Sorcière, qui es-tu?

Publié le 29 Octobre 2013

Sorcière, qui es-tu?

Sorcière, sorcière, qui es-tu ?

Si le personnage de la sorcière est très récurrent dans la littérature jeunesse actuelle, il n’en est pas moins ambigu. Les clichés sont moins tranchés et les frontières entre le Bien et le Mal plus floues.

En Occident, il s’agit traditionnellement d’une femme. Les attributs de la sorcière, peu présents jusqu’au XIXe siècle, sont devenus majeurs au XXe siècle. :

  • une tenue noire et un grand chapeau.
  • elle est entourée d’animaux : chats (seuls ceux dont les yeux s’allument dans le noir), crapauds (qui consolent les sorcières lorsqu’elles sont tristes), hiboux (qui les instruisent), araignées (pour faire croire que personne n’habite dans leur maison), chauves-souris,…
  • Lorsqu’elle est heureuse, une licorne est visible dans les environs !
  • elle vole sur un balai, aime la nuit, hait les enfants (traits communs avec les ogresses), prépare des potions et se dit guérisseuse…

Mais revenons aux origines !

Le mot « sorcier » dérive du latin « diseur de sorts » ou « jeteur de sort », dans le bon ou le mauvais sens.

Les sorcières sont rares dans la Bible, mais condamnées par Moïse.

Durant l’Antiquité, bien que la sorcellerie soit réprouvée et interdite, de nombreuses références font état de pratiques courantes.

On associe volontiers le Moyen-âge aux sorcières, et particulièrement pendant la période de l’Inquisition.

C’est à partir de 1326, et de la Bulle pontificale de Jean XXII, que leur persécution commença véritablement pour s’étaler sur quatre siècles !

C’est à cette période que le stéréotype de la sorcière se développe, et notamment grâce à de nombreux ouvrages, tels le Marteau des Sorcières, rédigé par, et pour, les Inquisiteurs, paru en 1669, qui synthétise toutes les croyances que l’on a sur les sorcières. Il est d’une efficacité impitoyable.

Elle concocte des potions, utilise la pharmacopée traditionnelle, les plantes et racines.

Le mythe de la sorcière est indissociable de l’enfant. Elle est souvent sage-femme et on croit qu’elle mange les enfants ou se sert de leurs cadavres pour la préparation de poudres ou d’onguents. Elles ont la faculté de transmettre leur art de génération en génération.

Voilà pourquoi, les enfants étaient particulièrement surveillés, et questionnés.

En Russie, Pologne, République tchèque, les sorcières de nuit sont appelées « notchnitsa », et elles se glissent le soir venu dans la chambre des nourrissons pour les pincer, les mordre ou leur sucer le sang. Dès qu’un adulte apparaît, elles disparaissent instantanément.

A cette époque, les procès en sorcellerie inculpent des hommes comme des femmes.

C’est durant les XVIe et XVIIe siècles, que les vagues de persécution ont été les plus horribles et qu’elles ont, à 80%, concerné les femmes.

Le premier à les réhabiliter a été Jules Michelet, qui leur consacra un livre en 1862.

Mais il faudra attendre les mouvements féministes des années 1970 pour que leur image soit positive, avec les différentes aventures des apprenties sorcières, ou la diffusion de la série américaine, Ma sorcière bien-aimée.

Sorcière, qui es-tu?

Sorcières et Littérature jeunesse.

Le personnage de la sorcière est très ancré dans l’imaginaire collectif et les traditions populaires et donc dans les contes pour enfants. Particulièrement avec les grands fondateurs, les frères Grimm ou Perrault, qui, contrairement à ce dernier, ont tenu à transcrire fidèlement les récits populaires nationaux afin de forger une mémoire nationale.

Deux images de sorcière prédominent :
  • La méchante, avec les aspects physiques décrits plus hauts avec en plus un grand nez crochu, une ou plusieurs verrues, une mauvaise vue, une voix horrible… Elle est cruelle et bête, tout comme ses animaux de compagnie. (Sacrées sorcières de Roald Dahl).

Elles vivent dans un lieu isolé (souvent au fin fond de la forêt) et délabré. Elles veulent emporter quelqu’un (généralement un enfant), mais leurs pouvoirs sont somme toute limités, et elles ne sont plus dangereuses une fois démasquées (La sorcière du placard aux balais, Pierre Gripari)

Elles vivent quasiment comme des êtres humains lambda (ce sont quand même des sorcières) mais leurs désirs ne sont pas si horribles. Pour autant, leurs désirs peuvent être les mêmes que ceux des sorcières mauvaises : devenir jeune et belle (La sorcière de la rue Mouffetard de Pierre Gripari (méchante) et celle de Ah ! les bonnes soupes de Claude Boujon (gentille)).

Elles utilisent toutes des grimoires, formules, marmites et potions, contre les autres ou pour elles-mêmes.

Sorcière, qui es-tu?
  • Il est intéressant de s’intéresser aux autres cultures, et de voir comment est imagée et imaginée la sorcière dans les pays proches, ou plus lointains…

Baba Yaga en Russie, méchante et ogresse, ou la Befana, en Italie, qui est tout à la fois l’équivalent de Saint-Nicolas (Père Noël) et du Père Fouettard.

  • Et il y a les femmes dont les pratiques se rapprochent de celles des sorcières, mais dont le mot n’est jamais employé à leur encontre, telle la belle-mère de Blanche-Neige.
  • Ou, celles dont on ne fait qu’une rencontre au détour d’une page ou deux, le temps de s’en moquer par exemple : La princesse Grenouille de Mario Ramos ou Dormir, moi ? Jamais ! de Vincent Bourgeau.

Comme pour les détournements de contes, dont les sorcières ne sont pas exemptes, il est important que les enfants connaissent l’histoire ou les histoires originelles et de leur pays, pour pouvoir appréhender et comprendre les différences textuelles et culturelles. Et s’il y a lieu, le trait d’humour !

Les histoires originales contiennent quasi toutes une morale (que Perrault aimait à rappeler à chaque fin) et que l’humour peut occulter pour moquer le méchant personnage.

Les sorcières, en raison de leur lien avec la et les morts, sont un personnage récurrent d’Halloween !

Belles découvertes et lectures !

Blandine.

Sorcière, qui es-tu?

Retrouvez sur cette page dédiée les différents albums, romans, livres ou autres chroniqués sur le blog sur le très vaste thème des sorcières, Halloween, mort...

Rédigé par Blandine

Publié dans #Sorcières, #Halloween

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Hilde 19/09/2015 17:58

J'aime bien les histoires de sorcières. Ton billet est très intéressant.
Pour ma part, je garde un souvenir ému de "La sorcière de la rue Mouffetard" qui voulait manger la petite Nadia avec de la sauce tomate. Je me souviens aussi de "La sorcière du placard au balai", un autre Conte de la rue Brocca qui a marqué mon enfance.
Depuis, j'en ai vu passer des sorcières: des gentilles, des méchantes, avec ou sans verrue! ;)
J'ai même essayé de les réunir sur mon blog mais à l'approche d'Halloween, tous les moyens sont bons pour en découvrir de nouvelles!

Blandine 19/09/2015 21:48

Merci beaucoup Hilde :-)
Oui, les histoires de sorcières fascinent, questionnent et sont représentatives!
Oh! La sorcière de la rue Mouffetard: un régal, tout comme celle du placard aux balais! Cela me rappelle de très bons souvenirs de lectures!
Je viens de faire un article synthèse de mes lectures sur le blog et vais rajouter son lien à cet article ;-)

Nathalie 18/09/2015 12:42

Moi, j'aime bien les sorcières ! Elles connaissent plein de trucs, discutent avec les animaux, savent quelle plante utiliser pour telle ou telle potion... Trop fortes les sorcières ! Et puis j'aime bien leur chapeau (j'en ai même un !!)

Blandine 19/09/2015 21:46

Pourquoi est-ce que cela ne m'étonne pas?! ;-)
Et moi aussi, j'aime bien les sorcières!