de ses doutes… Il nous fait sa petite bibliographie et nous livre la genèse de ses romans, les difficultés rencontrées, ou les évidences. Il nous explique son cheminement intellectuel et personnel, son interprétation, pas toujours impartiale, juste, des évènements, mais toujours avec honnêteté !

Après avoir refermé son fervent épisode chrétien, il nous raconte dans la seconde partie du livre (à partir de la page 143), les débuts de ce qui allait devenir le christianisme, dans les vingt, trente, quarante années qui ont suivi la mort de Jésus.

C’est ainsi qu’à ses côtés, on chemine en Asie, en Macédoine, à Jérusalem, Rome… à la rencontre des divers personnages, plus ou moins influents, plus ou moins proches de Jésus, tant dans le temps que dans l’esprit, qui tentent de répandre son enseignement.

On fait ainsi connaissance avec Paul, puis Luc (qui a la préférence de l’auteur), mais aussi de Marc, Jacques, Jean, Pierre, Philippe, indirectement de Marie…

Ce, avec toutes les divergences de doctrines et de points de vues que cela suscite, en fonction du passé des auteurs, de leur culture, de leur rapport avec la religion, tiraillée entre le judaïsme, le paganisme grec ou romain, et bien sûr, la politique et les mœurs.

La Résurrection peinte par Piero della Francesca, peinte entre 1463 et 1465.
La Résurrection peinte par Piero della Francesca, peinte entre 1463 et 1465.

Le fondement du christianisme repose sur la Résurrection.

Or, cette croyance, absolument pas remise en doute lorsqu'elle se serait produite, ne faisait vraiment pas partie des croyances de l'époque, qui n’attachaient aucune importance au corps, en tant qu’enveloppe.

Une fois mort, le corps n’est plus rien et l’être qui l’habitait n’étant plus, on passe à autre chose. Il se passe là quelque chose de tout à fait incroyable et pourtant jamais questionné.

Ce rapport à l’enveloppe charnelle, ce culte, mais aussi ce rejet, l’eucharistie et la transsubstantiation, sont des principes tout à fait novateurs, et paradoxalement, aucun écrit ne donne de description du visage de Jésus. Etat tout à fait conforme aux mœurs de l’époque. Celui qui nous est parvenu est plutôt de l’ordre de l’idéal, du sacré que du réel. (Page 398)

Christ Pantocrator du XIIe siècle -- http://www.video-du-net.fr/peinture/icones-celebres-jesus-christ.php

Christ Pantocrator du XIIe siècle -- http://www.video-du-net.fr/peinture/icones-celebres-jesus-christ.php

La Cène, Philippe de Champaigne. 1652 -- http://www.lacene.fr/la-cene-philippe-de-champaigne.html

La Cène, Philippe de Champaigne. 1652 -- http://www.lacene.fr/la-cene-philippe-de-champaigne.html

L'incrédulité de Saint-Thomas par Le Caravage. 1603. -- http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fjesus.catholique.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2Fsites%2F3%2F2013%2F08%2FL-incr%2525C3%2525A9dulit%2525C3%2525A9-de-saint-Thomas-Le-Caravage.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fjesus.catholique.fr%2Fquestions%2Fjesus-a-t-il-vraiment-existe%2Flincredulite-de-saint-thomas-le-caravage&h=780&w=1077&tbnid=uxewPd64BafRNM%3A&zoom=1&docid=PoUxVXqok_jngM&ei=EtWjVJOqKIqsUdzvgMAL&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=443&page=1&start=0&ndsp=19&ved=0CCUQrQMwAQ

L'incrédulité de Saint-Thomas par Le Caravage. 1603. -- http://www.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fjesus.catholique.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2Fsites%2F3%2F2013%2F08%2FL-incr%2525C3%2525A9dulit%2525C3%2525A9-de-saint-Thomas-Le-Caravage.jpg&imgrefurl=http%3A%2F%2Fjesus.catholique.fr%2Fquestions%2Fjesus-a-t-il-vraiment-existe%2Flincredulite-de-saint-thomas-le-caravage&h=780&w=1077&tbnid=uxewPd64BafRNM%3A&zoom=1&docid=PoUxVXqok_jngM&ei=EtWjVJOqKIqsUdzvgMAL&tbm=isch&iact=rc&uact=3&dur=443&page=1&start=0&ndsp=19&ved=0CCUQrQMwAQ

Il analyse les Evangiles et écrit les non dits, les passages absents, retrace les blancs. S’il doit inventer pour combler les vides, il le dit clairement. Il nous donne ses sentiments de lecture, de compréhension.

Les Evangiles ne sont pas une retranscription véridique mais détournée de ce qu’étaient Jésus et ses Paroles. Elles sont devenues un outil politique, favorisant un antisémitisme chrétien, pour plaire aux Romains qui détenaient le pouvoir.

Jésus n’était en fait qu’un agitateur parmi d’autres. Il a dit ce que d’autres ont dit, dans des formes à peu près similaires. Mais en de nombreux points, son discours est à l’exact opposé.

Je découvrais en somme l’un des paradoxes qui tissent le christianisme et convainquent de folie la sagesse du monde, savoir qu’on a tout intérêt à dédaigner son intérêt, et pour s’aimer soi-même à se perdre de vue.

Page 34

Emmanuel Carrère transpose parfaitement l'époque pour nous y émerger, nous représenter les paysages et comprendre la, ou plutôt, les modes de pensées, et croyances. Il transpose mais avec un vocabulaire et des exemples contemporains, qui nous parlent, nous expliquent bien les circonstances des débuts du christianisme.

Ses anachronismes sont bien sûr voulus, osés et même parfois nécessaires. Il fait beaucoup de parallèles avec la Russie (notamment communiste avec Lénine ou Staline, mais aussi actuelle avec poutine), avec l’état actuel du monde (le conflit israélo-palestinien), tant écologique que religieux, au bouddhisme et au yoga (Page 471 par exemple)…

Si je me réfère à ce que je connais - mon pays, mon petit milieu socio-culturel -, il me semble beaucoup que beaucoup de gens pensent, de façon diffuse, mais insistante, que pour toutes sortes de raisons nous allons droit dans le mur. Parce que nous devenons trop nombreux pour l'espace qui nous est imparti. parce que des parties de plus en plus grandes de cet espace, à force que nous les saccagions, sont en passe de devenir inhabitables. Parce que nous avons les moyens de nous autodétruire et qu'il serait étonnant que nous ne les utilisions pas. A partir de ce constat se forment deux familles d'esprits, représentés dans notre foyer par Hélène et par moi. (...)

Pages 174-175

Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Tout au long du livre, il fait mention de Jean-Claude Romand, sur qui il a écrit L’Adversaire. Beaucoup de remarques, de retours et d’allusions, sur cette Affaire.

Je serais mal venu de me plaindre, personne ne m’y a forcé, mais je garde des années passées à écrire L’Adversaire le souvenir d’un long et lent cauchemar. J’avais honte d’être fasciné par cette histoire et par ce criminel monstrueux, Jean-Claude Romand. Avec ce recul, j’ai l’impression que ce qu’il m’effrayait tant de partager avec lui, je le partage, nous le partageons lui et moi, avec la plupart des gens ne vont heureusement pas jusqu’à mentir vingt ans et pour finir tuer toute leur famille. Même les plus assurés d’entre nous, je pense, éprouvent avec angoisse le décalage entre l’image qu’ils s’efforcent tant bien que mal de donner à autrui et celle qu’ils ont d’eux-mêmes dans l’insomnie, la dépression, quand tout vacille et qu’ils se tiennent la tête entre les mains, assis sur la cuvette des chiottes. Il y a à l’intérieur de chacun de nous une fenêtre qi donne sur l’enfer, nous faisons ce que nous pouvons pour ne pas nous en approcher, et moi j’ai de mon propre chef passé sept ans de ma vie devant cette fenêtre, médusé.

Page 431-432.

Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Il s’immerge tout entier à sa réflexion. Il signe là un travail introspectif, et courageux. Signe également du besoin de reconnaissance de l’auteur, comme il nous le dit et répète à plusieurs moments du livre.

J’ai été séduite qu’il se livre avec parfois autant de sincérité, qu’il s’y projette avec autant de force, mais également gênée qu’il se dévoile autant.

Certains passages, trop sincères, trop intimes (chapitres 27 à 29, troisième partie, pages 390 à 401) auraient, peut-être, pu rester dans l’ombre et ne pas apparaître dans le corps du livre. Mais paradoxalement ces détails, errements à première vue, sont nécessaires à l’élaboration de ce livre, à sa rédaction. Ils le servent, l’expliquent. Il ne les insère pas par voyeurisme mais bien pour étayer une thèse et pour que l’on se fonde dans l’état d’esprit de l’époque. (Exemple avec la "virginité" de Marie, proclamée comme « vérité de Foi » en 553)

Emmanuel Carrère use parfois de vocabulaire cru, voire vulgaire, à l’opposé de ce qu’on pourrait en attendre dans un livre sur la religion, la chrétienté et son image poussiéreuse et « proprette ». Mais pour autant, il n’est jamais blasphématoire.

On suit son cheminement de plume (à la page 288, nous sommes en 2012 par exemple), et l’on se représente combien un livre travaille son auteur et est travaillé. Tout le travail d’écriture, de lectures et de relectures et d’immersion dont il faut faire preuve.

On suit la progression de son roman, comme s'il l'écrivait avec nous, il nous donne des dates, ses impressions d'écrivain, ses sentiments, s'étonne de certains comportements, inexactitudes ou bizarreries des Ecrits qu'ils recoupent pour nous en offrir la synthèse.

Les chapitres sont courts et aérés, avec beaucoup de sauts de lignes et de retours en arrière pour nous remémorer les différents protagonistes.

Ce livre, d’un genre indéfinissable, roman, enquête, auto ou biographie, essai, les mêle en fait un peu tous. Bien plus qu’un travail de compilation et de retranscription sur Jésus ou les premiers temps, le christianisme et son expansion, c’est un travail sur lui-même qu’accomplit avec force Emmanuel Carrère. Sur lui-même, mais qui nous pousse à nous interroger sur nous-mêmes puis à notre propre rapport à la culture et au religieux, à notre connaissance du monde, à celui-ci, à notre passé, à ce que nous étions et serons.

Que faut-il, que doit-on croire ou ne pas croire ?

Christ Bon Pasteur. Art paléochrétien
Christ Bon Pasteur. Art paléochrétien

A la lecture des différents extraits et critiques, ce livre qui m’avait d’autant plus interpelée que je suis moi-même dans cette espèce de fausse expectative. Je ne crois pas en Dieu, c’est un fait. Pour autant, je ne me considère pas comme athée, que j’estime aussi intolérants que les croyants, mais plutôt comme étant une agnostique.

Mais peut-être aurais-je aimé y croire, ou plutôt que mes parents (ou l’un des deux) y croient pour pouvoir mieux m’en détourner. Savoir ce que je repoussais, ou plutôt savoir que je repoussais quelques chose de « concret » si tant est que la religion le soit, en tout cas elle l’est dans ses actes. Pour autant, ma mère a tout de même souhaité nous offrir, à mes sœurs et moi, une culture religieuse en nous lisant l’Ancien et le Nouveau Testaments. Une culture et non une croyance.

Je les ai plus ou moins relus durant mes études d’Histoire et surtout d’Histoire de l’Art, avec mes cours d’Art paléochrétien, donc vraiment issu ses premiers temps du christianisme où ce n’était encore qu’une secte usant de symboles pour partager, se reconnaître et transmettre. Puis avec l’Art de la Renaissance italienne, bien plus abstrait, et ses révisions permanentes des faits et du réel pour arriver à un niveau de perfection sacrée bien éloigné dune réalité concrète et tangible.

Pour exemples le changement de la date de naissance de Jésus pour coïncider avec le solstice d’hiver et établie au IVe ou VIe siècle (certes ce n’est pas la naissance qui est fêtée mais l’évènement au monde qu’elle représente mais je déplore l’arrangement), ou les changements des personnes et animaux dans l’étable pour plus de noblesse durant le Concile de Trente au XVIe siècle.

Sarcophage "à portes de villes" au Louvre  Remise de la Loi - Art paléochrétien. -- http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/sarcophage-portes-de-ville

Sarcophage "à portes de villes" au Louvre Remise de la Loi - Art paléochrétien. -- http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/sarcophage-portes-de-ville

La Nativité. Scultpure de la Nativité de Michel Anguier, Eglise Saint-Roch à Paris. (XVIIe siècle) Cet ensemble se trouvait initialement à l'Eglkse du Val-de-Grâce mais a été dépalcé en 1800 à la demande de Joséphine de Beauharnais. Il s'y trouve depuis une copie. -- http://lesegarements.wordpress.com/2008/11/04/michel-anguier-a-leglise-saint-roch-de-rome-a-paris-puis-a-rome/

La Nativité. Scultpure de la Nativité de Michel Anguier, Eglise Saint-Roch à Paris. (XVIIe siècle) Cet ensemble se trouvait initialement à l'Eglkse du Val-de-Grâce mais a été dépalcé en 1800 à la demande de Joséphine de Beauharnais. Il s'y trouve depuis une copie. -- http://lesegarements.wordpress.com/2008/11/04/michel-anguier-a-leglise-saint-roch-de-rome-a-paris-puis-a-rome/

Le Royaume. Emmanuel CARRERE.

Tous ces changements, à mon sens, desservent et dénaturent, travestissent, la réalité. Tout comme d’autres actes qui diminuent l’impact, le réel et finalement, dénigrent le christianisme. Et comment croire en un Dieu bon avec toutes les atrocités qui courent le monde ? Pourtant nos sociétés actuelles ne semblent pas moins croyantes, mais elles le sont différemment.

Il n’y a aucun écrit réalisé de la main de Jésus, tous sont faits par des tiers, plus ou moins proches de lui. Certains Evangiles, les Apocryphes, ne sont pas reconnus par l’Eglise romaine, or, il semblerait que ce soit ceux-là les plus proches de sa Parole, et que toute la société religieuse construite depuis n’est que mensonge, comme le film Stigmata (sorti en 1999) le suppose.

Cette utilisation et déformation de la Parole de Jésus s’est réalisée très tôt, et notamment avec Paul.

Il radicalise son discours au fur et à mesure des ans et s’adresse plus volontiers aux provinciaux d’Asie ou de Macédoine, pas choqués par le fait qu’un dieu se soit incarné en homme, car encore proches du paganisme.

Alors il s’est, petit à petit, mis à dire qu’en fait elle [la fin du monde], et la Résurrection aussi, et que prendre conscience de cet immense et aveuglant secret, contre le témoignage de ses sens, était signe qu’on mourrait au monde et qu’on vivait en Christ, c’est-à-dire que comme lui, Paul, on vivait vraiment.

Page 455.

La Chapelle Sainte-Croix à Corte en Corse
La Chapelle Sainte-Croix à Corte en Corse

Désappointement, déception de Paul qui s’imaginait vivre la fin du monde, il pensait sincèrement qu’il n’y aurait plus de morts, que tous renaîtraient dans le Royaume, d’où des arrangements.

Comment croire en cela ?!

Beaucoup de méfaits et d’atrocités ont été commis pour et au nom de la religion. Mais aussi beaucoup de beauté, d’œuvres d’art, de peintures, de sculptures, chansons, charité… J’aime aller dans les églises, respirer leur odeur et calme si particuliers, admirer les œuvres et l’amour qui s’en dégage.

Alors au final, qu’est-ce que croire ? Qu’est-ce que la religion ?

Le Royaume, Est-ce vraiment ce que l'Eglise nous dit?

Emmanuel Carrère ne tranche pas, et surtout pas pour nous. Il laisse la place au doute, au « je ne sais pas », ou plutôt au « je ne peux pas savoir ». C’est une formidable démonstration de respect et d’agnosticisme.

Alors ce que j’appelle être chrétien, ce qui m’a fait lui [à Jean-Claude Romand] répondre que oui, j’étais chrétien cela consiste simplement, devant le doute abyssal qui est le sien, à dire : qui sait ? Cela consiste, au sens strict, à être agnostique. A reconnaître qu’on ne savait pas, qu’on ne peut pas savoir, et parce qu’on ne peut pas savoir, parce que c’est indécidable, à ne pas écarter totalement la possibilité que Jean-Claude Romand ait dans le secret de son âme affaire à autre chose qu’au menteur qui l’habite. Cette possibilité, c’est ce qu’on appelle le Christ.

Page 434-435

Eglise de Murato en Corse.

Eglise de Murato en Corse.

8/17
8/17

Belles lectures et découvertes.

Blandine.

Livre également lu dans le cadre du Challenge « 1% Rentrée Littéraire » de Sophie.

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Nancy 01/01/2015 23:52

Quel article, Blandine, empli de respect et si bien documenté !
Je vous remercie car ce thème me touche particulièrement et je vous remercie de l'avoir abordé de cette façon. Je crois que je vais le lire et je sais à qui je vais l'offrir ...

Blandine 02/01/2015 10:47

Merci beaucoup Nancy pour vos mots!

J'espère que la lecture de ce livre vous plaira, ainsi qu'à la personne à qui vous pensez ;-)