Le premier oublié. Cyril Massarotto.

Publié le 3 Mars 2014

Le premier oublié. Cyril Massarotto.

Le Premier oublié

Cyril MASSAROTTO

XO Editions, septembre 2012.

240 Pages.

Voici ma deuxième participation au Prix Chronos de Littérature, édition 2014, dont je vous ai parlé ici.

Catégorie Lycéen et + de 20 ans.

Désigné Lauréat de sa sélection avec 62,8% des voix!

Après Une histoire à vieillir debout de Carole Prieur , j’ai choisi, sans le savoir, un autre récit à deux voix.

Ce roman nous confronte à la maladie d’Alzheimer par le biais de Madeleine et de son fils cadet, Thomas. « Le premier oublié », c’est lui ! Injuste, révoltant, incompréhensible. Lui qui était là si souvent avant la maladie et puis tous les jours ensuite, pourquoi l’oublier, lui justement ?! Il est devenu l’inconnu, l’infirmier, ou au mieux, le gentil jeune homme…

Cette maladie insidieuse et sournoise, qui inexorablement vous grignote le cerveau, vous fait faire des allers-retours entre le souvenir, la conscience et un autre état.

Plus que l’oubli des choses et des êtres, c’est le fait de ne plus savoir qui fait peur : savoir qui, savoir quoi, savoir comment, et dans une autre mesure, savoir quand.

C’est une histoire en deux temps, où l’on ne fait que comparer le passé au présent, et le présent au futur ou plutôt non-futur. Deux temps également, car si le récit suit un ordre chronologique imparable, celui-ci est bouleversé, nous faisant alterner la vision de Thomas et celle de sa mère, après, pendant, avant le Jour A. A, le jour où Madeleine a pris conscience que ses petits oublis devenaient une évidence. Jour A, mais il n’y a pas de jour B. A, comme début, Alzheimer, « Au revoir » ?

Cette maladie est d’autant plus terrible qu’elle s’accompagne d’espoirs…

Espoir qu’elle n’aille pas trop vite, que Madeleine se souvienne, ne serait-ce qu’une fois, de lui. Puis espoir coupable et honteux, espoir dévastateur et qui « bouffe », mais jamais libérateur.

Ce livre nous questionne, nous projette, nous fait peur et nous explique, aussi. Comment ne pas penser à nos proches, nos parents, nous-mêmes plus tard ? Comment serons-nous ? Qu’imposerons-nous et nous imposera-t-on ?

Le premier oublié. Cyril Massarotto.

Le texte est sans fards, à la fois simple et cruel, triste et véridique. Le début du roman, dans sa tonalité, me fait penser à celui de L’Etranger d’Albert Camus : « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. »

Il se trouve d’ailleurs que ce dernier a fortement marqué l’adolescent qu’il était. C’est en cherchant sur le net quelques éléments de sa biographie que j’ai trouvé ce détail sur le site evene.fr

Cyril Massarotto est né en 1975 et vit non loin de Perpignan où il a été instituteur puis directeur d’école maternelle.

Bien qu’il écrive des paroles de chanson depuis ses 17 ans, et qu’il signe celles de son groupe appelé Saint-Louis, il ne trouve l’inspiration pour écrire un livre qu’en 2006. Deux ans plus tard, sort son premier roman, Dieu est un pote à moi.

Il se consacre désormais entièrement à la musique et à l’écriture (à moins que ce ne soit l’inverse !) et Le premier oublié, qui ne vous laissera pas indifférent, est son cinquième roman.

Blandine. https://www.facebook.com/vivrelivreblandine

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